Vous avez sans doute déjà entendu parler du syndrome d’Asperger. C’est une forme d’autisme dans laquelle des difficultés dans les interactions sociales sont souvent associées à de grandes compétences, parfois même exceptionnelles. Plusieurs personnalités ont déclaré avoir reçu ce diagnostique : de la chanteuse écossaise Susan Boyle à l’informaticien Bram Cohen en passant par l’inventeur du jeu vidéo Pokemon, Satoshi Tajiri.
Peut-être moins connue, l’histoire de Hans Asperger, le pédiatre autrichien, pionnier des recherches sur l’autisme, qui lui donne son nom. Était-il un héros ou un soutien des nazis ? Le chercheur Herwig Czech, de l’Université viennoise de médecine, a publié récemment une étude sur le sujet, sa réponse est plus désolante que prévu. Mes explications dans l’émission « Au bout du jour » de la RTBF : www.rtbf.be/auvio/detail_au-bout-du-jour?id=2353291 (cliquer sur « télécharger », en bas)
Selon les dernières études épidémiologiques, le nombre de personnes souffrant de démence liée à l’âge double désormais tous les 20 ans. En Autriche, on dénombre environ 130 000 cas. La maladie est un défi pour les familles, le personnel soignant mais aussi pour la police. Que faire face à des personnes au comportement inhabituel ou désorientées ? Les responsables autrichiens sont à la recherche de solutions. J’ai fait un reportage, que vous pouvez écouter sur le site d’Accents d’Europe de RFI : www.rfi.fr/emission/20180424-policiers-autrichiens-plus-pres-malades-alzheimer
Depuis décembre dernier, l’Autriche est dirigée par une coalition de la droite conservatrice avec l’extrême droite du parti FPÖ, suite à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’asile. Alors qu’ils sont souvent accusés de communautarisme, certains musulmans autrichiens répondent en dénonçant ce racisme ambiant. C’est le cas de l’association « Réseau de la société civile musulmane », qui va même jusqu’à organiser un cours d’autodéfense pour les femmes et en particulier les porteuses de voile ! J’ai demandé à ses participantes pourquoi elles y sont venues. Elles sont très intéressantes et vous pouvez les écouter ici : www.rfi.fr/emission/2018040 (à partir de 6’50)
Mon entretien avec la skieuse Nicola Spiess-Werdenigg publié aujourd’hui dans Libération.
#metoo – Nicola Spiess-Werdenigg dénonce les abus de pouvoir dans le sport.
Fin novembre, la championne autrichienne de ski Nicola Spiess-Werdenigg, quatrième de la descente des JO d’Innsbruck en 1976, révélait dans la presse qu’un membre de son équipe l’avait violée alors qu’elle avait 16 ans. Son exemple a été suivi par plusieurs autres skieuses, qui ont témoigné depuis d’abus sexuels subis dans le circuit professionnel. Juste avant les Jeux de Pyeongchang, l’entraîneur de légende Karl «Charly» Kahr a été lui aussi mis en cause. D’autres cas de bizutage, viols et pédophilie dans les académies de sports d’hiver du pays, dont certains seraient récents, remontent également à la surface. Rencontre.
Vous témoignez d’un climat de violences sexuelles envers les skieuses autrichiennes dans les années 70. A votre connaissance, perdure-t-il aujourd’hui ?
A l’époque, ces pratiques étaient monnaie courante à cause de certains responsables. Aujourd’hui, la Fédération autrichienne de ski, ÖSV, a évolué. Pourtant le sexisme perdure. Il y a quelques semaines, le chef de la Fédération expliquait encore que les femmes ne pouvaient que difficilement occuper des postes à responsabilité dans son organisation puisque cela impliquait beaucoup de voyages, ce qui n’est pas adapté pour les mères… Les idées sont en partie restées les mêmes, ainsi que le réflexe de passer les problèmes sous silence, comme ce qui se passe dans les internats de ski, apparemment encore aujourd’hui ! [Le quotidien Der Standard rapporte que des parents ont porté plainte en novembre contre un entraîneur soupçonné d’attouchements sexuels, ndlr]. La réponse de la Fédération est de régler les affaires en interne, à sa manière patriarcale.
Comment expliquer que de tels abus puissent rester si longtemps impunis ?
Avec Peter Schröcksnadel, nous avons depuis vingt-sept ans un homme très puissant à la tête de la Fédération, un chef d’entreprise qui dispose d’un réseau établi depuis les années 80. Il considère probablement comme une grande qualité humaine de protéger les siens du scandale. Or le ski autrichien a des alliés dans la politique, l’économie et les médias. C’est un système très influent qui peut empêcher les victimes de faire carrière si elles ne jouent pas le jeu, alors que les éventuels témoins ou journalistes sont, eux, rendus dociles par des cadeaux ou des faveurs. Les abus de pouvoir sont facilités parce que tout fonctionne en système clos, avec des athlètes qui baignent dans ce milieu dès l’enfance. On retrouve de telles dynamiques dans les équipages de navires ou les internats, par exemple. Sauf que, dans les fédérations, elles se mêlent au plaisir du sport. Les sportifs sont perpétuellement à la recherche d’une validation personnelle, cela entretient leur dépendance à la figure du leader.
Est-ce une particularité autrichienne ?
En Autriche, le ski est devenu une partie de l’identité nationale dans l’après-guerre, alors que le pays n’avait pas bien fait son travail de dénazification. […]
Des « Omas gegen rechts », les mamies contre l’extrême droite avec leurs bonnets roses, sur la place des Héros, à Vienne
Depuis deux mois, une coalition de la droite et de l’extrême droite gouverne l’Autriche. Il y a 18 ans, une première association droite/FPÖ avait provoqué des vagues de protestation massives. Aujourd’hui, les mouvements de contestation n’ameutent plus les foules. Pourtant, il existe encore des résistants à Vienne, comme ces mamies aux bonnets roses et des jeunes chanteurs engagés – deux générations liées par le même souci de responsabilité morale : www.rfi.fr/emission/20180219-autriche-extreme-droite-italie-attaque-raciste-trafic-enfants-haggarty-yezidis
Un lien vers la chanson « Was? » du groupe Wende Punkt, arrivé en quatrième place lors du « Concours de la chanson protestataire » au théâtre Rabenhof : www.wendepunktpunkt.at/wp/videos