Gusen et l’enjeu des camps « annexes » : Mauthausen était partout

Depuis début janvier, l‘Autriche a un nouveau gouvernement. Le programme sur lequel s‘est accordée une coalition des conservateurs et des Verts fait 328 pages. Un point qui y tient en une ligne est passé relativement inaperçu… en Autriche en tout cas. En cette année de commémoration et après des pressions venues de Pologne, Vienne a décidé de racheter certains terrains sur lesquels se trouvait l‘ancien camp de concentration de Gusen, où ont péri 37 000 personnes dont près de 28 000 venues de Pologne. Écoutez mes explications dans l’émission Accents d’Europe de lundi : www.rfi.fr/fr/podcasts/20200127-auschwitz-camp-memoire-devoir-guerre-mondiale-juifs-antisemitisme

« Sebastian Kurz chancelle »

Hier, le chancelier conservateur, plombé par l’affaire d’Ibiza, est tombé après une motion de censure. Une première dans l’histoire de la Seconde république autrichienne. Je vous racontais hier cette journée historique dans Libération. Extrait :

La cheffe des sociaux-démocrates a exposé les motifs de la motion de censure devant des députés très échauffés. Sebastian Kurz, qui s’est engagé dans une coalition avec l’extrême droite «en dépit de tous les avertissements», serait «responsable de la situation actuelle». Pamela Rendi-Wagner tacle également sa gestion de crise. Cette dernière semaine, il aurait tenté de former un gouvernement sans majorité parlementaire. Nuque raide, Sebastian Kurz, assis sur le banc du gouvernement, détourne la tête avec un sourire narquois.

La suite est à lire dans le journal du jour ou ici : www.liberation.fr/planete/2019/05/27/autriche-sebastian-kurz-chancelle-finalement_1729968

Sebastian Kurz a été renversé par le parlement, le très bon score de son parti aux élections européennes de dimanche n’a en rien changé la détermination des députés sociaux-démocrates, d’extrême droite et du petit parti Jetzt.

Hier, j’analysais aussi les résultats de ces européennes, captivantes en Autriche. Joie des conservateurs, soulagement de l’extrême droite, les Verts qui jouent au phœnix… c’était dans Accents d’Europe (à partir de 8:00) : www.rfi.fr/emission/20190527-europe-elections-parlement-verts-allemagne-grunen-populistes-marche-climat-brexit

 

 

Bilderbuch et la renaissance de l’austropop

Mon article, paru aujourd’hui dans Libé.

Avec «Vernissage My Heart», le groupe autrichien brandit ses convictions pro-européennes en réponse au repli nationaliste du pays.

«Une vie sans frontières/ Une Freedom à offrir/ Une liberté sans y penser.» Dans sa nouvelle chanson Europa 22, le groupe autrichien Bilderbuch chante son idéal d’un continent ouvert et plein de promesses. A rebours des discours qui émanent habituellement de l’Autriche, dirigée, depuis un an et demi, par le jeune conservateur Sebastian Kurz en coalition avec l’extrême droite, la sortie du morceau a fait son effet. Le groupe a lancé, fin février, alors que commençait la campagne des élections européennes, un site sur lequel les internautes peuvent générer, en quelques clics, leurs propres passeports européens, d’allure très officielle. Le lendemain, de nombreux utilisateurs affichaient déjà, sur les réseaux sociaux, leur effigie passée à la moulinette du passeport fictif. Parmi eux, l’ancien président du Parlement de Strasbourg, l’Allemand Martin Schulz.

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Robert Menasse «La politique commune est bloquée par les égoïsmes particuliers»

Paru dans Libération, lundi.

L’écrivain Robert Menasse a rencontré en 2017 un succès international avec la Capitale. Roman autour de la Commission européenne, il offrait un pendant fictif à son engagement en faveur d’une république européenne, supranationale et ancrée dans ses régions. Pas franchement le genre de discours en vogue dans son Autriche natale, gouvernée par le chrétien-démocrate Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite.

Pourquoi les idées proeuropéennes séduisent-elles moins que l’europhobie des nationalistes ?

