Des mamies et des jeunes contre l’extrême droite

Omas gegen rechts
Des « Omas gegen rechts », les mamies contre l’extrême droite avec leurs bonnets roses, sur la place des Héros, à Vienne

Depuis deux mois, une coalition de la droite et de l’extrême droite gouverne l’Autriche. Il y a 18 ans, une première association droite/FPÖ avait provoqué des vagues de protestation massives. Aujourd’hui, les mouvements de contestation n’ameutent plus les foules. Pourtant, il existe encore des résistants à Vienne, comme ces mamies aux bonnets roses et des jeunes chanteurs engagés – deux générations liées par le même souci de responsabilité morale : www.rfi.fr/emission/20180219-autriche-extreme-droite-italie-attaque-raciste-trafic-enfants-haggarty-yezidis

Un lien vers la chanson « Was? » du groupe Wende Punkt, arrivé en quatrième place lors du « Concours de la chanson protestataire » au théâtre Rabenhof : www.wendepunktpunkt.at/wp/videos

Gustav Klimt, peintre de l’âge d’or et des dorures

Mardi, cela faisait 100 ans jour pour jour que Gustav Klimt mourait. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui consacrer un petit papier.

Le sujet est à écouter sur la page d' »Accents d’Europe », en fin d’émission (vers 16’55) : www.rfi.fr/emission/20180206-europe-lobbying-chinois-norvege-automobile-electrique-brexit-irlande-hongrie

En bonus, cette image du Thésée, nu et musclé, qui terrasse le Minotaure de la tradition artistique, dans sa version non censurée.

Klimt thesee
Détail de l’affiche de la première exposition de la Sécession, version non censurée, 1898

En Autriche, un nouveau chancelier tiraillé entre l’Est et l’Ouest

Sebastian Kurz reçoit ce mardi son homologue hongrois, le controversé Viktor Orbán. Une visite qui n’a rien d’anodin pour ce conservateur qui a construit son aura politique sur des positions anti-réfugiés et dont le pays prendra cet été la tête du Conseil de l’Union européenne.

Il s’agit d’une simple réunion de travail, non d’une réception officielle – la distinction est symbolique. Reste que le chancelier conservateur Sebastian Kurz reçoit Viktor Orbán à Vienne ce mardi. Selon les médias locaux, le dirigeant hongrois et porte-parole du groupe de Visegrád – cette alliance informelle qui comprend aussi la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie – veut s’assurer de la bienveillance de son nouvel homologue autrichien, en amont du Conseil européen du 23 février. Il rencontrera aussi le vice-chancelier et chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, qui se pique parfois de prendre l’artisan magyar de la «démocratie illibérale» en exemple.

Cette visite de voisinage, effectuée alors que le nouveau gouvernement autrichien est à peine installé, n’est pas anodine. Sebastian Kurz est connu pour son soutien à la Hongrie en matière de politique migratoire, rejetant lui aussi les quotas de réfugiés en Europe et réclamant la fermeture des frontières extérieures de l’Union. «Kurz a été élu sur ses promesses en matière d’immigration et d’asile. Sur ces thèmes, la Hongrie est un partenaire important, qu’il lui faut rencontrer», explique le politologue salzbourgeois Eric Miklin.

Offensive de charme

«Kurz se garde néanmoins d’accueillir Orbán en grande pompe, pour ne pas froisser en Europe de l’Ouest», note le spécialiste. Il est probablement un peu tôt pour l’Autrichien, qui a fait entrer l’extrême droite dans son gouvernement, pour s’afficher avec le représentant de Visegrád, où l’Etat de droit n’a pas le vent en poupe. Au contraire, le chancelier a commencé son mandat par une offensive de charme, bien mise en scène pour les médias. A Bruxelles, à Paris puis à Berlin, il a expliqué que son pays reste «pro-européen», sans élaborer plus concrètement.

Le gouvernement Kurz joue-t-il double jeu ? Pendant la campagne législative, Heinz-Christian Strache s’était prononcé pour que l’Autriche devienne le cinquième membre du groupe de Visegrád. Entré au gouvernement, il a pu nommer la ministre des Affaires étrangères, Karin Kneissl, qui, pour son premier déplacement officiel, a préféré la Slovaquie à la neutre Suisse, comme c’était la coutume. […]

La suite sur le site de Libération : www.liberation.fr/planete/2018/01/30/en-autriche-un-nouveau-chancelier-tiraille-entre-l-est-et-l-ouest_1626194

Viennese coffee and cigarettes

L’Autriche renonce à interdire la cigarette dans les bars et restaurants. C’était un grand cheval de bataille du FPÖ pendant les pourparlers de coalition avec les conservateurs de Sebastian Kurz… Mais pourquoi ? La question de la liberté de fumer (ou celle de respirer un air sain) fait en tout cas beaucoup parler dans les cafés viennois – le sondeur Wolfgang Bachman parle même d’une « religion de substitution » pour décrire la ferveur qui s’empare de certains quand il s’agit de la réglementation du tabagisme dans l’espace public… Mon reportage d’avant-hier pour « La semaine de l’Europe » de la RTBF est à écouter ici (à partir de 50’50): www.rtbf.be/auvio/detail_la-semaine-de-l-europe?id=2300901

Mauvaise nouvelle pour les étudiants autrichiens qui travaillent

Hannah Lutz devant l'Université de Vienne
La représentante des étudiants Hannah Lutz, devant l’Université de Vienne

Les étudiants qui travaillent à côté de leur formation sont très nombreux en Autriche. Ils sont actuellement dispensés de frais d’inscription à la faculté, mais cette exception est actuellement remise en cause. Changement bienvenu pour l’enseignement supérieur ou injustice ? C’est en tout cas un enjeu politique.

