La double nationalité est interdite en Autriche… sauf pour certaines victimes du Brexit

Confrontée à la possibilité d’un Brexit sans accord, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a évoqué la possibilité que les Autrichiens et Autrichiennes résidant au Royaume-Uni aient le droit de demander la nationalité britannique sans perdre l’autrichienne. Ce serait une exception. Aucune n’est cependant prévue pour les citoyens turcs, dont une trentaine s’est vue destituée de leurs passeports autrichiens ces derniers mois. Le point sur la politique, un peu spécifique, des doubles nationalités en Autriche, c’était vendredi dans « Accents d’Europe » sur RFI (5’20) : www.rfi.fr/emission/20190111

Les idées d’extrême droite continuent de percer dans le gouvernement

Protection des frontières et coopération avec les pays africains : en marge du sommet européen de Salzbourg mercredi soir (19.09), l’hôte des Vingt-Huit, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, se vantait devant la presse d’avoir imposé en Europe ses positions en matière de migration. Des positions «qui étaient encore perçues comme de droite radicale il y a trois ans». Depuis décembre, le jeune chancelier conservateur gouverne la coalition avec le FPÖ et, dans bien des domaines, il a bel et bien laissé ce parti d’extrême droite fondé par des ex-nazis imprimer sa marque à l’Autriche. Petit passage en revue des mesures les plus emblématiques pour Libération, la semaine dernière : www.liberation.fr/planete/2018/09/20/autriche-les-idees-d-extreme-droite-continuent-de-percer-dans-le-gouvernement_1680081

«L’Autriche ne se contente pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres»

Mon interview de la ministre des Affaires étrangères Karin Kneissl est à lire aujourd’hui dans Libération.

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Vienne, qui prend la présidence de l’Union au 1er juillet, défend une réforme de l’asile avec des centres hors de l’UE, explique sa ministre des Affaires étrangères.

Ancienne diplomate et publiciste, Karin Kneissl a été nommée, en décembre, ministre des Affaires étrangères sur proposition du FPÖ, parti d’extrême droite siégeant au sein de la coalition qui gouverne l’Autriche, sous la houlette du conservateur Sebastian Kurz. Alors que la présidence tournante du Conseil de l’Union revient le 1er juillet à la république alpine, la ministre expose les projets de son gouvernement pour ce semestre. Avec une priorité : la crise migratoire.

Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, a insisté, jeudi à Vienne, sur les chiffres des arrivées sur le continent, dix fois inférieurs à ceux de 2015. Pourtant, l’Autriche fait de la question migratoire une priorité de sa présidence tournante. Les difficultés ne sont-elles pas derrière nous ?

Nous ne sommes pas les premiers à dire que la crise migratoire est la plus grande crise de l’Union européenne. Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, le disait déjà en 2016. Je considère l’angle démographique. Selon le Rapport sur le développement humain arabe 2016 [de l’ONU, ndlr], 60 millions de jeunes dans les pays arabes vont se retrouver, en 2020, sur un marché du travail saturé. D’une manière ou d’une autre, ils vont prendre la route ! On ne peut pas dire que la crise migratoire était éphémère.

Que veut faire la présidence autrichienne ?

Nous voulons faire avancer la réforme de l’asile. Nous ne nous contentons pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres. Il faudrait plutôt délocaliser les administrations adéquates, les amener aux personnes. C’est ce que nous faisons déjà avec l’Organisation internationale pour les migrations. Nous menons des programmes de réinstallation depuis les pays d’origine, plutôt que d’attendre que les personnes traversent la Méditerranée, où le principe de sélection revient à la survie du plus fort.

Kurz s’est prononcé pour des centres en dehors de l’Europe, où pourraient être déportés les déboutés du droit d’asile que leurs pays ne veulent pas reprendre. L’Elysée a qualifié cette idée d’inacceptable, humanitairement et légalement. L’Autriche va-t-elle continuer dans cette direction, dans les Balkans par exemple ?

On peut toujours tester des idées et voir s’il se trouverait des partenaires… Mais nous ne ferons rien de façon unilatérale. Cependant, la problématique des migrants qui n’ont pas le droit d’asile demande davantage de fermeté. Je me souviens qu’en 2016, beaucoup de gouvernements, en Suède, au Danemark, en Allemagne, ont promis à leurs électeurs qu’ils allaient expulser beaucoup plus. C’est resté lettre morte. […]

La suite sur le site de Libération :www.liberation.fr/planete/2018/06/24/l-autriche-ne-se-contente-pas-d-une-repartition-des-migrants-par-quotas-entre-les-etats-membres_1661588

Prestations sociales en baisse pour les étrangers en Autriche

« En plein débat européen sur les migrants, l’Autriche joue à nouveau les trublions. La coalition au pouvoir, qui rassemble les conservateurs et l’extrême droite sous la houlette de Sebastian Kurz a, en effet, décidé de revoir les règles de la protection sociale minimale. Autrichiens et étrangers ne sont plus traités de la même façon. Ces derniers ne peuvent plus prétendre à rien avant d’avoir passé cinq ans sur le territoire, et la maîtrise de l’allemand conditionne le montant des prestations. » Mon reportage, à la rencontre d’une mère célibataire qui applaudit à la réforme, a été diffusé hier. Il est disponible pour une réécoute sur le site d’Accents d’Europe : www.rfi.fr/emission/20180619-autriche-etrangers-prestations-sociales-migrants-suisse-turquie-lituanie-portugal

Un cours d’autodéfense pour les musulmanes

Depuis décembre dernier, l’Autriche est dirigée par une coalition de la droite conservatrice avec l’extrême droite du parti FPÖ, suite à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’asile. Alors qu’ils sont souvent accusés de communautarisme, certains musulmans autrichiens répondent en dénonçant ce racisme ambiant. C’est le cas de l’association « Réseau de la société civile musulmane », qui va même jusqu’à organiser un cours d’autodéfense pour les femmes et en particulier les porteuses de voile ! J’ai demandé à ses participantes pourquoi elles y sont venues. Elles sont très intéressantes et vous pouvez les écouter ici : www.rfi.fr/emission/2018040 (à partir de 6’50)