Malgré la consternation des personnes exilées et les contestations des associations, le gouvernement a décidé de suspendre ce mécanisme pour les bénéficiaires du droit d’asile, une première en Europe.
Dans son appartement trop grand et trop cher pour lui, à quoi bon garder les lits des enfants ? Aimen Kanaan s’est résolu à les revendre. Il avait meublé un deux-pièces à Vienne en prévision de l’arrivée de sa femme et de ses jumeaux de 9 ans, qu’il n’a pas vus depuis quatre ans. Mais ce Syrien de 37 ans, serveur et homme de ménage en Autriche, n’a plus le droit au regroupement familial.
Car le pays, gouverné depuis le mois de mars par une coalition des conservateurs avec les sociaux-démocrates et les libéraux, est aujourd’hui le premier d’Europe à suspendre cette procédure pour les réfugiés. Concrètement, les bénéficiaires du droit d’asile peuvent continuer à déposer leurs dossiers pour demander à être réunis avec leurs conjoints et leurs enfants mineurs mais l’administration autrichienne n’est plus tenue de traiter ces demandes, pour six mois dans un premier temps. Des exceptions sont prévues, en particulier pour les enfants seuls qui demandent à faire venir leurs parents.
Ce tour de vis a été rendu possible et surtout légal par l’adoption d’un amendement à la loi sur l’asile voté en avril. Celui-ci prévoit que le gouvernement puisse, par ordonnance, constater une «mise en danger du maintien de l’ordre public et de la protection de la sécurité intérieure», qui déclenche l’arrêt des procédures. Le conseil des ministres a franchi cette étape ce mercredi 25 juin. […] La suite sur le site de Libération.


