«On essaye de monter les gens les uns contre les autres»

Aujourd’hui paraît dans Libération ma double page sur l’Autriche.

Extrait :

Ils sont régulièrement 2 000 ou 3 000 à venir scander leur slogan «résistance !» sous les fenêtres de différents ministères. Tous les jeudis soir depuis octobre, ces Viennois et Viennoises protestent contre la politique de leur gouvernement. Au fil des mois, les «manifestations du jeudi» se sont également étendues à d’autres villes autrichiennes, comme Graz ou Innsbruck. Toutes ces mobilisations peuvent paraître modestes, mais elles restent notables pour la petite et paisible république alpine. Elles sont planifiées par un collectif non-partisan auquel appartiennent quelques figures historiques des grandes manifestations qui avaient marqué le pays au tournant des années 2000. A l’époque, plusieurs centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour dire leur opposition à la première participation de l’extrême droite au gouvernement fédéral.
Depuis un peu plus d’un an, c’est bis repetita : le Parti de la liberté est de retour à la tête de l’Autriche. Et cette fois encore, sa réapparition s’est faite au sein d’une coalition menée par les chrétiens-démocrates du Parti populaire. Même si le Parti de la liberté n’est que «junior partner» puisque sous la houlette du chancelier, le jeune chrétien-démocrate Sebastian Kurz, les organisateurs des manifestations du jeudi considèrent, à l’instar de Michaela Moser, que «tout le gouvernement vire à l’extrême droite. On le reconnaît surtout au racisme de plus en plus éclatant qui en émane». Dans les cortèges, des panneaux comme «Plus jamais ça, c’est maintenant» révèlent la peur de se retrouver confronté à des démons du passé nazi. Régulièrement, les manifestants interpellent le chancelier… qui garde, à ce sujet, un silence assourdissant. Il ignorerait sciemment le vrai et dangereux visage de son partenaire au gouvernement.
«Cerveau»
Au Parlement, la sociale-démocrate en charge des questions de mémoire, Sabine Schatz, a recours à une autre métaphore. Jeudi, elle accusait le gouvernement d’être «aveugle de l’œil droit». Allant jusqu’à considérer en substance que l’extrémisme de droite conduirait à la violence. «Il tue. L’attentat tragique de Christchurch l’a montré», dit-elle. La fusillade islamophobe en Nouvelle-Zélande a trouvé un écho inattendu en Autriche, depuis que le ministère de l’Intérieur a confirmé que le suspect néo-zélandais, Brenton Tarrant, avait séjourné en Autriche dans le cadre d’une tournée en Europe en 2018.
Le Mouvement identitaire autrichien est désormais visé par une enquête. […]

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« Die Flucht ist für viele Queere in Österreich nicht zu Ende »

augustin 1-2Im Augustin habe ich wieder zwei Seiten veröffentlicht.

« Sicheres Ankommen, sichere Räume: Was LGBTIQ+ Asylwerber_innen brauchen und wie die Community in Wien hilft. »

Es geht um Schwierigkeiten und Engagement, Queer-Feindlichkeit und die heikle Beweisführung vor der Asylbehörde… Dafür habe ich mit vielen spannenden Menschen gesprochen, einige von ihnen wurden von Carolina Frank fotografiert.

Das Heft ist aktuell bei den Augustin Verkäufer_innen zu kaufen.

Visages de l’apprentissage

Florentine
À la manufacture de pianos Bösendorfer : Florentine c’est tournée vers l’apprentissage, après une licence de musicologie.

En Autriche, moins de 9 % des jeunes sont aux chômage, contre 15 % pour la moyenne européenne. Ce bon résultat est souvent expliqué par le système de formation professionnelle, qui concerne deux tiers des élèves – avec un tiers au lycée professionnel et un autre tiers en apprentissage, environ. Je suis allée chercher les raisons du succès de l’apprentissage en parlant avec des jeunes comme Florentine, qui fabrique des pianos, ou Marcel, qui manie la tourneuse fraiseuse… et j’ai découvert, au passage, les quelques difficultés que connaît, quand même, le modèle autrichien. Écoutez l’intégralité de ce reportage sur la page d’Accents d’Europe de RFI : www.rfi.fr/emission/20190312

 

Une tranche de politique dans les sandwiches des Viennois + la mort, superbe et saugrenue, au cimetière central la nuit

Interdiction de manger dans le métro viennois (Essverbot)
Impossible d’oublier qu’il n’est plus possible de manger dans le métro viennois !

Hier, petit reportage dans le métro viennois. On parle des affres du pâté chaud (Leberkässemmel – franchement affreux) ou du kebab dans les transports en commun : est-ce que cela vaut vraiment une interdiction ? Vienne a décidé que oui. Une histoire un peu saugrenue, mais aussi l’occasion de parler de la « politique des interdits », qui semble avoir le vent en poupe. C’est à écouter sur le site de RFI, à la fin de l’émission Accents d’Europe d’hier. Mon reportage commence à la 14ème minute, mais je recommande aussi les premiers sujets sur la psychiatrie en France et Serbie : www.rfi.fr/emission/20190207

Et si les histoires de pâté ne vont ont pas donné le grand frisson, venez avec moi au cimetière central de Vienne… de nuit ! La visite était un peu fascinante, un peu délirante. C’était dans l’émission du 25 janvier (13:00) : www.rfi.fr/emission/20190125

La musique du reportage, c’est le sympathique groupe viennois Voodoo Jürgens : www.youtube.com/watch?v=PvJ9L9gmJSs

Les réfugié.e.s LGBT+ résistent avec les associations face au gouvernement

J’ai écrit un reportage un peu plus long pour le pure player LGBT+ Komitid. C’est un sujet très intéressant, avec des photos de moi et de Jens Lindworsky. Un aperçu ici : www.komitid.fr/2019/01/17/

Extrait

À l’avant d’une scène installée sur un camion, Henrie Dennis lève le poing. « Non, je ne me tairai pas, crie-t-elle, car le silence est un privilège que je ne peux pas me permettre ». Les manifestant.e.s applaudissent. En ce jeudi soir, deux à trois mille personnes sont venues défiler sur le boulevard du Ring, à Vienne. Il fait froid, mais c’est un autre climat qui fait frissonner l’oratrice. Fondatrice de l’association Afro Rainbow Austria pour les migrant.e.s africain.e.s LGBT+, elle évoque un « climat de racisme et d’intolérance qui règne actuellement en Autriche » et qui lui donne le sentiment qu’il devient risqué pour elle, femme noire et lesbienne, de sortir de chez elle.

Des manifestations sont organisées toutes les semaines dans la capitale autrichienne contre le gouvernement de coalition droite-extrême droite de Sebastian Kurz, au pouvoir depuis un peu plus d’un an. Chaque jeudi, un collectif différent en définit le thème. Ce 10 janvier, Queer Base, une association LGBT+ d’aide aux réfugié.e.s, a dédié la soirée à la solidarité avec les personnes marginalisées. Les membres de la communauté LGBT+ sont venus en nombre, comme Stefan, étudiant en Arts appliqués. « Je suis venu montrer ma solidarité avec tous les réfugié.e.s », précise-t-il, « même si je me sens un peu plus proche de ceux qui sont queer». […]