La justice sous pression

Sabine Matejka
Sabine Matejka, présidente de l’Association des juges d’Autriche

Si ces attaques, ces tentatives de discréditer l’État de droit, se multiplient encore, alors celui-ci sera vraiment en danger, parce que cela modifie la perception qu’a la population de l’État de droit et de ses institutions » – Sabine Matejka

Le ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl, idéologue du parti de la liberté, le parti d’extrême droite a créé la frayeur parmi les juges. Dans une interview récente sur les droits de l’homme et les migrants, il affirmait que « c’est au droit de suivre la politique, et non à la politique de suivre le droit« . Une déclaration inquiétante, alors que la justice autrichienne revendique son indépendance, même si elle manque de moyens. Mon reportage diffusé hier par « Accents d’Europe » sur RFI :  www.rfi.fr/emission/20190313

Adieu au plastique et Vienne fait de la résistance

Que s’est-il donc passé en Autriche cette dernière semaine ?

D’abord, la municipalité de Vienne a fait de la résistance en annonçant qu’elle refuserait d’appliquer la réforme de l’aide sociale élaborée par le gouvernement fédéral. Ou bien les sociaux-démocrates viennois sont-ils surtout entrés en campagne pour les élections municipales de l’année prochaine ? Mon papier à retrouver dans Accents d’Europe (11’45) : www.rfi.fr/emission/20190118-europe-resistance.

Ensuite, les Autrichiens se sont réjouis de l’interdiction des sacs plastiques dans le commerce, qui prendra effet en 2020. Les Français ont déjà l’habitude, mais ce n’est pas partout pareil et j’ai expliqué tout ça à l’antenne de la RTBF belge : www.rtbf.be/auvio/detail_la-semaine-de-l-europe. Vous entendrez que l’experte que j’ai interviewée rappelle que, maintenant, il est grand temps de s’attaquer à un plus gros problème : les bouteilles en plastique !

 

Les réfugié.e.s LGBT+ résistent avec les associations face au gouvernement

J’ai écrit un reportage un peu plus long pour le pure player LGBT+ Komitid. C’est un sujet très intéressant, avec des photos de moi et de Jens Lindworsky. Un aperçu ici : www.komitid.fr/2019/01/17/

Extrait

À l’avant d’une scène installée sur un camion, Henrie Dennis lève le poing. « Non, je ne me tairai pas, crie-t-elle, car le silence est un privilège que je ne peux pas me permettre ». Les manifestant.e.s applaudissent. En ce jeudi soir, deux à trois mille personnes sont venues défiler sur le boulevard du Ring, à Vienne. Il fait froid, mais c’est un autre climat qui fait frissonner l’oratrice. Fondatrice de l’association Afro Rainbow Austria pour les migrant.e.s africain.e.s LGBT+, elle évoque un « climat de racisme et d’intolérance qui règne actuellement en Autriche » et qui lui donne le sentiment qu’il devient risqué pour elle, femme noire et lesbienne, de sortir de chez elle.

Des manifestations sont organisées toutes les semaines dans la capitale autrichienne contre le gouvernement de coalition droite-extrême droite de Sebastian Kurz, au pouvoir depuis un peu plus d’un an. Chaque jeudi, un collectif différent en définit le thème. Ce 10 janvier, Queer Base, une association LGBT+ d’aide aux réfugié.e.s, a dédié la soirée à la solidarité avec les personnes marginalisées. Les membres de la communauté LGBT+ sont venus en nombre, comme Stefan, étudiant en Arts appliqués. « Je suis venu montrer ma solidarité avec tous les réfugié.e.s », précise-t-il, « même si je me sens un peu plus proche de ceux qui sont queer». […]

La double nationalité est interdite en Autriche… sauf pour certaines victimes du Brexit

Confrontée à la possibilité d’un Brexit sans accord, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a évoqué la possibilité que les Autrichiens et Autrichiennes résidant au Royaume-Uni aient le droit de demander la nationalité britannique sans perdre l’autrichienne. Ce serait une exception. Aucune n’est cependant prévue pour les citoyens turcs, dont une trentaine s’est vue destituée de leurs passeports autrichiens ces derniers mois. Le point sur la politique, un peu spécifique, des doubles nationalités en Autriche, c’était vendredi dans « Accents d’Europe » sur RFI (5’20) : www.rfi.fr/emission/20190111

Au Tyrol du Sud, des Autrichiens ou des Italiens ?

À la fin de la Première guerre mondiale, l’empire austro-hongrois s’effondre. Les revendications d’indépendances des Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes… sont reconnues en 1919, dans le traité de Saint-Germain. En revanche, le Haut Adige – ou Tyrol du Sud en Allemand –, passe à l’Italie, sans que l’on demande leur avis aux habitants, pourtant Autrichiens depuis plus de cinq siècles. 100 ans plus tard, c’est toujours une enclave germanophone en Italie. Mais, après des décennies de mal-être, parfois violent, de la minorité autrichienne, les conflits de nationalités se sont aujourd’hui effacés et la région est prospère. Mais Vienne, où la droite dirige avec l’extrême droite depuis décembre, veut maintenant y proposer des passeports autrichiens… Une initiative qui irrite Rome, où l’extrême droite participe aussi au pouvoir et où les responsables accusent Vienne de « revanchisme ». Et sur place, au Tyrol du Sud, que dit-on aujourd’hui de cette question de nationalité ? Mon reportage a été diffusé hier dans Accents d’Europe, dans une émission consacrée au centenaire de l’Armistice de 1918, avec l’historien Serge Berstein : www.rfi.fr/emission/20181112 (à partir de 5:30).