Le mot du jour : message control

Décalées de plusieurs mois pour cause de crise sanitaire, mes explications sur le message control ont été diffusées hier sur RFI. Indissociable du style du jeune chancelier Kurz, ce concept issu du marketing est venu s’installer dans le vocabulaire des Autrichiens et Autrichiennes qui s’intéressent à la politique. Un peu l’équivalent des « éléments de langages » en France…

Ce que l’on en retient surtout, c’est davantage la partie « contrôle » que la partie « message ».

Karin Liebhart, chercheuse spécialiste de la communication politique

Pratiqué avec succès sous le premier gouvernement Kurz, va-t-il marquer également le travail des ministres actuels, maintenant que les Verts ont remplacé l’extrême droite comme partenaires de gouvernement ?

⇒ Ma chronique « En un mot » à la fin de l’émission Accents d’Europe, avec l’analyse de la spécialiste Karin Liebhart et le résultat d’une petite enquête que j’ai menée dans la salle de presse de la chancellerie : www.rfi.fr/fr/podcasts/20200617

« Sebastian Kurz chancelle »

Hier, le chancelier conservateur, plombé par l’affaire d’Ibiza, est tombé après une motion de censure. Une première dans l’histoire de la Seconde république autrichienne. Je vous racontais hier cette journée historique dans Libération. Extrait :

La cheffe des sociaux-démocrates a exposé les motifs de la motion de censure devant des députés très échauffés. Sebastian Kurz, qui s’est engagé dans une coalition avec l’extrême droite «en dépit de tous les avertissements», serait «responsable de la situation actuelle». Pamela Rendi-Wagner tacle également sa gestion de crise. Cette dernière semaine, il aurait tenté de former un gouvernement sans majorité parlementaire. Nuque raide, Sebastian Kurz, assis sur le banc du gouvernement, détourne la tête avec un sourire narquois.

La suite est à lire dans le journal du jour ou ici : www.liberation.fr/planete/2019/05/27/autriche-sebastian-kurz-chancelle-finalement_1729968

Sebastian Kurz a été renversé par le parlement, le très bon score de son parti aux élections européennes de dimanche n’a en rien changé la détermination des députés sociaux-démocrates, d’extrême droite et du petit parti Jetzt.

Hier, j’analysais aussi les résultats de ces européennes, captivantes en Autriche. Joie des conservateurs, soulagement de l’extrême droite, les Verts qui jouent au phœnix… c’était dans Accents d’Europe (à partir de 8:00) : www.rfi.fr/emission/20190527-europe-elections-parlement-verts-allemagne-grunen-populistes-marche-climat-brexit

 

 

En Autriche, la journée de travail de 12 heures passe mal

Des centaines de syndicalistes se sont mobilisés ce vendredi, pour fustiger la nouvelle durée maximale du travail et le gouvernement, qui met en cause le consensus social.

Métallos, techniciens, femmes de ménage… pendant douze heures, des centaines de syndicalistes de la centrale ÖGB ont crié leur mécontentement au pied du siège de la Fédération de l’industrie autrichienne, ce vendredi à Vienne. Venus de nombreux secteurs de l’économie autrichienne, ils se sont succédé au micro et aux sifflets pour se manifester au moment où les négociations salariales paritaires, branche par branche, viennent de commencer dans le pays.

Et cette scène est inhabituelle. En Autriche, employeurs et délégués du personnel se rencontrent habituellement plutôt autour d’une table. «Normalement, nous ne descendons pas tout de suite dans la rue», explique Evelyn Regner, eurodéputée social-démocrate et syndicaliste de longue date, «mais ce que le gouvernement fait actuellement, c’est une claque dans la figure. Ils détruisent le système autrichien du partenariat social».

