En Autriche, un nouveau chancelier tiraillé entre l’Est et l’Ouest

Sebastian Kurz reçoit ce mardi son homologue hongrois, le controversé Viktor Orbán. Une visite qui n’a rien d’anodin pour ce conservateur qui a construit son aura politique sur des positions anti-réfugiés et dont le pays prendra cet été la tête du Conseil de l’Union européenne.

Il s’agit d’une simple réunion de travail, non d’une réception officielle – la distinction est symbolique. Reste que le chancelier conservateur Sebastian Kurz reçoit Viktor Orbán à Vienne ce mardi. Selon les médias locaux, le dirigeant hongrois et porte-parole du groupe de Visegrád – cette alliance informelle qui comprend aussi la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie – veut s’assurer de la bienveillance de son nouvel homologue autrichien, en amont du Conseil européen du 23 février. Il rencontrera aussi le vice-chancelier et chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, qui se pique parfois de prendre l’artisan magyar de la «démocratie illibérale» en exemple.

Cette visite de voisinage, effectuée alors que le nouveau gouvernement autrichien est à peine installé, n’est pas anodine. Sebastian Kurz est connu pour son soutien à la Hongrie en matière de politique migratoire, rejetant lui aussi les quotas de réfugiés en Europe et réclamant la fermeture des frontières extérieures de l’Union. «Kurz a été élu sur ses promesses en matière d’immigration et d’asile. Sur ces thèmes, la Hongrie est un partenaire important, qu’il lui faut rencontrer», explique le politologue salzbourgeois Eric Miklin.

Offensive de charme

«Kurz se garde néanmoins d’accueillir Orbán en grande pompe, pour ne pas froisser en Europe de l’Ouest», note le spécialiste. Il est probablement un peu tôt pour l’Autrichien, qui a fait entrer l’extrême droite dans son gouvernement, pour s’afficher avec le représentant de Visegrád, où l’Etat de droit n’a pas le vent en poupe. Au contraire, le chancelier a commencé son mandat par une offensive de charme, bien mise en scène pour les médias. A Bruxelles, à Paris puis à Berlin, il a expliqué que son pays reste «pro-européen», sans élaborer plus concrètement.

Le gouvernement Kurz joue-t-il double jeu ? Pendant la campagne législative, Heinz-Christian Strache s’était prononcé pour que l’Autriche devienne le cinquième membre du groupe de Visegrád. Entré au gouvernement, il a pu nommer la ministre des Affaires étrangères, Karin Kneissl, qui, pour son premier déplacement officiel, a préféré la Slovaquie à la neutre Suisse, comme c’était la coutume. […]

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Une nouvelle ONG pour la défense des droits numériques

Les fondateurs du noyb: Christof Tschohl, Petra Leupold et Max Schrems.
Les fondateurs du NOYB : Christof Tschohl, Petra Leupold et Max Schrems

L’organisation basée en Autriche prévoit de lutter contre les abus dans l’utilisation commerciale des données personnelles.

Elle s’appelle NOYB, pour «None of your business» (ce ne sont pas vos affaires). Ce nom acerbe est trompeur: l’action de cette nouvelle organisation non gouvernementale concerne en fait tout le monde. Le jeune juriste autrichien Max Schrems, qui s’est fait connaître en menant un combat législatif international contre Facebook, a annoncé mercredi matin ses plans pour ce centre européen pour les droits numériques. Si sa campagne de financement continue de se développer positivement, celui-ci ouvrira en février prochain et son siège se tiendra à Vienne.

L’organisation, dont le comité directeur compte, outre son initiateur, un expert de la protection des données et une avocate spécialiste du droit des consommateurs, veut se concentrer sur les abus dans l’utilisation commerciale des informations personnelles. «Certaines multinationales fondent leur modèle économique sur une exploitation illégale de ces data, explique l’activiste. Pour elles, il est plus lucratif de ne pas respecter les lois en la matière.» Afin de contrer ces géants du Net, il a donc mûri depuis quatre ans l’idée d’une ONG qui pourrait coordonner des actions en justice au niveau européen.

En poursuivant Facebook pour ne pas avoir protégé les informations privées de ses utilisateurs – en particulier face aux renseignements américains – Max Schrems a provoqué l’invalidation, il y a deux ans, de l’accord Safe Harbor, qui encadrait les échanges de données de l’Union européenne avec l’Outre-Atlantique. Avec son NOYB, l’Autrichien entend maintenant systématiser cet exemple.

