La double nationalité est interdite en Autriche… sauf pour certaines victimes du Brexit

Confrontée à la possibilité d’un Brexit sans accord, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a évoqué la possibilité que les Autrichiens et Autrichiennes résidant au Royaume-Uni aient le droit de demander la nationalité britannique sans perdre l’autrichienne. Ce serait une exception. Aucune n’est cependant prévue pour les citoyens turcs, dont une trentaine s’est vue destituée de leurs passeports autrichiens ces derniers mois. Le point sur la politique, un peu spécifique, des doubles nationalités en Autriche, c’était vendredi dans « Accents d’Europe » sur RFI (5’20) : www.rfi.fr/emission/20190111

Mais pourquoi les loyers à Vienne sont-ils (comparativement) si bas ?

Gottfried Pacik
Gottfried P. devant une des tours d’Alterlaa, un grand ensemble (avec piscine sur le toit !) emblématique de Vienne.

Cela tient à l’histoire de la ville, que le rideau de fer avait reléguée aux confins de l’Europe de l’Ouest, mais surtout à une politique de logement sociaux assez particulière, initiée il y a presque un siècle. Ce n’est donc pas de la magie ! Dans mon reportage, quelques habitants vous disent leurs loyers de rêve et vous apprendrez ce que dit une géographe sur la question. C’est dans Accents d’Europe sur RFI, dans l’émission diffusée hier et que vous pouvez encore écouter ici : rfi.fr/emission/20190102

« Il est vrai qu’on a davantage parlé dernièrement de la coalition conservateurs/populistes au pouvoir dans le pays, mais il faut savoir que Vienne brille pour bien autre chose : pour la faiblesse de ses loyers. En moyenne dix euros le mètre carré, contre 26 à Paris. Et ce, grâce à l’intervention des pouvoirs publics. Reportage sur place de Céline Béal. »

Ma rencontre avec un homme du Néolithique

Une reconstitution d'Ötzi. © South Tyrol Museum of Archaeology/foto-dpi.com
Une reconstitution d’Ötzi. © South Tyrol Museum of Archaeology/foto-dpi.com

Suite et fin de mes reportages au Tyrol du Sud, région germanophone au Nord de l’Italie. Très ludique, je finis sur la fascination qu’inspire Ötzi, homme du Néolithique retrouvé dans un glacier, et dont j’ai vu la momie.

« Un homme mort il y a 5 300 ans, presque parfaitement conservé depuis le Néolithique. Cet hibernatus a été retrouvé en 1991 dans les Alpes du Haut-Adige, au nord de l’Italie. Ötzi, comme on l’appelle, est désormais exposé au petit musée archéologique du Tyrol du Sud. Et il déplace les foules. Cinq millions de visiteurs, dont notre correspondante Céline Béal. » Le reportage, diffusé hier par l’émission « Accents d’Europe », est à écouter sur le site de RFI : www.rfi.fr/emission/20190101

Avec Sissi au château : le marketing du conte de fée à Merano

D’autres nouvelles de mon voyage au Tyrol du Sud !

Celine et SissiEn Autriche, 120 ans après sa mort, la figure de l’impératrice Elisabeth est toujours omniprésente. Symbole de la grandeur passée de l’empire austro-hongrois, sa beauté et son destin tragique l’ont fait entrer dans la légende, ainsi qu’une trilogie de films, dans les années 50, avec l’actrice Romy Schneider. Et la fascination dépasse les frontières. Au Nord de l’Italie, dans une région qui appartenait autrefois à l’empire des Habsbourg autrichiens, la petite ville thermale de Merano a fondé sa célébrité sur l’impératrice, qui aimait venir s’y reposer. Je m’y suis rendue et j’ai rencontré Sissi… en personne, ou presque.

Mon reportage a été diffusé hier par Accents d’Europe sur RFI et il est à ré-écouter, en cliquant sur la flèche en haut à droite de l’image, ici : www.rfi.fr/emission/20181123

 

Au Tyrol du Sud, des Autrichiens ou des Italiens ?

À la fin de la Première guerre mondiale, l’empire austro-hongrois s’effondre. Les revendications d’indépendances des Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes… sont reconnues en 1919, dans le traité de Saint-Germain. En revanche, le Haut Adige – ou Tyrol du Sud en Allemand –, passe à l’Italie, sans que l’on demande leur avis aux habitants, pourtant Autrichiens depuis plus de cinq siècles. 100 ans plus tard, c’est toujours une enclave germanophone en Italie. Mais, après des décennies de mal-être, parfois violent, de la minorité autrichienne, les conflits de nationalités se sont aujourd’hui effacés et la région est prospère. Mais Vienne, où la droite dirige avec l’extrême droite depuis décembre, veut maintenant y proposer des passeports autrichiens… Une initiative qui irrite Rome, où l’extrême droite participe aussi au pouvoir et où les responsables accusent Vienne de « revanchisme ». Et sur place, au Tyrol du Sud, que dit-on aujourd’hui de cette question de nationalité ? Mon reportage a été diffusé hier dans Accents d’Europe, dans une émission consacrée au centenaire de l’Armistice de 1918, avec l’historien Serge Berstein : www.rfi.fr/emission/20181112 (à partir de 5:30).

