Réarmement, pacifisme et « neutralité perpétuelle » en Autriche

Très attaché à sa neutralité, le petit pays alpin est rattrapé par les bouleversements géostratégiques qui se traduisent par une remise en question de son identité nationale au moment où la Seconde République vient de fêter ses 80 ans.

«Alors, quand est-ce que vous partez pour l’Ukraine ?» Le caporal réserviste Harald G. hausse les épaules. «Jamais, répond ce sévère trentenaire à ses concitoyens qui lui posent la question, rapporte-t-il. Je n’irai pas faire la guerre à l’étranger. Mon devoir, c’est de protéger mon pays.» En Autriche, pays neutre depuis 1955, l’armée ne peut en principe pas intervenir en dehors du territoire national et le grand public le sait bien. Il n’empêche que le caporal se fait de plus en plus interpeller sur ce sujet.

Nichée au pied des Alpes et entourée de membres de l’Otan, l’Autriche se perçoit globalement comme une «île des bienheureux» à l’abri des conflits armés. Mais la décomposition de l’ordre international de l’après-guerre et la mise à jour des politiques de défense sur le Vieux Continent signifient pour la république autrichienne une évolution du consensus national touchant au cœur de son identité, au moment même où elle fête ses quatre-vingts ans d’existence. Ne pouvant plus confondre neutralité et pacifisme, l’Autriche a décidé d’augmenter ses «capacités de défense» et le gouvernement tripartite semble bénéficier, sur ce point, d’un large soutien dans l’opposition et les médias.En 2024, le budget militaire du pays, toujours parmi les plus bas en Europe, atteignait pour la première fois depuis le début du siècle 0,95% du PIB.

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A Vienne, cachez ce «balcon d’Hitler» que l’Autriche ne saurait voir

En amont des commémorations de la fin du nazisme, des historiens relancent l’idée de transformer en mémorial la vaste terrasse du palais d’où le dirigeant nazi avait célébré l’Anschluss, en 1938.

Le « balcon » est en fait une vaste terrasse…

Et si on y déposait un grand bloc de granit venu du camp de concentration de Mauthausen ? Il serait alors impossible d’admirer cet imposant balcon sans une pensée pour les horreurs nazies et la responsabilité de l’Autriche. C’est l’une des trois propositions utopiques mises en maquettes et exposées à partir de ce mardi 22 avril au Musée de l’histoire de l’Autriche. L’institution souhaite relancer le débat au sujet du balcon de l’ancien palais impérial de Vienne, duquel Adolf Hitler avait célébré l’Anschluss le 15 mars 1938. Le dictateur y avait proclamé la dissolution de l’Etat autrichien et son rattachement au IIIe Reich devant une foule en liesse.

Plusieurs historiens et personnalités de la vie intellectuelle autrichienne appellent aujourd’hui à réaménager ce lieu symbolique, alors que l’Europe s’apprête à célébrer les quatre-vingts ans de la fin du nazisme, en mai, et l’Autriche la proclamation de sa Seconde république ce dimanche 27 avril. Car le «balcon d’Hitler» – en réalité, il s’agit d’une vaste terrasse – ne fait, à ce jour, l’objet d’aucune intervention mémorielle extérieure et son avenir est incertain, le Musée de l’histoire, dont il dépend depuis sept ans, devant déménager en 2028.

C’est «une friche mémorielle qui fait honte» […] La suite sur le site de Libération.

„Österreich sah mich als Sexualstraftäter“

Was Wiedergutmachung für strafrechtlich verfolgte Homosexuelle bedeutet

Bis in die 2000er Jahre wurden in Österreich Tausende Menschen aufgrund ihrer Homosexualität verurteilt. Denn auch nach Ende des Totalverbots 1971 blieben diskriminierende Strafbestimmungen aufrecht, die nur sie traf, wie etwa ein Werbeverbot oder ein niedrigeres Schutzalter. Erst 2002 wurde der letzte Paragraf vom Verfassungsgerichtshof aufgehoben. Im vergangenen Oktober kündigte die Justizministerin an, die in der Zweiten Republik strafrechtlich verfolgten Homosexuellen rehabilitieren und finanziell entschädigen zu wollen. Die neue Regelung ist Anfang Februar in Kraft getreten. Wie wirkten sich die diskriminierenden Paragrafen auf das Leben homosexueller Menschen aus? Was bedeutet die Wiedergutmachung für Betroffene heute, zwei Jahrzehnte später? Darüber habe ich für Ö1 berichtet.

