70 ans après sa réouverture, plus de nuances face au mythe du Staatsoper

Après les destructions de 1945, l’auditorium du Staatsoper a été modernisé.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Autriche, annexée par l’Allemagne nazie puis bombardée, doit se reconstruire et se réinventer. Pour cela, elle met la culture à contribution. Symbole de raffinement, l’opéra d’État de Vienne rouvre ses portes en 1955. Et s’il reste aujourd’hui une gloire nationale, le Staatsoper est cependant considéré avec un regard plus nuancé. Dernier acte des commémorations des 70 ans de sa réouverture en grande pompe, cette scène nationale a présenté mardi dernier une nouvelle mise en scène du Fidelio de Beethoven. J’ai assisté aux préparatifs et mon reportage a été diffusé mardi par Accents d’Europe sur RFI. Réécoute ici (13’45).

Une plaque commémore désormais les membres du personnel de l’opéra victime du nazisme : un regard actualisé sur le mythe de la réouverture et de la nouvelle identité nationale en 1955..

Der Vorname: Eine lebenslange Entscheidung mit Folgen

Das Erste, was man beim Kennenlernen von Menschen erfährt, ist meist jene Benennung, die ihre Eltern für sie ausgesucht haben – den Vornamen. Ob Irmgard oder Emilia, Mahdi oder Andreas, Emil oder Kevin, der Vorname kann die Erwartungshaltung des Gegenübers beeinflussen, manchmal über den ersten Eindruck hinaus. Ob er uns gefällt oder nicht, scheint unser Vorname mit unserer Identität verbunden zu sein, sodass offizielle Vornamensänderungen die Ausnahme sind. Nach welchen Kriterien treffen Mütter und Väter heute diese lebenslange Entscheidung für ihre Kinder? Wie lebt es sich als Erwachsene mit dem von den Eltern Ausgesuchten? Wie hat sich die österreichische Namenskultur im Laufe der Jahrzehnte verändert?
Ich habe den ersten Teil der Themenwoche « Namen. Identifikation und mehr » von Moment gestaltet und die Sendung wurde gestern auf Ö1 gesendet. Hier bleibt sie 28 Tage lang online.

En Autriche, le soutien absolu à Israël remis en question

C’est mi-mai, au concours eurovision de la chanson, que le débat a pris de l’ampleur… Alors qu’il venait d’emporter la victoire, le jeune chanteur JJ plaidait pour l’exclusion d’Israël du concours, comme la Russie après qu’elle a attaqué l’Ukraine. Un scandale en Autriche ! Ce pays compte en effet parmi les plus fervents soutiens d’Israël en Europe. Mais cette position commence à être difficile à tenir… J’ai dit quelques mots sur la question dans Accents d’Europe sur RFI lundi dernier (à partir de 11’35, après le reportage à Prague).

Réarmement, pacifisme et « neutralité perpétuelle » en Autriche

Très attaché à sa neutralité, le petit pays alpin est rattrapé par les bouleversements géostratégiques qui se traduisent par une remise en question de son identité nationale au moment où la Seconde République vient de fêter ses 80 ans.

«Alors, quand est-ce que vous partez pour l’Ukraine ?» Le caporal réserviste Harald G. hausse les épaules. «Jamais, répond ce sévère trentenaire à ses concitoyens qui lui posent la question, rapporte-t-il. Je n’irai pas faire la guerre à l’étranger. Mon devoir, c’est de protéger mon pays.» En Autriche, pays neutre depuis 1955, l’armée ne peut en principe pas intervenir en dehors du territoire national et le grand public le sait bien. Il n’empêche que le caporal se fait de plus en plus interpeller sur ce sujet.

Nichée au pied des Alpes et entourée de membres de l’Otan, l’Autriche se perçoit globalement comme une «île des bienheureux» à l’abri des conflits armés. Mais la décomposition de l’ordre international de l’après-guerre et la mise à jour des politiques de défense sur le Vieux Continent signifient pour la république autrichienne une évolution du consensus national touchant au cœur de son identité, au moment même où elle fête ses quatre-vingts ans d’existence. Ne pouvant plus confondre neutralité et pacifisme, l’Autriche a décidé d’augmenter ses «capacités de défense» et le gouvernement tripartite semble bénéficier, sur ce point, d’un large soutien dans l’opposition et les médias.En 2024, le budget militaire du pays, toujours parmi les plus bas en Europe, atteignait pour la première fois depuis le début du siècle 0,95% du PIB.

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A Vienne, cachez ce «balcon d’Hitler» que l’Autriche ne saurait voir

En amont des commémorations de la fin du nazisme, des historiens relancent l’idée de transformer en mémorial la vaste terrasse du palais d’où le dirigeant nazi avait célébré l’Anschluss, en 1938.

Le « balcon » est en fait une vaste terrasse…

Et si on y déposait un grand bloc de granit venu du camp de concentration de Mauthausen ? Il serait alors impossible d’admirer cet imposant balcon sans une pensée pour les horreurs nazies et la responsabilité de l’Autriche. C’est l’une des trois propositions utopiques mises en maquettes et exposées à partir de ce mardi 22 avril au Musée de l’histoire de l’Autriche. L’institution souhaite relancer le débat au sujet du balcon de l’ancien palais impérial de Vienne, duquel Adolf Hitler avait célébré l’Anschluss le 15 mars 1938. Le dictateur y avait proclamé la dissolution de l’Etat autrichien et son rattachement au IIIe Reich devant une foule en liesse.

Plusieurs historiens et personnalités de la vie intellectuelle autrichienne appellent aujourd’hui à réaménager ce lieu symbolique, alors que l’Europe s’apprête à célébrer les quatre-vingts ans de la fin du nazisme, en mai, et l’Autriche la proclamation de sa Seconde république ce dimanche 27 avril. Car le «balcon d’Hitler» – en réalité, il s’agit d’une vaste terrasse – ne fait, à ce jour, l’objet d’aucune intervention mémorielle extérieure et son avenir est incertain, le Musée de l’histoire, dont il dépend depuis sept ans, devant déménager en 2028.

C’est «une friche mémorielle qui fait honte» […] La suite sur le site de Libération.