Le 25 mai 2018 entrera en vigueur un nouveau règlement communautaire sur la protection des données, qui renforcera les recours juridiques. […]

Lire la suite sur le site de La Tribune de Genève : www.tdg.ch/monde/ong-defense-numerique-creee-vienne/story/28238330

Renforcement des contrôles à la frontière austro-italienne

La frontière austro-italienne au col du Brenner
Le poste-frontière prêt à être remis en service au col du Brenner. ©C. Béal

Les relations se tendent entre l’Autriche et l’Italie. Il y a quelques semaines, l’annonce par le ministre autrichien de la Défense, le social-démocrate Hans Peter Doskozil, que son pays s’apprêtait à protéger sa frontière en cas de mouvement migratoire massif en provenance du Sud a provoqué un tollé politique en Italie.

Quatre véhicules blindés et 750 soldats sont désormais déployables en quarante-huit heures au col du Brenner, considéré comme le nœud stratégique entre le nord et le sud des Alpes. Une barrière et un poste de contrôle en préfabriqués sont également prêts à être activés. Simples manœuvres électorales en vue des législatives? Force est de constater que sur le terrain, les contrôles s’accentuent.

Escortée par des Alpinis, ces militaires italiens bien identifiables à leurs chapeaux à plumes, une femme noire, avec poussette et enfants, sort de la gare du Brenner, au fond du col qui marque la frontière entre l’Italie et l’Autriche. En s’éloignant vers le poste
de police, le groupe passe devant un stand de saucisses. «Ils n’ont pas le droit de fermer la frontière au sein de l’espace Schengen, mais il y a déjà des contrôles mobiles», fait remarquer le patron en servant des hot-dogs à des touristes.

A quelques centaines de mètres, l’ancienne guérite des douaniers est vide depuis l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne, il y a 22 ans. Mais les forces de l’ordre peuvent toujours
intercepter des véhicules en amont et en aval de la frontière.

Côté autrichien, une centaine de policiers est ainsi affectée à la zone frontalière.  Ponctuellement, ils opèrent des contrôles à des points stratégiques de l’autoroute A13 qui mène à Innsbruck et, 40 kilomètres plus loin, à l’Allemagne. Des patrouilles internationales parcourent aussi les trains qui transitent dans l’étroit col du Brenner. Une dizaine de clandestins sont ainsi interpellés chaque jour.

Mesures de précaution

A moins de deux kilomètres, côté autrichien, un chantier a débuté mardi dernier. «Ici, nous construisons une station de contrôle qui servira surtout pour les trains de marchandise», explique Marius Meisinger, directeur adjoint de la police de l’immigration tyrolienne. Il s’agit d’optimiser les procédures de contrôle et d’en
assurer la sécurité – à la fin de 2016, un jeune Erythréen est mort sur les rails en essayant de passer illégalement en Autriche. Mais, ici non plus, pas question
de contrôles systématiques… pour l’instant. «Il s’agit de mesures de pré-
caution. Si la route migratoire de l’Italie n’est pas réduite, alors la pression sera telle avec les contrôles côté allemand que tous les migrants se retrouveront ici, dans le Tyrol», explique le président du parlement du Land, le conservateur Herwig van Staa.[…]

Lire la suite sur le site de La Tribune de Genève : www.tdg.ch

+ Mon reportage pour « Accents d’Europe » à écouter sur RFI : www.rfi.fr

Le référendum turc polarise en Autriche

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© Puls4/Capture d’écran

« Donnez une réponse aux petits enfants du nazisme » : c’est la demande provocatrice du président Erdogan aux Turcs d’Europe qui peuvent déjà voter, par anticipation, pour le référendum sur le renforcement du pouvoir présidentiel, référendum prévu le 16 avril 2017 en Turquie. Les relations entre l’Union européenne et Ankara se sont fortement tendues après l’interdiction de meetings pro-Erdogan dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Autriche. Dans le pays alpin, les immigrés turcs sont partagés.

Mon reportage pour « Accents d’Europe » a écouter sur le site de RFI : www.rfi.fr/emission/20170405-turquie-referendum-debats-autriche