H-C Strache quitte la vie politique

L’ex-vice-chancelier Heinz-Christian Strache a annoncé mardi son retrait de la vie politique après une série de scandales et la débâcle du parti d’extrême droite aux législatives anticipées de dimanche.

C’est avec un visage d’une grande pâleur qu’Heinz-Christian Strache a annoncé mardi matin son retrait de la vie politique. Il y a quatre mois, l’ancien vice-chancelier autrichien avait déjà démissionné de la tête de son parti d’extrême droite, le FPÖ. Il va plus loin et rend maintenant sa carte, avec l’intention de protéger sa «famille» politique des «calomnies» dont il fait l’objet.

Cette décision intervient alors que le FPÖ a subi une défaite douloureuse aux législatives anticipées de dimanche, avec une perte d’environ 10% des suffrages par rapport à 2017 au profit du parti conservateur de Sebastian Kurz et des Verts. Une semaine avant le scrutin, des journaux avaient dévoilé que Heinz-Christian Strache faisait l’objet d’une enquête concernant des soupçons de malversation. Lire la suite « H-C Strache quitte la vie politique »

Dans un train de nuit en Autriche, discussions vertes avant les législatives

Deux articles pour Libération, pour vous parler du vote de dimanche, qui nous tient en haleine.

Le contexte : www.liberation.fr/planete/2019/09/26/elections-en-autriche-les-conservateurs-favoris-la-coalition-en-question_1753839

Et puis ce reportage.

Entre couchettes de première et compartiments de seconde, les Autrichiens parlent de ce mode de transport et de l’écologie qui s’est imposée dans la campagne électorale.

Vienne, gare centrale, 23 heures. Norbert Steinkopf patiente tranquillement. La compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB lui a envoyé un mail pour le prévenir que son Nightjet 246 à destination de Brégence partirait avec neuf minutes de retard. Le jeune informaticien allemand affectionne les trains de nuit. «C’est dommage que chez nous, en Allemagne, il n’y en ait plus». Alors que la plupart des pays européens liquident leurs lignes de nuit, la compagnie OBB investit à tour de bras. Elle en a même racheté à la Deutsche Bahn allemande. Un choix probablement rentable, car les Autrichiens n’hésitent pas à utiliser ce mode de transport. En moyenne, un Autrichien parcourt près de 1 400 kilomètres de rails par an. En Europe, seuls les Suisses font mieux.

«Si tous les pays pouvaient penser comme l’Autriche…» soupire un quinquagénaire en veste vert citron, avant de grimper dans un wagon. Lire la suite « Dans un train de nuit en Autriche, discussions vertes avant les législatives »

L’Autriche a une chancelière… et redécouvre son président

Ce lundi matin, le président de la République autrichienne, Alexander Van der Bellen, a intronisé le gouvernement de transition qui sera mené par Brigitte Bierlein. Une femme prend, pour la première fois, la tête de l’Autriche. Mais est-ce que le président va retourner dans l’ombre ? Ces derniers jours, l’ancien écolo avait pris les choses en main, avec un certain succès. Extrait de mon article pour Libé :

A la faveur de l’Ibizagate, qui a fait tomber le gouvernement de droite et d’extrême droite, l’ancien chef des Verts autrichiens, jadis parcimonieux dans son expression, est sorti de son rôle protocolaire pour se poser en garant de la Constitution.

Il a pris le temps de se rendre aux obsèques du champion de F1 Niki Lauda. Et de se laisser prendre en photo alors qu’il promenait son chien sur les pelouses publiques devant la Hofburg, le palais présidentiel viennois. Tout en gérant depuis deux semaines une crise gouvernementale inédite dans l’histoire moderne de l’Autriche. Alexander Van der Bellen, le président dont on croyait le rôle purement symbolique, est la grande révélation du moment en Autriche. Il a repris en main la gestion de la République depuis la destitution du chancelier Sebastian Kurz, lundi dernier, avec une adresse souveraine et un esprit de consensus largement salués dans le pays. L’ancien chef des Verts autrichiens est le grand gagnant de la crise.

