Comment l’Autriche est-elle devenue championne du monde du bio ?

Pour se détendre un peu après tous ces rebondissements politiques, un point sur le modèle agricole autrichien. Avec près d’un quart des cultures faites en bio, le pays domine le top mondial. Comment, pourquoi, depuis quand ? J’expliquais tout ça lundi dernier dans Libé.

Du boudin, bio. Une part de poêlée de pommes-de-terre, bio. Un schnaps, bio, bien sûr.

Les commandes s‘enchaînent à la petite échoppe sur le marché de la Freyung, au centre de Vienne, en Autriche. Le patron, une figure locale qui ne se présente que par son prénom, Hermann, est issu d’une lignée d’agriculteurs biologiques qui remonte à ses arrières-grands-parents.

«Nous avons une petite exploitation dans les Pré-Alpes. Ce n’est pas possible pour nous de nous agrandir, alors on mise sur le fait d’être petits, mais honnêtes», explique-t-il avec un clin d’œil. Comprendre : sans pesticide chimique ni produit de synthèse. Ce producteur est l’un des fondateurs de ce marché bio, qui existe depuis maintenant 25 ans. Un succès, se réjouit-il.

L’agriculture verte a une longue tradition en Autriche, pas seulement dans la famille d’Hermann. Elle gagne constamment du terrain sur les exploitations conventionnelles. Cette année, le ministère du Développement durable et du tourisme a pu proclamer le pays «champion mondial» dans le domaine. Avec 24,8% de ses surfaces agricoles consacrées au bio, l’Autriche a en effet atteint, en 2018, la tête du classement.

Selon la ministre conservatrice Elisabeth Köstinger, ce développement est stratégique.

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Bis Donnerstag online: Anti-Gewalt-Trainings für Männer

Letzte Woche habe ich zum ersten Mal einen Beitrag für die ganz tolle Ö1-Sendung Moment gestaltet. Diese Story zu Anti-Gewalt-Trainings für Männer könnt ihr noch bis kommenden Donnerstag online nachhören: oe1.orf.at/player/20190516/553238/153005

Kann Mann Gewalt verlernen? Wie Vereine versuchen, Männern überbordende Aggression weg zu trainieren

Verschiedene Vereine bieten in Österreich Anti-Gewalt-Trainings an. Zielgruppe sind Freiwillige, dann Männer, die etwa im Zuge eines Ultimatums der Partnerin daran teilnehmen und Täter, die vom Amts wegen mitmachen müssen. Es geht darum, Verhalten zu verändern, indem es zunächst thematisiert und besprochen wird. Im Zuge von Rollenspielen werden konkrete Handlungsanleitungen geliefert, was der Einzelne in bestimmten Situationen tun kann. Die Methodik des Anti-Gewalt-Trainings am Beispiel der Männerberatung Wien.

La démission du vice-chancelier et ses suites

Samedi, le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, a démissionné. Il a également renoncé à la direction de sa formation politique, le FPÖ, ou Parti de la liberté, d’extrême droite. En cause : une vidéo, tournée en 2017 mais parue la veille, qui le montre en train de faire miroiter des contrats publics à une supposée oligarque russe, en échange d’un financement pour sa campagne. Dans la soirée, le chancelier conservateur, Sebastian Kurz, annonçait la fin de sa coalition avec le FPÖ et l’organisation d’élections anticipées. Tout au long de la journée de samedi, des milliers d’opposants au gouvernement se sont rassemblés à Vienne pour suivre ensemble les différentes annonces.

Manif devant la chancellerie

Samedi, j’écrivais un reportage : www.liberation.fr/planete/2019/05/18/demission-du-vice-chancelier-autrichien-le-fpo-a-implose_1727992

Dimanche, un point sur la suite des événements : www.liberation.fr/planete/2019/05/19/en-autriche-l-extreme-droite-valse-le-chancelier-vacille_1728147

Quant à l’ambiance qui régnait à Vienne dans cette passionnante journée de samedi, vous pourrez l’entendre cet après-midi dans Accents d’Europe sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190520

 

«On essaye de monter les gens les uns contre les autres»

Aujourd’hui paraît dans Libération ma double page sur l’Autriche.

