En Autriche, la construction d’un supermarché Lidl sur le site d’un camp nazi provoque un tollé

A Leobersdorf, le site d’un lieu marqué par les horreurs de la Shoah va accueillir un parc d’activité commercial, malgré les protestations d’associations locales.

Avec les militants locaux qui dénoncent le chantier en cours, à l’arrière-plan. © Christian Husar/Lokalinitiative NS-Zwangsarbeit Leobersdorf

Les pelleteuses ont commencé leur travail il y a bientôt un an mais les responsables du projet restent prudemment silencieux. A une trentaine de kilomètres au sud de Vienne, une vaste zone d’activité commerciale s’apprête à voir le jour, bâtie sur un terrain où était installé un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. La presse locale a d’abord révélé qu’un grand entrepôt frigorifique ouvrirait ses portes à cet endroit, situé en périphérie de la petite ville de Leobersdorf. Puis fin juin, les journaux viennois Falter et Wiener Zeitung ont relancé la polémique en dévoilant qu’un Lidl ferait aussi partie de l’ensemble sur le site du camp d’Hirtenberg, qui fut le deuxième plus grand camp pour femmes en Autriche.

La chaîne allemande de supermarchés, qui appartient au groupe Schwarz, a confirmé à Libération son intention d’ouvrir un magasin dans le nouveau parc d’activité, tout en précisant que celui-ci ne se trouvera pas à l’endroit précis où était construit le camp nazi mais «sur une parcelle avoisinante». L’enseigne affirme aussi qu’elle ne veut pas qu’on oublie les «crimes commis ici» et le propriétaire du terrain, un promoteur immobilier, parle de mettre en place un «chemin mémoriel» à la lisière de son terrain.

«Logique du profit»

Celui-ci s’étend sur huit hectares et le propriétaire souligne que seuls 10 % de cette surface étaient occupés par le camp de concentration à proprement parler, se gardant bien de préciser qu’une grande partie des lieux accueillait d’autres structures dirigées par les nazis, à savoir un camp de travail forcé et un camp de prisonniers de guerre français. […] La suite sur le site de Libération ou sur demande (en tant qu’abonnée, je peux offrir 10 articles par mois).

En Autriche, le soutien absolu à Israël remis en question

C’est mi-mai, au concours eurovision de la chanson, que le débat a pris de l’ampleur… Alors qu’il venait d’emporter la victoire, le jeune chanteur JJ plaidait pour l’exclusion d’Israël du concours, comme la Russie après qu’elle a attaqué l’Ukraine. Un scandale en Autriche ! Ce pays compte en effet parmi les plus fervents soutiens d’Israël en Europe. Mais cette position commence à être difficile à tenir… J’ai dit quelques mots sur la question dans Accents d’Europe sur RFI lundi dernier (à partir de 11’35, après le reportage à Prague).

A Vienne, cachez ce «balcon d’Hitler» que l’Autriche ne saurait voir

En amont des commémorations de la fin du nazisme, des historiens relancent l’idée de transformer en mémorial la vaste terrasse du palais d’où le dirigeant nazi avait célébré l’Anschluss, en 1938.

Le « balcon » est en fait une vaste terrasse…

Et si on y déposait un grand bloc de granit venu du camp de concentration de Mauthausen ? Il serait alors impossible d’admirer cet imposant balcon sans une pensée pour les horreurs nazies et la responsabilité de l’Autriche. C’est l’une des trois propositions utopiques mises en maquettes et exposées à partir de ce mardi 22 avril au Musée de l’histoire de l’Autriche. L’institution souhaite relancer le débat au sujet du balcon de l’ancien palais impérial de Vienne, duquel Adolf Hitler avait célébré l’Anschluss le 15 mars 1938. Le dictateur y avait proclamé la dissolution de l’Etat autrichien et son rattachement au IIIe Reich devant une foule en liesse.

Plusieurs historiens et personnalités de la vie intellectuelle autrichienne appellent aujourd’hui à réaménager ce lieu symbolique, alors que l’Europe s’apprête à célébrer les quatre-vingts ans de la fin du nazisme, en mai, et l’Autriche la proclamation de sa Seconde république ce dimanche 27 avril. Car le «balcon d’Hitler» – en réalité, il s’agit d’une vaste terrasse – ne fait, à ce jour, l’objet d’aucune intervention mémorielle extérieure et son avenir est incertain, le Musée de l’histoire, dont il dépend depuis sept ans, devant déménager en 2028.

C’est «une friche mémorielle qui fait honte» […] La suite sur le site de Libération.

Près de 90 ans plus tard, le cadavre de Dollfuss remue encore…

Chancelier héroïque ou dictateur austrofasciste?

Il y a 89 ans, le 1er mai 1934, Engelbert Dollfuss mettait fin à la Première République d’Autriche et instaurait un régime dictatorial avec sa « Constitution de mai ». Un chapitre de l’histoire qui est souvent passé sous silence dans le pays. Car le rôle de l’ancien chancelier divise… Aujourd’hui, le pays se demande que faire de sa maison natale et du petit musée qui y est installé. La question est revenue au cœur des discussions lorsque le maire du village de Texingtal, où se situe cette maison, est devenu ministre, fin 2021.

J’ai pu la visiter lors d’une journée portes ouvertes très spéciales, en compagnie d’historiens venus donner leur avis sur la muséographie… Attention, l’ambiance était houleuse ! Avec une invitée surprise et des questions actuelles, mon reportage est à réécouter sur le site d’Accents d’Europe : www.rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20230501-la-résistance-féministe-en-russie

Grüßen. Ein kleines Ritual, das schon alles sagt

+++ Hörtipp für morgen +++ 18.15 Uhr auf Ö1 ++++

Ich habe einen « Moment am Sonntag » mit Eva Gänsdorfer gestaltet. Zu hören: Betrachtungen über das Grüßen in Österreich, Erfahrungsberichte von spannenden Menschen (u.a. mir 😉 ) und tolle Musik.

Und wie war es damals? Aus Der deutsche Gruß, Geschichte einer unheilvollen Geste von Tilman Allert

Der Gruß als das kürzeste Stück Gesellschaft.

Das Coronavirus hat unser körperliches Grußverhalten grundlegend verändert. Händeschütteln, Umarmungen und « Bussi Bussi » gehen in Zeiten der Pandemie nicht mehr. Doch auch abseits von Hygienebestimmungen kann Grüßen kompliziert werden: « Grüß Gott » gleicht nicht « Guten Tag », und « Hallöchen » nicht « Sehr geehrte Damen und Herren ». Grußrituale sind Türöffner der Kommunikation, unentbehrlich und sollen Ehrerbietung und Zugehörigkeit vermitteln. Ob mündlich oder schriftlich, Gestik oder Mimik – ein Gruß verrät viel über die Herkunft des Gegenübers, sein Milieu oder eine ganze Generation. Außenstehende müssen die « Codes » des Grüßens kennen. Und das Nicht-Grüßen ist auch ein Statement. Eine Reflexion über Gesten und Worte, die Menschen meist automatisch vollziehen, ohne an deren soziale und kulturelle Bedeutung zu denken.

oe1.orf.at/programm/20210307/630717/Hallo-Gruess-Gott-Guten-Tag-Gruessen-als-Alltagsritual