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« Sebastian Kurz chancelle »

Hier, le chancelier conservateur, plombé par l’affaire d’Ibiza, est tombé après une motion de censure. Une première dans l’histoire de la Seconde république autrichienne. Je vous racontais hier cette journée historique dans Libération. Extrait :

La cheffe des sociaux-démocrates a exposé les motifs de la motion de censure devant des députés très échauffés. Sebastian Kurz, qui s’est engagé dans une coalition avec l’extrême droite «en dépit de tous les avertissements», serait «responsable de la situation actuelle». Pamela Rendi-Wagner tacle également sa gestion de crise. Cette dernière semaine, il aurait tenté de former un gouvernement sans majorité parlementaire. Nuque raide, Sebastian Kurz, assis sur le banc du gouvernement, détourne la tête avec un sourire narquois.

La suite est à lire dans le journal du jour ou ici : www.liberation.fr/planete/2019/05/27/autriche-sebastian-kurz-chancelle-finalement_1729968

Sebastian Kurz a été renversé par le parlement, le très bon score de son parti aux élections européennes de dimanche n’a en rien changé la détermination des députés sociaux-démocrates, d’extrême droite et du petit parti Jetzt.

Hier, j’analysais aussi les résultats de ces européennes, captivantes en Autriche. Joie des conservateurs, soulagement de l’extrême droite, les Verts qui jouent au phœnix… c’était dans Accents d’Europe (à partir de 8:00) : www.rfi.fr/emission/20190527-europe-elections-parlement-verts-allemagne-grunen-populistes-marche-climat-brexit

 

 

Comment l’Autriche est-elle devenue championne du monde du bio ?

Pour se détendre un peu après tous ces rebondissements politiques, un point sur le modèle agricole autrichien. Avec près d’un quart des cultures faites en bio, le pays domine le top mondial. Comment, pourquoi, depuis quand ? J’expliquais tout ça lundi dernier dans Libé.

Du boudin, bio. Une part de poêlée de pommes-de-terre, bio. Un schnaps, bio, bien sûr.

Les commandes s‘enchaînent à la petite échoppe sur le marché de la Freyung, au centre de Vienne, en Autriche. Le patron, une figure locale qui ne se présente que par son prénom, Hermann, est issu d’une lignée d’agriculteurs biologiques qui remonte à ses arrières-grands-parents.

«Nous avons une petite exploitation dans les Pré-Alpes. Ce n’est pas possible pour nous de nous agrandir, alors on mise sur le fait d’être petits, mais honnêtes», explique-t-il avec un clin d’œil. Lire la suite « Comment l’Autriche est-elle devenue championne du monde du bio ? »

La démission du vice-chancelier et ses suites

Samedi, le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, a démissionné. Il a également renoncé à la direction de sa formation politique, le FPÖ, ou Parti de la liberté, d’extrême droite. En cause : une vidéo, tournée en 2017 mais parue la veille, qui le montre en train de faire miroiter des contrats publics à une supposée oligarque russe, en échange d’un financement pour sa campagne. Dans la soirée, le chancelier conservateur, Sebastian Kurz, annonçait la fin de sa coalition avec le FPÖ et l’organisation d’élections anticipées. Tout au long de la journée de samedi, des milliers d’opposants au gouvernement se sont rassemblés à Vienne pour suivre ensemble les différentes annonces.

Manif devant la chancellerie

Samedi, j’écrivais un reportage : www.liberation.fr/planete/2019/05/18/demission-du-vice-chancelier-autrichien-le-fpo-a-implose_1727992

Dimanche, un point sur la suite des événements : www.liberation.fr/planete/2019/05/19/en-autriche-l-extreme-droite-valse-le-chancelier-vacille_1728147

Quant à l’ambiance qui régnait à Vienne dans cette passionnante journée de samedi, vous pourrez l’entendre cet après-midi dans Accents d’Europe sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190520