La démission du vice-chancelier et ses suites

Samedi, le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, a démissionné. Il a également renoncé à la direction de sa formation politique, le FPÖ, ou Parti de la liberté, d’extrême droite. En cause : une vidéo, tournée en 2017 mais parue la veille, qui le montre en train de faire miroiter des contrats publics à une supposée oligarque russe, en échange d’un financement pour sa campagne. Dans la soirée, le chancelier conservateur, Sebastian Kurz, annonçait la fin de sa coalition avec le FPÖ et l’organisation d’élections anticipées. Tout au long de la journée de samedi, des milliers d’opposants au gouvernement se sont rassemblés à Vienne pour suivre ensemble les différentes annonces.

Manif devant la chancellerie

Samedi, j’écrivais un reportage : www.liberation.fr/planete/2019/05/18/demission-du-vice-chancelier-autrichien-le-fpo-a-implose_1727992

Dimanche, un point sur la suite des événements : www.liberation.fr/planete/2019/05/19/en-autriche-l-extreme-droite-valse-le-chancelier-vacille_1728147

Quant à l’ambiance qui régnait à Vienne dans cette passionnante journée de samedi, vous pourrez l’entendre cet après-midi dans Accents d’Europe sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190520

 

Une websérie sur les fausses informations en Europe et en Autriche

*Von diesem Video über die « Asylindustrie » gibt es eine Version mit deutschen Untertiteln, die auf salto.bz veröffentlicht wurde: Also, schlagen NGOs Profit aus der Migration?

Pour RFI, plusieurs journalistes d’Accents d’Europe se sont mis sur la piste de certaines fausses informations qui circulent en Europe. Pour démêler le vrai du faux avant les élections européennes, nous avons présenté nos recherches sous la forme d’une série de vidéos animées. En Autriche, je me suis penchée sur l’idée que les ONG s’enrichiraient grâce aux arrivées de demandeurs d’asile. Il y aurait une « industrie de l’asile », prétendent ici certains pseudo-médias.

Toutes les vidéos ont été publiées cette semaine, vous les retrouvez ici : www.rfi.fr/europe/20190506

Accents d’Europe a également consacré cette semaine une émission spéciale à l’Autriche, que j’ai préparée avec Eve Minault : www.rfi.fr/emission/20190507

 

«On essaye de monter les gens les uns contre les autres»

Aujourd’hui paraît dans Libération ma double page sur l’Autriche.

Extrait :

Ils sont régulièrement 2 000 ou 3 000 à venir scander leur slogan «résistance !» sous les fenêtres de différents ministères. Tous les jeudis soir depuis octobre, ces Viennois et Viennoises protestent contre la politique de leur gouvernement. Au fil des mois, les «manifestations du jeudi» se sont également étendues à d’autres villes autrichiennes, comme Graz ou Innsbruck. Toutes ces mobilisations peuvent paraître modestes, mais elles restent notables pour la petite et paisible république alpine. Elles sont planifiées par un collectif non-partisan auquel appartiennent quelques figures historiques des grandes manifestations qui avaient marqué le pays au tournant des années 2000. A l’époque, plusieurs centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour dire leur opposition à la première participation de l’extrême droite au gouvernement fédéral.
Depuis un peu plus d’un an, c’est bis repetita : le Parti de la liberté est de retour à la tête de l’Autriche. Et cette fois encore, sa réapparition s’est faite au sein d’une coalition menée par les chrétiens-démocrates du Parti populaire. Même si le Parti de la liberté n’est que «junior partner» puisque sous la houlette du chancelier, le jeune chrétien-démocrate Sebastian Kurz, les organisateurs des manifestations du jeudi considèrent, à l’instar de Michaela Moser, que «tout le gouvernement vire à l’extrême droite. On le reconnaît surtout au racisme de plus en plus éclatant qui en émane». Dans les cortèges, des panneaux comme «Plus jamais ça, c’est maintenant» révèlent la peur de se retrouver confronté à des démons du passé nazi. Régulièrement, les manifestants interpellent le chancelier… qui garde, à ce sujet, un silence assourdissant. Il ignorerait sciemment le vrai et dangereux visage de son partenaire au gouvernement.
«Cerveau»
Au Parlement, la sociale-démocrate en charge des questions de mémoire, Sabine Schatz, a recours à une autre métaphore. Jeudi, elle accusait le gouvernement d’être «aveugle de l’œil droit». Allant jusqu’à considérer en substance que l’extrémisme de droite conduirait à la violence. «Il tue. L’attentat tragique de Christchurch l’a montré», dit-elle. La fusillade islamophobe en Nouvelle-Zélande a trouvé un écho inattendu en Autriche, depuis que le ministère de l’Intérieur a confirmé que le suspect néo-zélandais, Brenton Tarrant, avait séjourné en Autriche dans le cadre d’une tournée en Europe en 2018.
Le Mouvement identitaire autrichien est désormais visé par une enquête. […]

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« Die Flucht ist für viele Queere in Österreich nicht zu Ende »

augustin 1-2Im Augustin habe ich wieder zwei Seiten veröffentlicht.

« Sicheres Ankommen, sichere Räume: Was LGBTIQ+ Asylwerber_innen brauchen und wie die Community in Wien hilft. »

Es geht um Schwierigkeiten und Engagement, Queer-Feindlichkeit und die heikle Beweisführung vor der Asylbehörde… Dafür habe ich mit vielen spannenden Menschen gesprochen, einige von ihnen wurden von Carolina Frank fotografiert.

Das Heft ist aktuell bei den Augustin Verkäufer_innen zu kaufen.

La justice sous pression

Sabine Matejka
Sabine Matejka, présidente de l’Association des juges d’Autriche

Si ces attaques, ces tentatives de discréditer l’État de droit, se multiplient encore, alors celui-ci sera vraiment en danger, parce que cela modifie la perception qu’a la population de l’État de droit et de ses institutions » – Sabine Matejka

Le ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl, idéologue du parti de la liberté, le parti d’extrême droite a créé la frayeur parmi les juges. Dans une interview récente sur les droits de l’homme et les migrants, il affirmait que « c’est au droit de suivre la politique, et non à la politique de suivre le droit« . Une déclaration inquiétante, alors que la justice autrichienne revendique son indépendance, même si elle manque de moyens. Mon reportage diffusé hier par « Accents d’Europe » sur RFI :  www.rfi.fr/emission/20190313