Mon reportage avec des représentants étudiants qui se préparent aux barricades et le directeur général à l’enseignement supérieur qui veut faire changer les mœurs estudiantines, c’est ici, dans « Accents d’Europe » (à partir de 4’45) : www.rfi.fr/emission/20180111

 

Autriche : tremplin gouvernemental pour l’extrême droite

Mon article de samedi.

Le FPÖ a obtenu six des treize ministères dans le gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, qui prêtera serment lundi. Un boulevard pour se poser en parti patriote et social.

Le parti d’extrême droite FPÖ a les cartes en main pour jouer un rôle majeur au sein du prochain gouvernement autrichien, même s’il n’est que le «partenaire junior» de la coalition scellée ce week-end, sans surprise, par le conservateur autrichien Sebastian Kurz. A 31 ans, celui-ci doit devenir lundi le plus jeune chef de gouvernement en Europe.

Sur treize ministères, le FPÖ en a obtenu six. Le nouveau vice-chancelier, Heinz-Christian Strache, peut s’estimer heureux, selon le politologue viennois Laurenz Ennser-Jedenastik : «Avec la Défense et les Affaires sociales, il pourra renforcer l’image d’un parti patriotique et social», estime-t-il. Son secrétaire général, Herbert Kickl, devient en outre ministre de l’Intérieur, une grande avancée pour l’extrême droite. Quant à Norbert Hofer, qui a raté de peu l’investiture suprême l’année dernière, il pourra fourbir ses armes au stratégique ministère des Infrastructures en attendant la prochaine présidentielle.

Présidence tournante de l’UE

Autre victoire : Karin Kneissl, journaliste spécialiste du Moyen-Orient, est propulsée à la tête des Affaires étrangères. Tenu à l’écart de la diplomatie lors de sa dernière participation au gouvernement fédéral de 2000 à 2006, le parti eurosceptique peut désormais avancer ses pions sur la scène internationale. Les Affaires européennes lui ont cependant été soustraites au profit de Sebastian Kurz à la chancellerie. Une manière d’éviter tout scandale, alors que l’Autriche prendra la présidence tournante de l’Union européenne à partir de cet été.

Le parti conservateur garde également ses deux bastions traditionnels, l’Economie et l’Agriculture. Toutefois, le «candidat du renouveau» a fait appel à de nouvelles têtes. Des managers s’installent aux Finances et à l’Economie, un professeur d’université à l’Education et un ancien président de la Cour des comptes à la Justice. Pour la première fois depuis des décennies, police et armée se retrouvent aux mains du même camp politique. «C’est une grande concentration de la puissance d’Etat, note le juriste constitutionnaliste Bernd-Christian Funk, il faut faire attention à ce que le FPÖ ne militarise pas la police.»

Provocant idéologue

Le président et ancien chef des Verts, Alexander van der Bellen, ne s’est pas opposé à ce rapprochement. En revanche, il a imposé une secrétaire d’État conservatrice au nouveau ministre de l’Intérieur, le provocant idéologue du FPÖ Herbert Kickl. Karoline Edtstadler devrait en particulier garder à l’œil la lutte anti-corruption et le devoir de mémoire de l’holocauste…

Lire la suite sur le site de Libération :www.liberation.fr/planete/2017/12/17/autriche-tremplin-gouvernemental-pour-l-extreme-droite_1617179

Des voix d’émigrés juifs de retour en Autriche

Philipp Rohrbach et Adina Seeger,  Austrian Heritage Archive
Les historiens Philipp Rohrbach et Adina Seeger, à l’Institut Wiesenthal d’études sur la Shoah (le bureau sur la photo a d’ailleurs appartenu au « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal)

Depuis 20 ans, de jeunes Autrichiens ont réalisé aux États-Unis et en Israël de longues interviews avec des émigrés juifs qui ont quitté l’Autriche avant la seconde guerre mondiale pour fuir les persécutions nazies. Ils sont parmi les derniers témoins du génocide. Deux historiens viennois ont maintenant entrepris de rendre ces témoignages accessibles à tous, en anglais et en allemand, sur le site austrianheritagearchive.at.

Ce projet de mémoire n’est pas sans actualité, alors que la question des réfugiés syriens libère des paroles racistes et que le FPÖ, un parti dont les membres se sont fait remarquer par des sorties négationnistes par le passé, est en passe d’entrer au gouvernement.

À écouter sur le site d’Accents d’Europe dans l’émission d’hier (à partir de 11’30) : www.rfi.fr/emission/20171212-insectes-nourriture-lutte-rechauffement-climatique-finlande-magasins-restaurants