A Vienne, un «club» citoyen tient l’espionnage russe à l’œil

Armé de drones, de téléobjectifs et utilisant des sources en libre accès sur Internet, un collectif autrichien enquête depuis le début de la guerre en Ukraine sur une station d’espionnage satellite russe, qu’ils pensent être la plus importante en Europe.

Ces très grosses antennes ne servent sans doute pas à capter la télé par satellite… CC 3.0 « Nomen Nescio »

Quatre hommes sur une terrasse enneigée, les yeux rivés sur un ensemble de bâtiments, beiges et angulaires, qui émerge au-dessus du 22e arrondissement de Vienne, quelques pâtés de maisons plus loin. Avec un téléobjectif, ils prennent des photos de la forêt d’antennes plantée sur le plus haut des immeubles : 22 en tout dont certaines paraboles qui doivent faire 4 mètres d’envergure. Le bâtiment en question appartient à la représentation permanente de la Russie auprès des Nations unies. Les quatre observateurs sont membres du collectif d’enquêteurs citoyens Nomen Nescio Club, qui s’est donné pour mission depuis l’automne 2022 de faire la lumière sur ces installations techniques ayant pris leurs quartiers sur les toits de la ville. Et de lancer l’alerte sur les activités d’espionnage russe au cœur de l’Europe.

Parfois surnommée «Russencity» – la «City»des Russes –, cette représentation permanente est, officiellement, un lieu de travail et de résidence, l’équivalent d’une ambassade auprès des organisations internationales. Officieusement, ces 37 000 m² abritent également «un centre névralgique stratégique important pour des activités d’espionnage à l’encontre de l’Autriche et d’autres pays européens», estiment les services de renseignement autrichiens. Ici, des agents secrets sous couverture légale font tourner une station d’écoute satellite, radar et radio («Sigint», disent les professionnels). D’où les grosses antennes. […]

La suite sur le site de Libération (pour ceux et celles qui n’ont pas d’abonnement, j’ai la possibilité d’offrir l’article, contactez-moi).

Als Hobby: Spione ausspionieren

Ein Club kundschaftet Satellitenabhörstationen in Österreich aus

Antennen auf dem Dach der russischen Vertretung bei der UNO in Wien © CC 3.0 Nomen Nescio

In Wien wird er geläufig « Russencity » genannt. Am Gebäudekomplex der russischen Vertretung bei der UNO im 22. Gemeindebezirk fällt vor allem eines ins Auge: der Wald von Antennen auf dem Dach, von denen einige mehrere Meter hoch sind. Es gilt als gesichert, dass diese Botschaft als inoffizielle Satellitenabhörstation fungiert.
Ganz im Sinne einer zivilen Nachrichtendienstarbeit (citizen intelligence) hat sich eine diskrete Gruppe von Bürgern formiert, die in ihrer Freizeit diese Antennen aus sicherer Entfernung auskundschaften. Sie sind mit Funkdetektoren, Teleobjektiven und Drohnen bewaffnet, setzen auf Schwarmintelligenz und nennen sich « Nomen Nescio Club ». 2014 hat der dazu beigetragen, US-amerikanische Überwachungstationen aufzudecken. Seit Beginn des Ukrainekriegs interessiert sich der Club für russische Aktivitäten.
Wie man Weltpolitik auf den Dächern Wiens verfolgen, Geheimes aufdecken und dabei großen Spaß haben kann: Ein Moment mit dem Nomen Nescio Club und den anonymen Menschen, deren Hobby es ist, Spione auszuspionieren.

Hier geht es zu meiner Sendung.

Guerre hybride, dissidents russes, extrême droite: derrière le procès d’Egisto Ott, la fin de Vienne «nid d’espions» ?

Le procès d’un ex-agent des services secrets autrichiens, qui aurait trahi au profit de Moscou, débute ce jeudi 22 janvier dans la capitale. L’occasion de mieux saisir les contours d’une opération supposée de grande ampleur dans un pays de l’Union européenne.

Photo: Egisto Ott et son avocat arrivent au premier jour du procès.

Des policiers qui font irruption chez des agents secrets et qui saisissent sans ménagement dossiers et disques durs dans leurs bureaux. C’est ainsi que tout a commencé : une descente de police à Vienne, au siège du BVT, l’agence qui abrite à l’époque le renseignement intérieur national. Un choc. Ce 28 février 2018, les Autrichiens se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond chez leurs espions. Mais quoi exactement ?

