La culture et les arts vivants sont-ils des biens essentiels ?

À Vienne, la curatrice Christine Bruckbauer met à profit la vitrine de la salle d’exposition Philomena + pour continuer d’exposer.

L’Autriche est complètement reconfinée depuis une semaine. Les musées, salles de concerts et théâtres font partie des lieux qui ne sont pas jugés indispensables et sont donc fermés.
Tout au long de cette période de pandémie, ce qui était interdit ou autorisé, pour qui et quand, a changé constamment, mais le monde de la culture a été l’un des plus touchés par les interdictions. Depuis quelques semaines, les directeurs d’établissements et organisateurs d’événements culturels font entendre leur grogne et le pianiste et organisateur de festival Florian Krumpöck prépare maintenant une plainte auprès de la Cour constitutionnelle. Pour lui et de nombreux collègues, les citoyens ont besoin des arts vivants, même en temps de pandémie – et même, surtout en temps de pandémie… Mon reportage sur la question a été diffusé aujourd’hui par Accents d’Europe sur RFI et vous pouvez le télécharger ou l’écouter ici : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20201123-les-arts-vivants-sont-ils-un-bien-essentiel

Attentat de Vienne : de multiples ratés dans le suivi du terroriste

Le ministre de l’Intérieur autrichien a reconnu «un problème de communication entre les services». Agence de renseignement, ministère de la Justice, dirigeants successifs… chacun se renvoie la balle.

Les autorités autrichiennes auraient-elles pu empêcher l’attentat de Vienne ? Après chaque attaque terroriste, la question se pose inévitablement. Elle est particulièrement aiguë en Autriche. Quatre jours après la fusillade qui a fait cinq morts – dont son auteur – et une vingtaine de blessés, parmi lesquels sept sont dans un état grave, le pays se demande si son service de renseignement et son système judiciaire ont dysfonctionné ou non, et s’ils sont aptes à assurer sa sécurité.

L’enquête sur le tireur et d’éventuels complices suit son cours, notamment en Suisse, où deux hommes ont été arrêtés. Mais médias et opposition politique pointent déjà du doigt de grosses lacunes dans le travail des autorités en amont du passage à l’acte du terroriste. Elles auraient permis à Fejzulai Kujtim, jeune Viennois de 20 ans, pourtant déjà condamné en 2019 à vingt-deux mois de prison pour avoir tenté de rejoindre l’Etat islamique en Syrie, de préparer un attentat et de s’armer, au nez et à la barbe des services de renseignements et de ses agents de probation.

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Le modèle autrichien des restitutions d’œuvres d’art

© KHM-Museumsverband

L’Autriche fait figure de modèle en matière de restitution des œuvres d’art spoliées par les nazis, mais elle doit aujourd’hui répondre aux demandes de pays comme le Mexique. Ce dernier vient de demander la restitution d’une coiffe aztèque qui se trouve au Weltmuseum de Vienne.

J’en parlais hier avec Frédérique Lebel dans Accents d’Europe sur RFI, dans une émission consacrée à ce sujet des restitutions d’œuvres datant de l’époque coloniale (5’45) : rfi.fr/fr/podcasts/20201028-restitution-oeuvres-d-art-afrique-premi%C3%A8re-ligne

La « bourgeoisie âpre » (rohe Bürgerlichkeit)

Pour Libération en ce dimanche de vote.

Alors que le parti conservateur ÖVP pourrait atteindre 20% aux élections municipales et régionales ce week-end, le sociologue allemand Wilhelm Heitmeyer explicite un terme de son invention, «rohe Bürgerlichkeit» : «âpreté bourgeoise» ou «bourgeoisie brutale». Un terme qu’il utilise pour qualifier la radicalisation d’une certaine droite.

En Autriche, la droite traditionnelle, le parti chrétien-démocrate ÖVP, pourrait doubler son score de 2015 lors des élections municipales et régionales ce dimanche à Vienne – de 9 à 20 %. Certains commentateurs expliquent le succès du candidat Gernot Blümel, qui est aussi ministre des Finances en Autriche, par son style «bourgeois âpre», un style déjà adopté depuis 2015 par le jeune chancelier du pays et camarade de longue date de Blümel, Sebastian Kurz. L’«âpreté bourgeoise» ou «bourgeoisie brutale» (rohe Bürgerlichkeit en allemand) est un concept du sociologue allemand Wilhelm Heitmeyer, réputé pour ses travaux sur la violence, l’extrême droite et les phénomènes de désintégration sociale.

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Les « classes d’allemand » sont-elles un bon moteur pour l’intégration ?

Les « classes d’allemand » sont-elles un bon moteur pour l’intégration des enfants issus de l’immigration ?

Les habitants de Vienne éliront, ce dimanche, leur maire et président de région. Avec un cinquième de la population qui vit dans la capitale autrichienne, ce scrutin est particulièrement suivi. L’un des enjeux : l’intégration des immigrés, car en Autriche, près d’un quart de la population est née à l’étranger ou a des origines étrangères – c’est l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne – dans la capitale, il atteint 45%.
Pour les écoles, c’est un véritable défi. Comment intégrer de jeunes élèves qui ne parlent pas toujours la langue du pays, l’allemand ? Le sujet fait débat… donc je me suis penchée sur la question et vous pouvez écouter le résultat dans l’Accents d’Europe d’aujourd’hui, sur le site de RFI (à partir de 11’50) : rfi.fr/fr/podcasts/20201009-allongement-acc%C3%A8s-ivg-france-en-retard-rapport-europe