A Leobersdorf, le site d’un lieu marqué par les horreurs de la Shoah va accueillir un parc d’activité commercial, malgré les protestations d’associations locales.

Les pelleteuses ont commencé leur travail il y a bientôt un an mais les responsables du projet restent prudemment silencieux. A une trentaine de kilomètres au sud de Vienne, une vaste zone d’activité commerciale s’apprête à voir le jour, bâtie sur un terrain où était installé un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. La presse locale a d’abord révélé qu’un grand entrepôt frigorifique ouvrirait ses portes à cet endroit, situé en périphérie de la petite ville de Leobersdorf. Puis fin juin, les journaux viennois Falter et Wiener Zeitung ont relancé la polémique en dévoilant qu’un Lidl ferait aussi partie de l’ensemble sur le site du camp d’Hirtenberg, qui fut le deuxième plus grand camp pour femmes en Autriche.
La chaîne allemande de supermarchés, qui appartient au groupe Schwarz, a confirmé à Libération son intention d’ouvrir un magasin dans le nouveau parc d’activité, tout en précisant que celui-ci ne se trouvera pas à l’endroit précis où était construit le camp nazi mais «sur une parcelle avoisinante». L’enseigne affirme aussi qu’elle ne veut pas qu’on oublie les «crimes commis ici» et le propriétaire du terrain, un promoteur immobilier, parle de mettre en place un «chemin mémoriel» à la lisière de son terrain.
«Logique du profit»
Celui-ci s’étend sur huit hectares et le propriétaire souligne que seuls 10 % de cette surface étaient occupés par le camp de concentration à proprement parler, se gardant bien de préciser qu’une grande partie des lieux accueillait d’autres structures dirigées par les nazis, à savoir un camp de travail forcé et un camp de prisonniers de guerre français. […] La suite sur le site de Libération ou sur demande (en tant qu’abonnée, je peux offrir 10 articles par mois).