En Autriche, la journée de travail de 12 heures passe mal

Des centaines de syndicalistes se sont mobilisés ce vendredi, pour fustiger la nouvelle durée maximale du travail et le gouvernement, qui met en cause le consensus social.

Métallos, techniciens, femmes de ménage… pendant douze heures, des centaines de syndicalistes de la centrale ÖGB ont crié leur mécontentement au pied du siège de la Fédération de l’industrie autrichienne, ce vendredi à Vienne. Venus de nombreux secteurs de l’économie autrichienne, ils se sont succédé au micro et aux sifflets pour se manifester au moment où les négociations salariales paritaires, branche par branche, viennent de commencer dans le pays.

Et cette scène est inhabituelle. En Autriche, employeurs et délégués du personnel se rencontrent habituellement plutôt autour d’une table. «Normalement, nous ne descendons pas tout de suite dans la rue», explique Evelyn Regner, eurodéputée social-démocrate et syndicaliste de longue date, «mais ce que le gouvernement fait actuellement, c’est une claque dans la figure. Ils détruisent le système autrichien du partenariat social».

La colère est palpable dans le pays. Depuis septembre, les patrons autrichiens peuvent demander à leur personnel de travailler jusqu’à 12 heures par jour, et 60 heures par semaine – contre 10 et 50 auparavant. Cet allongement de la durée maximale du travail résulte d’une loi de flexibilisation, avec laquelle le gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite du FPÖ depuis décembre, entend permettre aux entreprises de réagir plus rapidement en cas de besoin de main-d’œuvre. Problème : en juin, le gouvernement l’a décidée sans négociation préalable avec les représentants des travailleurs.

Volontariat et semonce

Pour que le texte soit équilibré, la notion de «volontariat» a tout de même été ajoutée à la dernière minute, à l’initiative des ministres du FPÖ. Les salariés peuvent donc théoriquement refuser la onzième ou la douzième heure supplémentaire. Mais des experts comme Franz Marhold, avocat, directeur de département à l’Université d’économie viennoise et habitué des négociations salariales côté patronal, ont pointé qu’«en droit du travail, le volontariat total n’existe pas».

Pourtant, le gouvernement a maintenu que les employés trouveraient, eux aussi, leur compte dans la nouvelle flexibilité puisque, par exemple, les heures supplémentaires pourraient être rattrapées en bloc. Cet argument n’a pas pris : le 30 juin, 80 000 personnes défilaient dans les rues de Vienne. La plus grande manifestation en dix mois de coalition droite-extrême droite. La mobilisation, bien plus importante que celle des défenseurs des réfugiés ou des droits de l’homme, a été vue comme un coup de semonce contre les dirigeants.

En cette rentrée, les syndicats ont repris leurs actions, mais la cote de popularité du chancelier Sebastian Kurz ne semble pas en souffrir. En revanche, la contestation sociale qui dure pourrait s’avérer problématique pour le parti du vice-chancelier, Heinz-Christian Strache. «En raison de leur catégorie socio-économique, les électeurs du FPÖ seront davantage concernés par la réforme que ceux des conservateurs», analyse Peter Filzmaier, politologue à l’université de Krems. Cela pourrait devenir un problème pour une formation dont le chef se vantait encore, le 1er mai, d’être à la tête du «nouveau parti des travailleurs». […]

Lire la suite sur le site de Libération : www.liberation.fr/planete/2018/10/12/

Les idées d’extrême droite continuent de percer dans le gouvernement

Protection des frontières et coopération avec les pays africains : en marge du sommet européen de Salzbourg mercredi soir (19.09), l’hôte des Vingt-Huit, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, se vantait devant la presse d’avoir imposé en Europe ses positions en matière de migration. Des positions «qui étaient encore perçues comme de droite radicale il y a trois ans». Depuis décembre, le jeune chancelier conservateur gouverne la coalition avec le FPÖ et, dans bien des domaines, il a bel et bien laissé ce parti d’extrême droite fondé par des ex-nazis imprimer sa marque à l’Autriche. Petit passage en revue des mesures les plus emblématiques pour Libération, la semaine dernière : www.liberation.fr/planete/2018/09/20/autriche-les-idees-d-extreme-droite-continuent-de-percer-dans-le-gouvernement_1680081