Huit ans plus tard, beaucoup de pièces du puzzle ont été rendues publiques au fil d’enquêtes parlementaires, de révélations de presse et de plusieurs procès en Autriche et au Royaume-Uni. L’image d’ensemble est inquiétante pour la pacifique république alpine, qui découvre qu’elle a vraisemblablement été prise pour cible dans la guerre hybride menée en Europe par la Russie de Vladimir Poutine. Malgré sa neutralité.

Ce jeudi 22 janvier débute au tribunal correctionnel régional de Vienne le procès très attendu d’un des acteurs de cette«affaire BVT». Sur le banc des prévenus, l’agent le moins secret d’Autriche : Egisto Ott. Il y a huit ans, son témoignage dénonçant des malversations au sein de son agence est l’un de ceux qui ont servi à justifier le mandat de perquisition sur place mais ce témoignage est aujourd’hui mis en question.

Dans le dossier actuel, cet ancien inspecteur en chef du BVT est surtout accusé d’avoir, entre 2015 et 2020, fait fuiter des renseignements sur des dissidents russes mais aussi, en 2022, d’avoir détourné les téléphones de membres du cabinet du ministre de l’Intérieur, avec l’aide d’un coprévenu ex-informaticien au BVT. Renseignements et téléphones portables auraient par la suite atterri en Russie. Fait très rare en Autriche, Ott est accusé d’espionnage. Il encourt six mois à cinq ans de prison. Les audiences doivent se poursuivre au moins jusqu’à début mars.

Présumé innocent – tout comme son coprévenu –, le pugnace sexagénaire à l’irréductible coupe en brosse se dit victime d’intrigues politiciennes et promet de profiter du procès pour «révéler pas mal de crapuleries» dont il aurait eu connaissance au sein des services de renseignement. […] La suite sur le site de Libération.

Suspension du regroupement familial en Autriche : le chagrin et l’écœurement des réfugiés

Malgré la consternation des personnes exilées et les contestations des associations, le gouvernement a décidé de suspendre ce mécanisme pour les bénéficiaires du droit d’asile, une première en Europe.

Dans son appartement trop grand et trop cher pour lui, à quoi bon garder les lits des enfants ? Aimen Kanaan s’est résolu à les revendre. Il avait meublé un deux-pièces à Vienne en prévision de l’arrivée de sa femme et de ses jumeaux de 9 ans, qu’il n’a pas vus depuis quatre ans. Mais ce Syrien de 37 ans, serveur et homme de ménage en Autriche, n’a plus le droit au regroupement familial.

Car le pays, gouverné depuis le mois de mars par une coalition des conservateurs avec les sociaux-démocrates et les libéraux, est aujourd’hui le premier d’Europe à suspendre cette procédure pour les réfugiés. Concrètement, les bénéficiaires du droit d’asile peuvent continuer à déposer leurs dossiers pour demander à être réunis avec leurs conjoints et leurs enfants mineurs mais l’administration autrichienne n’est plus tenue de traiter ces demandes, pour six mois dans un premier temps. Des exceptions sont prévues, en particulier pour les enfants seuls qui demandent à faire venir leurs parents.

Ce tour de vis a été rendu possible et surtout légal par l’adoption d’un amendement à la loi sur l’asile voté en avril. Celui-ci prévoit que le gouvernement puisse, par ordonnance, constater une «mise en danger du maintien de l’ordre public et de la protection de la sécurité intérieure», qui déclenche l’arrêt des procédures. Le conseil des ministres a franchi cette étape ce mercredi 25 juin. […] La suite sur le site de Libération.

En Autriche, le soutien absolu à Israël remis en question

C’est mi-mai, au concours eurovision de la chanson, que le débat a pris de l’ampleur… Alors qu’il venait d’emporter la victoire, le jeune chanteur JJ plaidait pour l’exclusion d’Israël du concours, comme la Russie après qu’elle a attaqué l’Ukraine. Un scandale en Autriche ! Ce pays compte en effet parmi les plus fervents soutiens d’Israël en Europe. Mais cette position commence à être difficile à tenir… J’ai dit quelques mots sur la question dans Accents d’Europe sur RFI lundi dernier (à partir de 11’35, après le reportage à Prague).