70 ans après sa réouverture, plus de nuances face au mythe du Staatsoper

Après les destructions de 1945, l’auditorium du Staatsoper a été modernisé.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Autriche, annexée par l’Allemagne nazie puis bombardée, doit se reconstruire et se réinventer. Pour cela, elle met la culture à contribution. Symbole de raffinement, l’opéra d’État de Vienne rouvre ses portes en 1955. Et s’il reste aujourd’hui une gloire nationale, le Staatsoper est cependant considéré avec un regard plus nuancé. Dernier acte des commémorations des 70 ans de sa réouverture en grande pompe, cette scène nationale a présenté mardi dernier une nouvelle mise en scène du Fidelio de Beethoven. J’ai assisté aux préparatifs et mon reportage a été diffusé mardi par Accents d’Europe sur RFI. Réécoute ici (13’45).

Une plaque commémore désormais les membres du personnel de l’opéra victime du nazisme : un regard actualisé sur le mythe de la réouverture et de la nouvelle identité nationale en 1955..

Jeunes, exilés et hors-système scolaire en Autriche

En Autriche, le sujet de l’immigration divise. L’extrême droite, arrivée en tête des législatives de septembre 2024, distille un discours anti-migrants sur les réfugiés, en particulier les plus jeunes, qui seraient de potentiels criminels. Mais le public connaît moins la réalité de la scolarisation précaire de ces jeunes venus d’ailleurs… Quelque 1 200 adolescents de 14 à 18 ans, principalement des garçons, ont déposé une demande d’asile en Autriche entre janvier et septembre 2025. Mais dès leurs 15 ans, ils ne sont, pour beaucoup d’entre eux, plus accueillis dans les collèges et lycées de leur pays d’accueil. Comment aider ces jeunes hors-système, souvent « mineurs non-accompagnés » ? Mon reportage auprès d’une association qui a pris le relai de l’école, à Vienne, est à ré-écouter sur le site de l’émission Accents d’Europe de RFI.

Neu im Land, zu alt für die Schule

Ein Projekt hilft jungen Asylsuchenden, Bildungslücken zu verringern

Was ist ein trennbares Verb? Ist der Artikel der, die oder das? Und warum ist es wichtig, pünktlich zu erscheinen und ruhig zu sitzen? All das lernen Kinder, die in Österreich aufwachsen, in der Volksschule. Wer jedoch später ins Land kommt und das Alter der Schulpflicht bereits überschritten hat, kann in der Regel nicht mehr in das allgemeine Bildungssystem aufgenommen werden. Viele Neuankömmlinge, die in ihren Herkunftsländern und auf der Flucht kaum jemals einen Klassenraum von innen gesehen haben, müssen aber viel Basiswissen nachholen. Die gemeinnützige Organisation Sozialwerk Don Bosco bietet deshalb seit 2012 in Wien Unterricht für 40 Geflüchtete ab 15 Jahren an. Im Rahmen des Projekts « Amos » lernen sie nicht nur Deutsch und Mathematik, sondern auch, wie Schule überhaupt funktioniert. Auch für sie hat das Schuljahr im September begonnen.

Diese Reportage von mir wurde am 15.10 auf Ö1 gesendet und bleibt noch drei Wochen online, und zwar hier.

A Vienne, cachez ce «balcon d’Hitler» que l’Autriche ne saurait voir

En amont des commémorations de la fin du nazisme, des historiens relancent l’idée de transformer en mémorial la vaste terrasse du palais d’où le dirigeant nazi avait célébré l’Anschluss, en 1938.

Le « balcon » est en fait une vaste terrasse…

Et si on y déposait un grand bloc de granit venu du camp de concentration de Mauthausen ? Il serait alors impossible d’admirer cet imposant balcon sans une pensée pour les horreurs nazies et la responsabilité de l’Autriche. C’est l’une des trois propositions utopiques mises en maquettes et exposées à partir de ce mardi 22 avril au Musée de l’histoire de l’Autriche. L’institution souhaite relancer le débat au sujet du balcon de l’ancien palais impérial de Vienne, duquel Adolf Hitler avait célébré l’Anschluss le 15 mars 1938. Le dictateur y avait proclamé la dissolution de l’Etat autrichien et son rattachement au IIIe Reich devant une foule en liesse.

Plusieurs historiens et personnalités de la vie intellectuelle autrichienne appellent aujourd’hui à réaménager ce lieu symbolique, alors que l’Europe s’apprête à célébrer les quatre-vingts ans de la fin du nazisme, en mai, et l’Autriche la proclamation de sa Seconde république ce dimanche 27 avril. Car le «balcon d’Hitler» – en réalité, il s’agit d’une vaste terrasse – ne fait, à ce jour, l’objet d’aucune intervention mémorielle extérieure et son avenir est incertain, le Musée de l’histoire, dont il dépend depuis sept ans, devant déménager en 2028.

C’est «une friche mémorielle qui fait honte» […] La suite sur le site de Libération.

A Vienne, une manifestation contre «la menace imminente» de l’extrême droite au pouvoir

Craignant que le parti FPÖ d’Herbert Kickl, chargé de former un gouvernement après les élections de septembre, accède pour la première fois à la chancellerie, la société civile a organisé un grand rassemblement jeudi 9 janvier pour «mettre les partis devant leurs responsabilités».

Dans la chaîne humaine autour de la chancellerie, des manifestants demandent « plus d’amour ».

«Contre le racisme et le démontage social» scande la foule en direction des pilastres baroques de la chancellerie fédérale – ou «Dehors, les nazis» pour les plus remontés. Au moins 25 000 personnes, selon la police, sont venues exprimer leur inquiétude, dans la soirée du jeudi 9 janvier, alors que l’extrême droite semble sur le point d’accéder, pour la première fois depuis 1945, à la tête du gouvernement autrichien. Mardi, le président de la République a en effet confié à Herbert Kickl la responsabilité de chercher une majorité pour gouverner. Si son Parti de la Liberté, le FPÖ, a déjà participé au pouvoir en tant que parti minoritaire, il n’a jamais occupé la chancellerie dans la république alpine aux 9 millions d’habitants.

Trois mois après des législatives remportées par cet allié de Marine Le Pen en Europe (avec 29 % des suffrages), cette décision du Président est un coup de théâtre, qui résulte de l’échec, le week-end dernier, des pourparlers de coalition entre trois partis du bloc central. Opérant une volte-face, le parti conservateur (26,3 %) a rapidement accepté de négocier avec Kickl, dans l’optique de constituer un gouvernement mené par ce dernier. Enterrant de fait une tentative récente d’établir un «cordon sanitaire» pour exclure les troupes de Kickl du pouvoir fédéral.

En formant une chaîne humaine autour de la chancellerie, les manifestants ont recréé jeudi soir ce soir un autre cordon symbolique, pour «défendre la démocratie» selon les organisateurs. «Je n’aurais pas pensé me retrouver encore là aujourd’hui», souffle Jürgen […] –> La suite sur le site du journal : liberation.fr