Des cinéastes qui « l’ouvrent » contre le gouvernement autrichien

En Autriche, des cinéastes se rebellent contre le gouvernement de la droite avec l’extrême-droite. Plus de 700 professionnels de la branche ont signé un appel. Sous le nom de « #KlappeAuf », c’est-à-dire « ouvre-la », ils lancent une offensive d’activisme sur les réseaux sociaux. Mon reportage d’aujourd’hui à écouter sur le site d’ « Accents d’Europe » : www.rfi.fr/emission/20180514

la réalisatrice Tina Leisch
La cinéaste Tina Leisch est active dans #KlappeAuf depuis les débuts de l’initiative.

En Autriche, des cinéastes se rebellent contre le gouvernement de la droite avec l’extrême-droite. Plus de 700 professionnels de la branche ont signé un appel. Sous le nom de « #KlappeAuf », c’est-à-dire « ouvre-la », ils lancent une offensive d’activisme sur les réseaux sociaux. Mon reportage d’aujourd’hui à écouter sur le site d' »Accents d’Europe » : www.rfi.fr/emission/20180514

Le site de #KlappeAuf : www.klappeauf.at/fr/

Un cours d’autodéfense pour les musulmanes

Depuis décembre dernier, l’Autriche est dirigée par une coalition de la droite conservatrice avec l’extrême droite du parti FPÖ, suite à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’asile. Alors qu’ils sont souvent accusés de communautarisme, certains musulmans autrichiens répondent en dénonçant ce racisme ambiant. C’est le cas de l’association « Réseau de la société civile musulmane », qui va même jusqu’à organiser un cours d’autodéfense pour les femmes et en particulier les porteuses de voile ! J’ai demandé à ses participantes pourquoi elles y sont venues. Elles sont très intéressantes et vous pouvez les écouter ici : www.rfi.fr/emission/2018040 (à partir de 6’50)

Quand l’extrême droite fait le ménage dans les services secrets autrichiens

Razzia sur des documents, limogeage du patron de l’office de renseignement : l’opposition s’alarme de l’offensive du nouveau ministre de l’Intérieur et «cerveau» du FPÖ, Herbert Kickl.

L’histoire est si édifiante que les sociaux-démocrates autrichiens ont obtenu, mardi, une commission d’enquête parlementaire. Et ce, seulement trois mois après la prise de fonction du gouvernement des conservateurs (Parti populaire, ÖVP) avec l’extrême droite (Parti de la liberté, FPÖ). Un record. Le ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl, est en effet directement mis en cause après une perquisition controversée au siège des services de sécurité intérieure, au cours de laquelle des documents sensibles auraient été abusivement saisis. Alors que Kickl a assuré à la Chambre haute, jeudi, que la perquisition, ainsi que la suspension du chef de ces services, tenait de l’«impératif légal» en raison de soupçons d’abus de pouvoir, l’opposition voit dans l’intervention musclée un limogeage qui permet au FPÖ de prendre en main ces services très sensibles.

En décembre, la nomination par le chancelier conservateur, Sebastian Kurz, d’Herbert Kickl au poste de «premier flic», avait alarmé l’opposition, qui redoutait qu’il n’affaiblisse la lutte contre les activistes néonazis dans le pays. Ce rôle est justement assuré, au sein du ministère de l’Intérieur, par l’Office fédéral pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme (BVT) – là où a eu lieu la récente razzia. Pendant cette action, une unité policière dirigée par un membre du FPÖ aurait aidé à la saisie, entre autres, de documents liés à la lutte contre l’extrême droite, sans rapport apparent avec les accusations d’abus de pouvoir.

Torpilles

Homme de l’ombre avant d’être bombardé ministre, Herbert Kickl est, depuis longtemps, présenté dans les médias comme le «cerveau du FPÖ». Le ministre de la Défense, Mario Kunasek, confirme à Libération que son collègue, en tant que secrétaire général, était «la tête stratégique, pensante et agissante de notre parti». De l’autre côté du spectre idéologique, la fascination est la même. «C’est probablement le démagogue politique le plus talentueux que l’Autriche ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale», affirme ainsi l’auteur antifasciste Hans-Henning Scharsach.