Ablehnung gegenüber Homosexualität: A. Brunner vom Zentrum QWien zeigt ein zerrissenes Plakat aus den 1980er Jahren.

Mensch, Netz, Fisch. Die Daubelfischerei.

Was in und an einem quadratischen Fischernetz hängen kann

Eine Landdaubel an der Donau, in Mannswörth.

Heute, um 15.30 Uhr auf Ö1 und danach hier zum Nachhören: oe1.orf.at/programm/20230925/733583/Mensch-Netz-Fisch-Die-Daubelfischerei

Manche sind auf Flössen errichtet, andere am Uferrand. Wer in oder um Wien an der Donau, an der Thaya oder an der March entlang spaziert ist, kennt vielleicht diese mit langen Kranarmen und großen Fischernetzen ausgestatteten Fischerhütten. Aber nur wenige wissen, dass sie « Krandaubel » oder « Landdaubel » heißen – benannt nach ihrem charakteristischen, quadratischen Fischernetz, der « Daubel ». Diese Bauten aus einer anderen Zeit bedeuten aber ihren Besitzern und Besitzerinnen sehr viel.

Ein Fischer sagt, die Daubelfischerei sei ein wichtiges Stück Wiener Geschichte.

Ein Fischer sagt, er fische mehr Klopapier als Karpfen aus der Donau.

Ein Fischer sagt, die Daubelfischerei werde es bald nicht mehr geben.

Ein Fischer sagt, er habe erst jetzt angefangen zu daubeln. Und es sei schön.

(Foto: Fischer Richard Prokosch erzählt die Geschichte der Daubelfischerei, die Geschichte des Flusses, die Geschichte seiner Familie, eine typische Wiener Geschichte)

*** Hier der Trailer von Natascha Muhics Filmdokumentation über die Daubelfischerei in und um Wien: www.youtube.com/watch?v=iWtJOLaqaHQ


Les Autrichiens sont-ils encore nostalgiques de l’époque des Habsbourg?

L’histoire et comment elle influence la société actuelle : on continue dans la lancée des questions posées avec Dollfuss, avec aujourd’hui un chapitre de leur histoire nettement plus apprécié des Autrichiens…

Le mémorial Sissi du Volksgarten, parfaitement situé entre la chancellerie fédérale, le parlement autrichien et le Burgtheater (en arrière-plan).

À Vienne, ancienne capitale de l’empire austro-hongrois et aujourd’hui celle de la bien plus petite République d’Autriche, le passé et surtout celui de la grande époque des Habsbourg est très présent : dans les monuments, les noms de rue ou sur les vénérables enseignes de certains commerces, qui se targuent encore d’avoir été, il y a plus d’un siècle, les fournisseurs de la cour. Sans parler de certaines survivances socioculturelles, comme la possibilité pour les hauts fonctionnaires d’obtenir, à vie, le titre de Hofrat, conseiller de la cour. Il convient alors d’utiliser ce titre officiel lorsqu’on leur adresse la parole…

Les Autrichiens qui vivent à l’ombre de toute cette splendeur passée sont-ils encore nostalgiques du „monde d’hier“, comme l’écrivain Stefan Zweig en son temps et, pour sa part, de manière bien compréhensible ? C’est la question que m’a posée Accents d’Europe. Le résultat ? Une recherche dans les rues de Vienne et dans les pages de livres d’histoire, diffusée le 2 mai dernier : www.rfi.fr/fr/podcasts/accents-d-europe/20230502-les-sicules-ce-peuple-de-gardes-fronti%C3%A8res-en-roumanie