Le mot du jour : Postenschacher

On a appris mercredi que le chancelier Kurz est visé par une enquête du parquet économique et anti-corruption sur un soupçon de fausses déclarations devant une commission d’enquête parlementaire. Il aurait menti l’an dernier devant des députés qui cherchaient à savoir s’il était intervenu dans la nomination d’un proche à la tête d’une holding publique.

Une affaire de Postenschacher qui occupe l’Autriche depuis des mois et qui atteint maintenant le chef du gouvernement.

C’est quoi, le Postenschacher ? Le mot est un austriacisme, un mot allemand utilisé seulement en Autriche, qui désigne une forme de « piston » presque institutionnalisée. Une particularité autrichienne ?

Écoutez ma chronique dans l’émission Accents d’Europe de mercredi dernier (à partir de 14’40) : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20210512-qu-est-ce-qu-on-mange-aujourd-hui

Retour au café et un destin particulier

Cette semaine, j’ai eu la chance de retourner pour la première fois depuis le début de la pandémie dans un café viennois ! C’était pour le travail, bien sûr. Quelques cafetiers de la capitale autrichienne mettent leurs tables gratuitement à disposition de lycéens et d’étudiants qui ont besoin de lieux pour se concentrer sur leurs révisions alors que les universités et les bibliothèques sont toujours en grande partie fermées et les appartements parfois surpeuplés, avec divers télétravailleurs et télétravailleuses à la maison. L’occasion de demander aux jeunes comment ils vont et de réfléchir à ce dont ils ont besoin pour ne pas sombrer dans la dépression. C’est à écouter dans Accents d’Europe (vers 9:50) : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20210309-18-ans-dans-la-turquie-de-recep-tayyip-erdogan

Et puis l’histoire de Sukhdeep Singh. Il y a 18 ans, il débarquait du Penjab dans la petite ville d’Hirtenberg, en Basse-Autriche. Il était « mineur non-accompagné », adolescent, migrant et seul. Il a vécu six ans dans un foyer d’accueil. En août dernier, devenu adulte, il a racheté ce foyer pour le sauver de la fermeture après une réforme de l’accueil des demandeurs d’asile en Autriche. Pour écouter son histoire et celle de cette maison d’Hirtenberg, c’est ici (9:50) : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20210310-l-europe-critiqu%C3%A9e-pour-sa-politique-migratoire

Du ski et une juge

Retour sur ces dernières semaines.

Aujourd’hui le ski est à nouveau au cœur de l’actualité en raison du grand nombre de cas du variant B1.351 dans le Tyrol. J’ai fait il y a deux semaines un reportage dans la station de Semmering, dans les Préalpes. Car malgré la pandémie, le confinement et la désapprobation des voisins européens, le ski est resté autorisé en Autriche… Vous pouvez réécouter ce reportage sur le site d’Accents d’Europe : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20210126

Et puis un portrait de la juge Marion Hohenecker, qui a condamné en décembre dernier l’ancien ministre FPÖ Karl-Heinz Grasser. Les avocats de celui-ci se sont depuis retournés contre elle : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20210119

En Autriche, on vote à 16 ans. Quel impact sur la participation politique des jeunes ?

Amina Guggenbichler et Rebekka Dober en réunion dans les locaux de l’association « YEP – Voix de la jeunesse ».

Comment faire pour encourager les jeunes à participer à la politique ? L’Autriche a tenté de répondre à cette question en abaissant l’âge du droit de vote à 16 ans dès 2007. L’objectif à l’époque : freiner l’abstention grandissante dans le pays. 13 ans plus tard, la jeunesse est-elle devenue une force politique dans cette petite démocratie d’Europe centrale ? Éléments de réponse dans mon reportage diffusé vendredi dernier par RFI.

Version courte : rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20201217-en-autriche-on-vote-%C3%A0-16-ans-quel-impact-sur-la-participation-politique-des-jeunes

Version longue : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20201218-l-europe-face-au-d%C3%A9fi-du-renouvellement-et-du-rajeunissement-de-ses-%C3%A9lites-politiques

Pour ces deux ans, YEP organise une opération de financement participatif. C’est ici.

La culture et les arts vivants sont-ils des biens essentiels ?

À Vienne, la curatrice Christine Bruckbauer met à profit la vitrine de la salle d’exposition Philomena + pour continuer d’exposer.

L’Autriche est complètement reconfinée depuis une semaine. Les musées, salles de concerts et théâtres font partie des lieux qui ne sont pas jugés indispensables et sont donc fermés.
Tout au long de cette période de pandémie, ce qui était interdit ou autorisé, pour qui et quand, a changé constamment, mais le monde de la culture a été l’un des plus touchés par les interdictions. Depuis quelques semaines, les directeurs d’établissements et organisateurs d’événements culturels font entendre leur grogne et le pianiste et organisateur de festival Florian Krumpöck prépare maintenant une plainte auprès de la Cour constitutionnelle. Pour lui et de nombreux collègues, les citoyens ont besoin des arts vivants, même en temps de pandémie – et même, surtout en temps de pandémie… Mon reportage sur la question a été diffusé aujourd’hui par Accents d’Europe sur RFI et vous pouvez le télécharger ou l’écouter ici : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20201123-les-arts-vivants-sont-ils-un-bien-essentiel