Extrait :

Ils sont régulièrement 2 000 ou 3 000 à venir scander leur slogan «résistance !» sous les fenêtres de différents ministères. Tous les jeudis soir depuis octobre, ces Viennois et Viennoises protestent contre la politique de leur gouvernement. Au fil des mois, les «manifestations du jeudi» se sont également étendues à d’autres villes autrichiennes, comme Graz ou Innsbruck. Toutes ces mobilisations peuvent paraître modestes, mais elles restent notables pour la petite et paisible république alpine. Elles sont planifiées par un collectif non-partisan auquel appartiennent quelques figures historiques des grandes manifestations qui avaient marqué le pays au tournant des années 2000. A l’époque, plusieurs centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour dire leur opposition à la première participation de l’extrême droite au gouvernement fédéral.
Depuis un peu plus d’un an, c’est bis repetita : le Parti de la liberté est de retour à la tête de l’Autriche. Et cette fois encore, sa réapparition s’est faite au sein d’une coalition menée par les chrétiens-démocrates du Parti populaire. Même si le Parti de la liberté n’est que «junior partner» puisque sous la houlette du chancelier, le jeune chrétien-démocrate Sebastian Kurz, les organisateurs des manifestations du jeudi considèrent, à l’instar de Michaela Moser, que «tout le gouvernement vire à l’extrême droite. On le reconnaît surtout au racisme de plus en plus éclatant qui en émane». Dans les cortèges, des panneaux comme «Plus jamais ça, c’est maintenant» révèlent la peur de se retrouver confronté à des démons du passé nazi. Régulièrement, les manifestants interpellent le chancelier… qui garde, à ce sujet, un silence assourdissant. Il ignorerait sciemment le vrai et dangereux visage de son partenaire au gouvernement.
«Cerveau»
Au Parlement, la sociale-démocrate en charge des questions de mémoire, Sabine Schatz, a recours à une autre métaphore. Jeudi, elle accusait le gouvernement d’être «aveugle de l’œil droit». Allant jusqu’à considérer en substance que l’extrémisme de droite conduirait à la violence. «Il tue. L’attentat tragique de Christchurch l’a montré», dit-elle. La fusillade islamophobe en Nouvelle-Zélande a trouvé un écho inattendu en Autriche, depuis que le ministère de l’Intérieur a confirmé que le suspect néo-zélandais, Brenton Tarrant, avait séjourné en Autriche dans le cadre d’une tournée en Europe en 2018.
Le Mouvement identitaire autrichien est désormais visé par une enquête. […]

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« Die Flucht ist für viele Queere in Österreich nicht zu Ende »

augustin 1-2Im Augustin habe ich wieder zwei Seiten veröffentlicht.

« Sicheres Ankommen, sichere Räume: Was LGBTIQ+ Asylwerber_innen brauchen und wie die Community in Wien hilft. »

Es geht um Schwierigkeiten und Engagement, Queer-Feindlichkeit und die heikle Beweisführung vor der Asylbehörde… Dafür habe ich mit vielen spannenden Menschen gesprochen, einige von ihnen wurden von Carolina Frank fotografiert.

Das Heft ist aktuell bei den Augustin Verkäufer_innen zu kaufen.

La justice sous pression

Sabine Matejka
Sabine Matejka, présidente de l’Association des juges d’Autriche

Si ces attaques, ces tentatives de discréditer l’État de droit, se multiplient encore, alors celui-ci sera vraiment en danger, parce que cela modifie la perception qu’a la population de l’État de droit et de ses institutions » – Sabine Matejka

Le ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl, idéologue du parti de la liberté, le parti d’extrême droite a créé la frayeur parmi les juges. Dans une interview récente sur les droits de l’homme et les migrants, il affirmait que « c’est au droit de suivre la politique, et non à la politique de suivre le droit« . Une déclaration inquiétante, alors que la justice autrichienne revendique son indépendance, même si elle manque de moyens. Mon reportage diffusé hier par « Accents d’Europe » sur RFI :  www.rfi.fr/emission/20190313

Un ascenseur qui fâche à Mauthausen

Mauthausen Gudrun Blohberger
Gudrun Blohberger, directrice pédagogique du mémorial de Mauthausen

« On a longtemps pensé en Autriche que le nazisme n’avait eu lieu qu’à Mauthausen » – Gudrun Blohberger

C’est un ascenseur qui fâche, en Autriche. Sur les lieux de l’ancien camp de concentration de Mauthausen, l’édifice en béton s’est attiré la critique virulente du Comité représentatif des survivants du camp. C’est en fait l’histoire d’un travail de mémoire qui est encore et toujours un combat. Mon reportage à Mauthausen a été diffusé aujourd’hui par Accents d’Europe, sur RFI (à partir de 6:45) : www.rfi.fr/emission/20190218

Mauthausen ascenseur
Le nouvel ascenseur, dans la cour du garage des SS

« Les négationnistes peuvent se saisir de chaque modification faite à l’architecture d’origine. » – Christa Bauer, Comité Mauthausen Autriche