L’Autriche a une chancelière… et redécouvre son président

Ce lundi matin, le président de la République autrichienne, Alexander Van der Bellen, a intronisé le gouvernement de transition qui sera mené par Brigitte Bierlein. Une femme prend, pour la première fois, la tête de l’Autriche. Mais est-ce que le président va retourner dans l’ombre ? Ces derniers jours, l’ancien écolo avait pris les choses en main, avec un certain succès. Extrait de mon article pour Libé :

A la faveur de l’Ibizagate, qui a fait tomber le gouvernement de droite et d’extrême droite, l’ancien chef des Verts autrichiens, jadis parcimonieux dans son expression, est sorti de son rôle protocolaire pour se poser en garant de la Constitution.

Il a pris le temps de se rendre aux obsèques du champion de F1 Niki Lauda. Et de se laisser prendre en photo alors qu’il promenait son chien sur les pelouses publiques devant la Hofburg, le palais présidentiel viennois. Tout en gérant depuis deux semaines une crise gouvernementale inédite dans l’histoire moderne de l’Autriche. Alexander Van der Bellen, le président dont on croyait le rôle purement symbolique, est la grande révélation du moment en Autriche. Il a repris en main la gestion de la République depuis la destitution du chancelier Sebastian Kurz, lundi dernier, avec une adresse souveraine et un esprit de consensus largement salués dans le pays. L’ancien chef des Verts autrichiens est le grand gagnant de la crise.

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Quand le FPÖ voulait restreindre la liberté de la presse

Le bon score de son parti, l’ÖVP conservateur, aux européennes n’aura pas réussi à le sauver. Le jeune chancelier autrichien a été renversé, lundi, par une motion de censure. Sebastian Kurz paie ainsi son alliance dangereuse avec le FPÖ. Le parti d’extrême droite qui lui-même est plongé dans une affaire, déjà baptisé « Ibizagate ». Rappel : le 17 mai dernier, des médias allemands ont publié une vidéo où l’on voit le chef d’alors du FPÖ, Heinz-Christian Strache, proposer des marchés publics à une femme se faisant passer pour la nièce d’un oligarque russe, en échange de financements occultes. Il se dit même prêt à mettre au pas le quotidien le plus influent du pays. Ce qui en dit long sur ce que pense l’extrême droite autrichienne de la liberté de la presse… Mon reportage diffusé jeudi par Accents d’Europe, sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190530-quand-fpo-voulait-restreindre-liberte-presse-autriche