La colère est palpable dans le pays. Depuis septembre, les patrons autrichiens peuvent demander à leur personnel de travailler jusqu’à 12 heures par jour, et 60 heures par semaine – contre 10 et 50 auparavant. Cet allongement de la durée maximale du travail résulte d’une loi de flexibilisation, avec laquelle le gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite du FPÖ depuis décembre, entend permettre aux entreprises de réagir plus rapidement en cas de besoin de main-d’œuvre. Problème : en juin, le gouvernement l’a décidée sans négociation préalable avec les représentants des travailleurs. Lire la suite « En Autriche, la journée de travail de 12 heures passe mal »

Les idées d’extrême droite continuent de percer dans le gouvernement

Protection des frontières et coopération avec les pays africains : en marge du sommet européen de Salzbourg mercredi soir (19.09), l’hôte des Vingt-Huit, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, se vantait devant la presse d’avoir imposé en Europe ses positions en matière de migration. Des positions «qui étaient encore perçues comme de droite radicale il y a trois ans». Depuis décembre, le jeune chancelier conservateur gouverne la coalition avec le FPÖ et, dans bien des domaines, il a bel et bien laissé ce parti d’extrême droite fondé par des ex-nazis imprimer sa marque à l’Autriche. Petit passage en revue des mesures les plus emblématiques pour Libération, la semaine dernière : www.liberation.fr/planete/2018/09/20/autriche-les-idees-d-extreme-droite-continuent-de-percer-dans-le-gouvernement_1680081

L’Autriche poursuit sa croisade juridique contre le nucléaire en Europe

Le gouvernement a décidé de faire appel contre une décision de la CJUE autorisant des subventions publiques à l’EPR britannique de Hinkley Point.

«A peine de retour de son congé maternité, la ministre du Développement durable, Elisabeth Köstinger, déclare à nouveau la guerre au lobby de l’atome.» Le Kronen Zeitung, principal quotidien du pays, a mis les pieds dans le plat en annonçant, mardi, que le gouvernement autrichien allait faire appel, devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), d’un jugement ayant autorisé des subventions publiques du gouvernement britannique pour la centrale nucléaire d’Hinkley Point.

Une ministre contre un lobby, le nucléaire tant détesté en Autriche… voilà des ingrédients qui plaisent à la Kronen Zeitung, tabloïd populiste et populaire. Ils pourraient aussi rapporter des points de popularité au gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, qui dirige en coalition avec l’extrême droite depuis décembre dernier.

Le conseil des ministres autrichiens doit décider ce mercredi de faire appel, avec le soutien du Luxembourg. En juillet dernier, la CJUE avait rejeté une plainte soumise par Vienne en 2015, à l’époque sous une coalition centriste. Certes, une injection d’argent public à Hinkley Point introduit bien une distorsion sur le marché énergétique européen, avaient expliqué les juges, mais de telles subventions peuvent être autorisées, dans certains cas exceptionnels. Le traité Euratom de 1957, un des textes fondateurs de l’Union, fait du domaine atomique l’une de ces exceptions.

Antinucléarisme

L’Autriche ne veut pourtant pas abandonner le combat juridique contre le nucléaire en Europe, qu’elle mène sur plusieurs fronts. En mars dernier, Vienne a également déposé une autre plainte, cette fois concernant les réacteurs de Paks, dans la Hongrie voisine. Cette procédure met en cause l’attribution du marché au groupe russe Rosatom, jugée peu transparente. Par ailleurs, cet été, les Länder de Vienne, de la Haute et de la Basse-Autriche se sont dit prêts à intenter d’autres actions, contre un autre réacteur proche du territoire autrichien, à Dukovany, en République tchèque.

De gauche comme de droite, voire d’extrême droite, pas un parti politique autrichien ne défend l’énergie atomique. L’antinucléarisme fait en effet l’objet d’un large consensus dans le pays. Depuis 1978, ce type d’énergie y est de facto interdit. Cette année-là, un référendum empêchait la mise en service de la centrale atomique de Zwentendorf, qui aurait été la première sur le territoire autrichien.

Ce référendum est entré dans la légende nationale. Pourtant, relève Florian Bayer, doctorant en sciences sociales de l’université de Vienne, le basculement définitif de l’opinion a eu lieu plus tard et avec l’aide de la politique. […]

Lire la suite sur le site de Libération : www.liberation.fr/planete/2018/09/05/l-autriche-poursuit-sa-croisade-juridique-contre-le-nucleaire-en-europe_1676553