Sebastian Kurz, le candidat du changement ?

Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle
Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle

C’est le jeune espoir des conservateurs Sebastian Kurz qui a de grandes chances de devenir chancelier d’Autriche, à l’issue des élections législatives du 15 octobre. Le candidat a fait campagne sur la promesse d’un vrai changement, plutôt surprenant pour un parti qui est au gouvernement depuis 30 ans !

J’ai suivi un meeting électoral de Sebastian Kurz. Au passage, j’en ai appris un peu plus sur les attentes de ses fans et sur les plans du parti conservateur ÖVP concernant l’immigration, avec Efgani Dönmez, ancien Vert et maintenant candidat sur la Liste Kurz.

Mon reportage à écouter au début de l’émission « Accents d’Europe » dans l’édition d’hier (9.10) : www.rfi.fr

L’Autriche interdit le port du voile islamique intégral (et le maquillage de clown)

Klaus Werner-Lobo, organisateur de la manifestation contre la loi interdisant de se couvrir le visage
Klaus Werner-Lobo, activiste et clown, proteste devant le parlement autrichien.

La législation qui vise l’islam radical arrive à point nommé pour le gouvernement centriste dans une campagne dominée par le thème de l’immigration.

Aucune porteuse de burqa, mais quelques clowns et une touriste asiatique qui portait un masque chirurgical sans ordonnance médicale ont déjà eu maille à partir avec la nouvelle législation, entrée en vigueur ce dimanche, qui interdit de se dissimuler le visage dans les lieux publics autrichiens. Cette loi, qui vise en réalité à proscrire le voile islamique intégral, fait partie d’un ensemble de mesures pour l’intégration, comprenant également des cours d’allemand et des travaux d’intérêt général obligatoires pour les demandeurs d’asile.

«L’acceptation et le respect des valeurs autrichiennes sont des conditions de base d’une cohabitation réussie entre la population autrichienne et les citoyens de pays tiers vivant en Autriche», fait valoir la coalition au pouvoir entre sociaux-démocrates et conservateurs. Même si les musulmanes couvrant leur visage sont une infime minorité dans la République fédérale, Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration et favori des sondages pour la Chancellerie, explique qu’il est important de ne pas réagir à la montée de l’islamisme en Europe par une «tolérance mal à propos».

Pour s’abriter du soupçon de discrimination religieuse, le texte a été formulé de manière très générale… et un peu improbable. Sur la brochure explicative (cf image) éditée par le Ministère de l’intérieur, on apprend ainsi qu’outre le voile intégral, le port du cache-nez est aussi proscrit, sauf en cas de grand froid. Un maquillage de clown? Interdit hors carnaval.

Extrait de la brochure autrichienne officielle sur l'interdiction de se couvrir le visage
« Autorisé », « autorisé (dans certaines conditions) ». « interdit »

Protestations et amendes

A Vienne, trois activistes qui ont refusé dimanche de se découvrir devront payer une amende dont le montant peut atteindre 150 euros. Ils ont été interpellés en marge d’une manifestation où environ 250 participants protestaient, encagoulés, maquillés ou voilés, contre le tournant restrictif du gouvernement. «Personne ne trouve cela bien que des femmes soient forcées de se voiler, expliquait l’organisateur, Klaus Werner-Lobo, mais cette interdiction ne résout rien. C’est juste une seconde punition pour elles.» […]

Lire la suite sur le site de la Tribune de Genève : www.tdg.ch

Les clowns mènent la marche contre l'interdiction de la burqa dans les rues de Vienne - sur fonds de campagne
« Contre la solitude » – des clowns qui protestent contre la loi anti-burqa autrichienne, sur fond de campagne pour les législatives

La conduite en langue maternelle

En cette période électorale, un petit clin d’œil avant les reportages purement politiques.

Puisque l’intégration est au cœur des débats autrichiens, j’ai fait un petit papier pour « Accents d’Europe » hier, sur une auto-école multiculturelle à Vienne.

C’est dans la capitale que se sont installés la plupart des étrangers en Autriche. Ici, un habitant sur deux est né, ou bien a un parent né en dehors de l’Autriche. D’où l’initiative de ce commerçant, Martin Lassl, qui a ouvert une école de conduite en 13 langues… et y voit une solution aux conflits ethniques dans sa ville.

À écouter sur le site de RFI (à partir de 9’00, mais je recommande aussi l’écoute des sujets précédents ) : www.rfi.fr

Si vous êtes à Vienne et que cela vous intéresse, l’auto-école propose aussi des cours en Français : www.fahrschule-wienwest.at

Le succès de Sebastian Kurz avec ses positions très à droite sur l’immigration

Une élection législative se tiendra en Autriche le 15 octobre. Le ministre sortant des Affaires étrangères et de l’Intégration, le jeune conservateur Sebastian Kurz, fait la course en tête dans les enquêtes d’opinion, en particulier grâce à des propositions très fermes à l’égard des réfugiés et migrants.