Fines lunettes, fine silhouette, le nouveau ministre est un coureur de triathlon, capable d’avaler les 226 kilomètres du Ironman. Mais surtout, il se pose en fort en thème. Contrairement à beaucoup d’électeurs des «bleus» (FPÖ), il est allé à l’université, sans pour autant faire partie d’une corporation étudiante, à la différence de la majorité des élites de sa formation. Fils d’ouvriers de Carinthie, région montagnarde du sud du pays, c’est lors de ses études de philosophie à Vienne qu’un camarade le fait entrer à l’académie politique du parti. Johannes Berchtold, qui écrivait lui aussi un mémoire sur Hegel, se rappelle leur admiration commune pour le système de pensée dialectique – et pour le sémillant et sulfureux chef du FPÖ, Jörg Haider. Lequel remarque son jeune compatriote carinthien et lui confie la rédaction de ses discours.

Lorsque Haider fait sécession en 2005, sa plume, elle, reste et aide le nouveau chef, Heinz-Christian Strache, à sauver le FPÖ. Dans l’ombre du prothésiste dentaire, Herbert Kickl se forge une renommée de stratège. Lui-même déclare alors au quotidien Kurier, en 2012, qu’il est plus à l’aise «dans la salle des machines» que dans le rôle du capitaine du navire. Après tout, c’est là qu’on trouverait «les torpilles».

Les torpilles qu’il prépare, ce sont surtout des jeux de mots et des slogans acides et xénophobes : «Plus de courage pour notre sang viennois», contre les étrangers «qui ne sont bons pour personne».

Manœuvres

Il y a deux mois, il provoquait un premier tollé comme ministre en exprimant son vœu de loger les demandeurs d’asile dans des quartiers «de manière concentrée». […]

Lire la suite sur le site de Libération : www.liberation.fr/planete/2018/03/21/quand-l-extreme-droite-fait-le-menage-dans-les-services-secrets-autrichiens

Des mamies et des jeunes contre l’extrême droite

Omas gegen rechts
Des « Omas gegen rechts », les mamies contre l’extrême droite avec leurs bonnets roses, sur la place des Héros, à Vienne

Depuis deux mois, une coalition de la droite et de l’extrême droite gouverne l’Autriche. Il y a 18 ans, une première association droite/FPÖ avait provoqué des vagues de protestation massives. Aujourd’hui, les mouvements de contestation n’ameutent plus les foules. Pourtant, il existe encore des résistants à Vienne, comme ces mamies aux bonnets roses et des jeunes chanteurs engagés – deux générations liées par le même souci de responsabilité morale : www.rfi.fr/emission/20180219-autriche-extreme-droite-italie-attaque-raciste-trafic-enfants-haggarty-yezidis

Un lien vers la chanson « Was? » du groupe Wende Punkt, arrivé en quatrième place lors du « Concours de la chanson protestataire » au théâtre Rabenhof : www.wendepunktpunkt.at/wp/videos

Viennese coffee and cigarettes

L’Autriche renonce à interdire la cigarette dans les bars et restaurants. C’était un grand cheval de bataille du FPÖ pendant les pourparlers de coalition avec les conservateurs de Sebastian Kurz… Mais pourquoi ? La question de la liberté de fumer (ou celle de respirer un air sain) fait en tout cas beaucoup parler dans les cafés viennois – le sondeur Wolfgang Bachman parle même d’une « religion de substitution » pour décrire la ferveur qui s’empare de certains quand il s’agit de la réglementation du tabagisme dans l’espace public… Mon reportage d’avant-hier pour « La semaine de l’Europe » de la RTBF est à écouter ici (à partir de 50’50): www.rtbf.be/auvio/detail_la-semaine-de-l-europe?id=2300901