Le succès du nationalisme découle d’une contradiction fondamentale de l’Union européenne. Elle incarne un projet d’évolution postnationale, avec des institutions supranationales… mais la plus puissante d’entre elles reste le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Des élus nationaux qui revendiquent défendre les intérêts de leur pays. Conséquence : la politique commune reste bloquée par les égoïsmes particuliers. Les crises se multiplient et les citoyens font le constat des dysfonctionnements de l’UE. Ils peuvent alors assurer : «Nous voulons au moins que nos Etats nations fonctionnent.» Précisément ce que promettent les populistes de droite et les nationalistes. En réalité, les blocages pourraient être dépassés par, non pas moins, mais davantage de prise de décision commune.

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Ma rencontre avec un homme du Néolithique

Une reconstitution d'Ötzi. © South Tyrol Museum of Archaeology/foto-dpi.com
Une reconstitution d’Ötzi. © South Tyrol Museum of Archaeology/foto-dpi.com

Suite et fin de mes reportages au Tyrol du Sud, région germanophone au Nord de l’Italie. Très ludique, je finis sur la fascination qu’inspire Ötzi, homme du Néolithique retrouvé dans un glacier, et dont j’ai vu la momie.

« Un homme mort il y a 5 300 ans, presque parfaitement conservé depuis le Néolithique. Cet hibernatus a été retrouvé en 1991 dans les Alpes du Haut-Adige, au nord de l’Italie. Ötzi, comme on l’appelle, est désormais exposé au petit musée archéologique du Tyrol du Sud. Et il déplace les foules. Cinq millions de visiteurs, dont notre correspondante Céline Béal. » Le reportage, diffusé hier par l’émission « Accents d’Europe », est à écouter sur le site de RFI : www.rfi.fr/emission/20190101

Avec Sissi au château : le marketing du conte de fée à Merano

D’autres nouvelles de mon voyage au Tyrol du Sud !

Celine et SissiEn Autriche, 120 ans après sa mort, la figure de l’impératrice Elisabeth est toujours omniprésente. Symbole de la grandeur passée de l’empire austro-hongrois, sa beauté et son destin tragique l’ont fait entrer dans la légende, ainsi qu’une trilogie de films, dans les années 50, avec l’actrice Romy Schneider. Et la fascination dépasse les frontières. Au Nord de l’Italie, dans une région qui appartenait autrefois à l’empire des Habsbourg autrichiens, la petite ville thermale de Merano a fondé sa célébrité sur l’impératrice, qui aimait venir s’y reposer. Je m’y suis rendue et j’ai rencontré Sissi… en personne, ou presque.

Mon reportage a été diffusé hier par Accents d’Europe sur RFI et il est à ré-écouter, en cliquant sur la flèche en haut à droite de l’image, ici : www.rfi.fr/emission/20181123

 

Au Tyrol du Sud, des Autrichiens ou des Italiens ?

À la fin de la Première guerre mondiale, l’empire austro-hongrois s’effondre. Les revendications d’indépendances des Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes… sont reconnues en 1919, dans le traité de Saint-Germain. En revanche, le Haut Adige – ou Tyrol du Sud en Allemand –, passe à l’Italie, sans que l’on demande leur avis aux habitants, pourtant Autrichiens depuis plus de cinq siècles. 100 ans plus tard, c’est toujours une enclave germanophone en Italie. Mais, après des décennies de mal-être, parfois violent, de la minorité autrichienne, les conflits de nationalités se sont aujourd’hui effacés et la région est prospère. Mais Vienne, où la droite dirige avec l’extrême droite depuis décembre, veut maintenant y proposer des passeports autrichiens… Une initiative qui irrite Rome, où l’extrême droite participe aussi au pouvoir et où les responsables accusent Vienne de « revanchisme ». Et sur place, au Tyrol du Sud, que dit-on aujourd’hui de cette question de nationalité ? Mon reportage a été diffusé hier dans Accents d’Europe, dans une émission consacrée au centenaire de l’Armistice de 1918, avec l’historien Serge Berstein : www.rfi.fr/emission/20181112 (à partir de 5:30).