Sebastian Kurz voudrait exclure les étrangers, même ressortissants de l’Union européenne, du système social autrichien pendant 5 ans. Il se propose également de verser des minimas inférieurs aux réfugiés et des allocations familiales inférieures pour les enfants vivant à l’étranger. Avec ses positions très à droite sur l’immigration, le ministre des affaires étrangères et candidat à la chancellerie ne s’inquiète pas de défier ses partenaires européens.

Cet été, le jeune espoir du parti conservateur s’était déjà mis à dos des associations humanitaires internationales en mettant en cause les sauvetages en mer, qu’il accuse de favoriser l’immigration en Méditerranée, un de ses thèmes de campagne privilégiés. Il n’a pas non plus reculé devant la polémique annoncée lorsqu’il a appelé de ses vœux, en juin, la fermeture des crèches privées d’orientation musulmane, perçues comme l’incubateur d’une « société parallèle » peuplée d’extrémistes.

Et ça marche ! Ces positions trouvent un écho positif, puisque Sebastian Kurz a dérobé, avec 33 % d’opinions favorables, la pôle position dans les sondages au FPÖ. Ce parti d’extrême-droite crie pour l’instant au plagiat pour ces projets qui semblent effectivement tout droits sortis de son propre programme, mais il peut se consoler car, si Sebastian Kurz devenait chancelier, il pourrait bien choisir de le faire à la tête d’une coalition avec le FPÖ.

Ma Carte postale à la fin de « La semaine de l’Europe », à écouter sur le site de la RTBF : www.rtbf.be/auvio/emissions/detail_la-semaine-de-l-europe?id=592&t=1993

Renforcement des contrôles à la frontière austro-italienne

La frontière austro-italienne au col du Brenner
Le poste-frontière prêt à être remis en service au col du Brenner. ©C. Béal

Les relations se tendent entre l’Autriche et l’Italie. Il y a quelques semaines, l’annonce par le ministre autrichien de la Défense, le social-démocrate Hans Peter Doskozil, que son pays s’apprêtait à protéger sa frontière en cas de mouvement migratoire massif en provenance du Sud a provoqué un tollé politique en Italie.

Quatre véhicules blindés et 750 soldats sont désormais déployables en quarante-huit heures au col du Brenner, considéré comme le nœud stratégique entre le nord et le sud des Alpes. Une barrière et un poste de contrôle en préfabriqués sont également prêts à être activés. Simples manœuvres électorales en vue des législatives? Force est de constater que sur le terrain, les contrôles s’accentuent.

Escortée par des Alpinis, ces militaires italiens bien identifiables à leurs chapeaux à plumes, une femme noire, avec poussette et enfants, sort de la gare du Brenner, au fond du col qui marque la frontière entre l’Italie et l’Autriche. En s’éloignant vers le poste
de police, le groupe passe devant un stand de saucisses. «Ils n’ont pas le droit de fermer la frontière au sein de l’espace Schengen, mais il y a déjà des contrôles mobiles», fait remarquer le patron en servant des hot-dogs à des touristes.

A quelques centaines de mètres, l’ancienne guérite des douaniers est vide depuis l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne, il y a 22 ans. Mais les forces de l’ordre peuvent toujours
intercepter des véhicules en amont et en aval de la frontière.

Côté autrichien, une centaine de policiers est ainsi affectée à la zone frontalière.  Ponctuellement, ils opèrent des contrôles à des points stratégiques de l’autoroute A13 qui mène à Innsbruck et, 40 kilomètres plus loin, à l’Allemagne. Des patrouilles internationales parcourent aussi les trains qui transitent dans l’étroit col du Brenner. Une dizaine de clandestins sont ainsi interpellés chaque jour.

Mesures de précaution

A moins de deux kilomètres, côté autrichien, un chantier a débuté mardi dernier. «Ici, nous construisons une station de contrôle qui servira surtout pour les trains de marchandise», explique Marius Meisinger, directeur adjoint de la police de l’immigration tyrolienne. Il s’agit d’optimiser les procédures de contrôle et d’en
assurer la sécurité – à la fin de 2016, un jeune Erythréen est mort sur les rails en essayant de passer illégalement en Autriche. Mais, ici non plus, pas question
de contrôles systématiques… pour l’instant. «Il s’agit de mesures de pré-
caution. Si la route migratoire de l’Italie n’est pas réduite, alors la pression sera telle avec les contrôles côté allemand que tous les migrants se retrouveront ici, dans le Tyrol», explique le président du parlement du Land, le conservateur Herwig van Staa.[…]

Lire la suite sur le site de La Tribune de Genève : www.tdg.ch

+ Mon reportage pour « Accents d’Europe » à écouter sur RFI : www.rfi.fr