L’Autriche interdit le port du voile islamique intégral (et le maquillage de clown)

Klaus Werner-Lobo, organisateur de la manifestation contre la loi interdisant de se couvrir le visage
Klaus Werner-Lobo, activiste et clown, proteste devant le parlement autrichien.

La législation qui vise l’islam radical arrive à point nommé pour le gouvernement centriste dans une campagne dominée par le thème de l’immigration.

Aucune porteuse de burqa, mais quelques clowns et une touriste asiatique qui portait un masque chirurgical sans ordonnance médicale ont déjà eu maille à partir avec la nouvelle législation, entrée en vigueur ce dimanche, qui interdit de se dissimuler le visage dans les lieux publics autrichiens. Cette loi, qui vise en réalité à proscrire le voile islamique intégral, fait partie d’un ensemble de mesures pour l’intégration, comprenant également des cours d’allemand et des travaux d’intérêt général obligatoires pour les demandeurs d’asile.

«L’acceptation et le respect des valeurs autrichiennes sont des conditions de base d’une cohabitation réussie entre la population autrichienne et les citoyens de pays tiers vivant en Autriche», fait valoir la coalition au pouvoir entre sociaux-démocrates et conservateurs. Même si les musulmanes couvrant leur visage sont une infime minorité dans la République fédérale, Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration et favori des sondages pour la Chancellerie, explique qu’il est important de ne pas réagir à la montée de l’islamisme en Europe par une «tolérance mal à propos».

Pour s’abriter du soupçon de discrimination religieuse, le texte a été formulé de manière très générale… et un peu improbable. Sur la brochure explicative (cf image) éditée par le Ministère de l’intérieur, on apprend ainsi qu’outre le voile intégral, le port du cache-nez est aussi proscrit, sauf en cas de grand froid. Un maquillage de clown? Interdit hors carnaval.

Extrait de la brochure autrichienne officielle sur l'interdiction de se couvrir le visage
« Autorisé », « autorisé (dans certaines conditions) ». « interdit »

Protestations et amendes

A Vienne, trois activistes qui ont refusé dimanche de se découvrir devront payer une amende dont le montant peut atteindre 150 euros. Ils ont été interpellés en marge d’une manifestation où environ 250 participants protestaient, encagoulés, maquillés ou voilés, contre le tournant restrictif du gouvernement. «Personne ne trouve cela bien que des femmes soient forcées de se voiler, expliquait l’organisateur, Klaus Werner-Lobo, mais cette interdiction ne résout rien. C’est juste une seconde punition pour elles.» […]

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Les clowns mènent la marche contre l'interdiction de la burqa dans les rues de Vienne - sur fonds de campagne
« Contre la solitude » – des clowns qui protestent contre la loi anti-burqa autrichienne, sur fond de campagne pour les législatives

Le FPÖ n’est plus tabou pour la gauche autrichienne

La question d’une coalition avec l’extrême droite au lendemain des élections législatives d’octobre occupera les sociaux-démocrates autrichiens lors d’une réunion au sommet ce mercredi.

Avant de lancer sa campagne pour les élections législatives, le Parti social-démocrate autrichien doit résoudre un dilemme qui l’occupe depuis des semaines: faut-il continuer d’exclure une coalition avec le Parti de la liberté (FPÖ) au niveau fédéral?

Jusque-là taboue, une alliance avec cette formation d’extrême droite semble désormais la seule solution pour rester au gouvernement après les législatives anticipées d’octobre. Les instances dirigeantes du parti espèrent surmonter leurs dissensions sur ce point lors d’une réunion à Vienne aujourd’hui. Parmi les solutions envisagées: une consultation des adhérents et un catalogue de critères qui encadrera toute collaboration gouvernementale future.

Il s’agit pour les sociaux-démocrates de se trouver un nouvel allié après l’effondrement, le mois dernier, de leur coalition avec les conservateurs du Parti populaire. Depuis trente ans, la «grande coalition» entre ces deux blocs n’avait connu qu’une interruption: en 1999, le conservateur Wolfgang Schüssel formait, à l’issue de négociations secrètes, un gouvernement avec le FPÖ. Les sociaux-démocrates avaient alors gonflé les rangs des nombreuses manifestations de protestation qui s’en suivirent. Pour eux, ce parti était tabou depuis sa reprise en 1986 par le sulfureux Jörg Haider.

Mais l’année dernière, pour la première fois, le candidat social-démocrate a échoué à passer le premier tour de l’élection présidentielle, alors que le souriant Norbert Hofer raflait 35% des suffrages pour le FPÖ. Dans le scrutin législatif à venir, celui-ci s’annonce encore une fois comme un challenger sérieux.

«Il n’est plus possible pour le SPÖ d’exclure un parti qui progresse constamment», explique la politologue Kathrin Stainer-Hämmerle. …

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L’Autriche veut exclure les travailleurs étrangers des nouveaux emplois

Le gouvernement de coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs prévoit une prime à la création d’emploi dont seraient exclus les travailleurs de l’UE qui ne sont pas déjà installés en Autriche.

Dans le parc du Prater, à Vienne, Martina Michelfeit fait tourner une écurie. Trente chevaux, une dizaine d’employés en saison, cochers et garçons d’écurie. «Jusqu’ici, je ne fais presque pas d’affaires via Internet, mais maintenant, je vais embaucher quelqu’un pour s’occuper de mon site, se réjouit la patronne. J’attends juste de savoir à partir de quand la subvention va vraiment marcher.» Ponctuellement, Martina Michelfeit fait appel à un informaticien au chômage pour de petits travaux. Elle compte désormais lui proposer un contrat à durée indéterminée, encouragée par la perspective de toucher une prime à la création d’emploi, voulue par le gouvernement autrichien.

Sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP) prévoient de réduire, de moitié et pendant trois ans, les charges patronales sur les emplois nouvellement créés. Cette prime est cependant réservée aux contrats des travailleurs déjà présents sur le marché autrichien, qu’ils soient chômeurs, fraîchement diplômés ou déjà en activité. En revanche, et alors que certains immigrants extra-européens particulièrement qualifiés pourront profiter de la mesure, les citoyens de l’UE qui souhaiteraient venir travailler en Autriche en sont, eux, bel et bien exclus. […]

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Des militants anti-Etat inquiètent l’Autriche

Un retraité comparaissait ce lundi pour résistance à l’autorité publique et menaces dangereuses. Des faits qui se multiplient.

«Je reconnais l’autorité de ce tribunal», a finalement déclaré Alfred S. L’ancien membre du mouvement anti-Etat One People’s Public Trust (OPPT) a reconnu avoir menacé de nombreux fonctionnaires pour échapper à des poursuites judiciaires. Son repentir lui a évité la prison; il restera douze mois en probation. Le cas de ce retraité n’est pas isolé: les organisations anti-Etat, qui nient la légitimité des lois, sont un casse-tête pour les autorités.

Chaque mois, jusqu’à 150 citoyens déclarent «résilier» leur appartenance à l’Etat autrichien et 20 000 autres seraient susceptibles de leur emboîter le pas, selon les estimations officielles. Le Ministère de l’intérieur a décidé de sévir. […]

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