En un mot : « Intimus »

Il a été le plus jeune chef d’État élu de la planète : l’ancien chancelier autrichien Sebastian Kurz avait 31 ans quand il a pris les rênes de l’Autriche en 2017. Il se retrouve aujourd’hui devant la justice. Accusé d’avoir menti devant une commission parlementaire, dans le cadre d’une affaire de corruption. Mais plusieurs de ses proches sont au centre de l’intérêt médiatique et les journalistes et commentateurs ont un mot particulier pour désigner ces proches : „Intimus“.

Pourquoi ce mot est-il particulier ? Décrit-il un phénomène propre à l’Autriche ? C’était l’objet de mon intervention de mercredi dernier dans Accents d’Europe sur RFI, dans le cadre de notre chronique hebdomadaire « En un mot ». Les intéressé.e.s peuvent l’écouter ici (à partir de 3’30): www.rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20231115-dans-l-univers-du-jeu

Wort der Woche: « Intimus »

Um die 80 Journalistinnen und Journalisten warteten auf Sebastian Kurz am ersten Tag seines Prozesses.

Der ehemalige Bundeskanzler und ÖVP-Chef Sebastian Kurz muss sich vor Gericht verantworten: Die Wirtschafts- und Korruptionsstaatsanwaltschaft wirft ihm vor, vor einem parlamentarischen Untersuchungsausschuss in Zusammenhang mit der Besetzung wichtiger Posten an der Spitze der Staatsholding ÖBAG falsch ausgesagt zu haben.

Diese Woche haben Medien aus dem In- und Ausland genau verfolgt, was Bernhard Bonelli, der einstige Kabinettschef von Sebastian Kurz, dazu sagt. Er kam am Montag vor Gericht zu Wort. Für die mit Spannung erwartete Befragung eines weiteren ehemaligen Spitzenbeamten, Thomas Schmid, müssen sich interessierte Bürgerinnen und Bürger noch bis zum 17. November gedulden.

Sowohl Bernhard Bonelli als auch Thomas Schmid waren bis zur Bekanntwerdung der sogenannten „Ibiza-Affäre“ der breiten Öffentlichkeit unbekannt. Sie gelten in den Medien als « Intimi » bzw. ex-Intimi des Kanzlers Kurz.

„Intimus“ ist das aktuelle « Wort der Woche » von « Moment » – mein Beitrag kann man hier nachhören: sound.orf.at/podcast/oe1/oe1-moment—notizen/wort-der-woche-intimus

Le voile des musulmanes et la crise du logement qui pointe

Ces dernières semaines, deux reportages pour RFI.

D’abord, la crise du logement. Dans presque toute l’Europe, le prix des biens immobiliers a augmenté ces dernières années : de 40% en moyenne entre 2015 et 2021, selon Eurostat. Mais c’est pour les locataires que la situation est la plus difficile, 1 Européen sur 2 consacre 40 % de ses revenus à son loyer. Alors que les prix explosent, en particulier ceux de l’énergie, de nombreux pays comme l’Autriche craignent des expulsions massives de locataires et une véritable crise du logement. Je me suis rendue dans la petite ville de Steyr, dans le nord du pays, où une association vient en aide aux locataires. Mon reportage, diffusé aujourd’hui dans Accents d’Europe, est disponible à l’écoute ici : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20230315-europe-l-immobilier-flambe-les-locataires-peinent-%C3%A0-suivre

Zeliha Çiçek parle de son histoire dans la pièce de Katharina Kummer « What did you do when Lady Di died? » © Alex Gotter

Et puis, l’histoire de cette ancienne prof d’islam qui témoigne de pressions au sein de l’institution représentative des musulmans d’Autriche quand elle a décidé d’arrêter de porter le voile. Et si, malgré une façade policée, tous les représentants de l’islam officiel en Autriche n’étaient en réalité pas si convaincus du droit des femmes à décider ? C’est en tout cas ce qu’affirme Zeliha Çiçek, qui thématise cette histoire dans une pièce de théâtre. Pour l’entendre, c’est ici : rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20230309-femmes-et-islam-en-europe-centrale-et-dans-les-balkans

Grüß Gott vs. Guten Tag, le retour

Si je dis guten Tag, je passe tout de suite pour un boche ou un gaucho.

Pour ceux qui se demandent comment on dit « bonjour » en Autriche… C’était le sujet de ma chronique aujourd’hui pour « Accents d’Europe » sur RFI, en début d’émission, suite à une drôle de polémique qui nous a divertis ici en décembre : www.rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20230201-quand-le-salut-autrichien-pose-probl%C3%A8me

L’«esclave galérien» de Kurz passe aux aveux

Calomniateur désaxé ou fidèle trahi par son idole ? L’ancien haut fonctionnaire Thomas Schmid, entièrement dévoué à Sebastian Kurz, chancelier entre 2017 et 2021, qu’il bombardait de textos, doit comparaître jeudi devant une commission d’enquête parlementaire, après avoir coopéré avec le Parquet anticorruption.

«Je ne suis jamais allé aussi loin que là où nous allons maintenant.» Ou encore, adressé directement à l’intéressé : «Je l’aime, mon chancelier.» Une bonne partie de l’Autriche est aujourd’hui en mesure de réciter par cœur les SMS de Thomas Schmid, échangés via messagerie instantanée avec le chancelier d’alors, Sebastian Kurz, ainsi que plusieurs de ses proches. L’ancien haut fonctionnaire était pourtant un homme de l’ombre, avant que la révélation de ces messages vienne braquer le projecteur médiatique sur sa personnalité.

Jeudi, le juriste de 47 ans doit comparaître devant une commission d’enquête parlementaire du Nationalrat, la Chambre basse du pouvoir autrichien. Les députés cherchent en effet à débrouiller les fils d’un tissu d’affaires de corruption révélées dans le sillage du scandale dit d’Ibiza, qui conduisit à la chute du premier gouvernement Kurz en mai 2019. Au cœur du dossier : les messages de Thomas Schmid. Ils dominent la vie politique de la république alpine depuis plus d’un an et demi. Mais leur auteur, lui, brillait jusqu’à présent par son absence.

Comment les textos de Thomas Schmid se sont-ils retrouvés dans les journaux ? … La réponse dans mon article paru hier dans Libération et sur le site du journal.