Les réfugié.e.s LGBT+ résistent avec les associations face au gouvernement

J’ai écrit un reportage un peu plus long pour le pure player LGBT+ Komitid. C’est un sujet très intéressant, avec des photos de moi et de Jens Lindworsky. Un aperçu ici : www.komitid.fr/2019/01/17/

Extrait

À l’avant d’une scène installée sur un camion, Henrie Dennis lève le poing. « Non, je ne me tairai pas, crie-t-elle, car le silence est un privilège que je ne peux pas me permettre ». Les manifestant.e.s applaudissent. En ce jeudi soir, deux à trois mille personnes sont venues défiler sur le boulevard du Ring, à Vienne. Il fait froid, mais c’est un autre climat qui fait frissonner l’oratrice. Fondatrice de l’association Afro Rainbow Austria pour les migrant.e.s africain.e.s LGBT+, elle évoque un « climat de racisme et d’intolérance qui règne actuellement en Autriche » et qui lui donne le sentiment qu’il devient risqué pour elle, femme noire et lesbienne, de sortir de chez elle.

Des manifestations sont organisées toutes les semaines dans la capitale autrichienne contre le gouvernement de coalition droite-extrême droite de Sebastian Kurz, au pouvoir depuis un peu plus d’un an. Chaque jeudi, un collectif différent en définit le thème. Ce 10 janvier, Queer Base, une association LGBT+ d’aide aux réfugié.e.s, a dédié la soirée à la solidarité avec les personnes marginalisées. Les membres de la communauté LGBT+ sont venus en nombre, comme Stefan, étudiant en Arts appliqués. « Je suis venu montrer ma solidarité avec tous les réfugié.e.s », précise-t-il, « même si je me sens un peu plus proche de ceux qui sont queer». […]

Mais pourquoi les loyers à Vienne sont-ils (comparativement) si bas ?

Gottfried Pacik
Gottfried P. devant une des tours d’Alterlaa, un grand ensemble (avec piscine sur le toit !) emblématique de Vienne.

Cela tient à l’histoire de la ville, que le rideau de fer avait reléguée aux confins de l’Europe de l’Ouest, mais surtout à une politique de logement sociaux assez particulière, initiée il y a presque un siècle. Ce n’est donc pas de la magie ! Dans mon reportage, quelques habitants vous disent leurs loyers de rêve et vous apprendrez ce que dit une géographe sur la question. C’est dans Accents d’Europe sur RFI, dans l’émission diffusée hier et que vous pouvez encore écouter ici : rfi.fr/emission/20190102

« Il est vrai qu’on a davantage parlé dernièrement de la coalition conservateurs/populistes au pouvoir dans le pays, mais il faut savoir que Vienne brille pour bien autre chose : pour la faiblesse de ses loyers. En moyenne dix euros le mètre carré, contre 26 à Paris. Et ce, grâce à l’intervention des pouvoirs publics. Reportage sur place de Céline Béal. »

Vienne : les Asiatiques ont perdu la guerre des vélos en libre-service

Rien de plus facile aujourd’hui que d’utiliser un des vélos en libre-service dans les grandes villes européennes. Mais une nouvelle génération, venue d’Asie, a débarqué à Vienne : des bicyclettes « sans station », que l’on peut louer et rendre à n’importe quel endroit. Sauf que ce modèle ne fonctionne pas… Surprenant ? Mon papier dans Accents d’Europe, à écouter ici (à partir de 11:30) : www.rfi.fr/emission/20180907

Michael Häupl, un monument de moins à Vienne

Le maire historique de la ville prend sa retraite après vingt-quatre ans et son départ pose au parti social-démocrate autrichien la délicate question de la direction à prendre face au succès de l’extrême droite.

«Qu’on apporte le Spritz au vin blanc !» Après vingt-quatre ans à ce poste, le maire de Vienne, Michael Häupl, part à la retraite. Peut-être prononcera-t-il encore ce qui passe pour être sa phrase préférée, pour les fans. Appétit, humour bon enfant et répliques abrasives, il remballe l’attirail qui l’a élevé au rang d’icône et passe le flambeau, aujourd’hui, à un autre social-démocrate, Michael Ludwig. Vienne, dirigé par la gauche en coalition avec les Verts, reste un bastion de la résistance au gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, en coalition, lui, avec l’extrême droite du Parti de la liberté (FPÖ). Mais la ville perd aujourd’hui un monument.

Le 1er mai, une centaine de milliers de camarades ont fêté la social-démocratie, qui règne sur la ville depuis un siècle (à l’exception des années fascistes). Peut-être par nostalgie, ils étaient plus nombreux que ces dernières années. Certains et certaines arboraient une moustache grise factice, dernier hommage au chef sur le départ. «Pour les Viennois, Michael Häupl est devenu cool», explique Eva Zeglowits. Selon cette politologue spécialiste du comportement électoral, «il est perçu comme proche du peuple, sans être rétrograde», à la différence de beaucoup de ses collègues autrichiens qui écument les kermesses en habit traditionnel. «Avec Häupl, Vienne est devenu plus urbain», récapitule de son côté le conseiller municipal en charge de la culture, Andreas Mailath-Pokorny, qui fait lui aussi ses bagages, après dix-sept ans de service. «Ce n’est plus une ville-musée, mais une capitale de la culture contemporaine, avec une vie étudiante et scientifique», se rengorge-t-il. Couronnement de l’ère Häupl, sa cité a été désignée pour la neuvième fois d’affilée «ville où il fait le mieux vivre au monde» dans le classement Mercer.

«Aile droite»

Électoralement, Michael Häupl a aussi marqué des points en se posant en adversaire principal du Parti de la liberté. En 2005, il obtient même la majorité absolue en renvoyant Jörg Haider dans les cordes avec un féroce : «Aucune place pour l’antisémitisme à Vienne.» En 2015, il en repasse une couche sur le nouveau leader de la formation d’extrême droite, Heinz-Christian Strache, cette fois sur la question du retour des jihadistes autrichiens : «Je ne renvoie aucun enfant de ma ville sous les canons de l’EI.» Pourtant, le XIe arrondissement tombe. Loin du cossu centre-ville, ce quartier ouvrier élit le premier maire d’arrondissement FPÖ.

D’autres circonscriptions sont menacées ; une fronde se forme au sein du personnel social-démocrate. «Les quartiers périphériques, en particulier, ne se sentaient pas assez représentés à la mairie», explique la toute nouvelle secrétaire générale de l’antenne viennoise du parti, Barbara Novak. Son chef était le meneur des «rebelles» : Michael Ludwig, aujourd’hui nouveau maire de Vienne. Après des années de conflit larvé, il s’est imposé lors d’un vote interne, contre la recommandation de Michael Häupl. Sur quelle voie va-t-il mener la centenaire «Vienne la rouge» ? Les médias locaux le présentent comme un tenant d’une «aile droite» de son parti, qui défend une ligne plus dure sur l’immigration. Un autre représentant en est Hans Niessl, qui a fait des vagues en choisissant, il y a trois ans, le Parti de la liberté comme partenaire de coalition pour gouverner une région voisine, le Burgenland.

«Alternative au relent conservateur et nationaliste»

«Personne au sein de la section viennoise ne veut entrer en coalition avec le FPÖ !» assure maintenant Barbara Novak. […]

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