En Autriche, faute de soignantes étrangères, les seniors menacés d’abandon

Les restrictions établies aux frontières des pays d’Europe centrale et orientale font craindre un effondrement du secteur paramédical autrichien, fortement dépendant de travailleuses roumaines, slovaques et bulgares.

Un vent de panique souffle dans les familles autrichiennes. «Quand l’auxiliaire de vie bulgare qui s’occupe de ma mère de 84 ans nous a annoncé qu’elle ne prendrait pas son service comme prévu, j’ai pris en urgence une semaine de congé, je me suis préparée à partir pour Graz, où vit ma mère, et je me suis organisée afin d’effectuer un test pour le coronavirus», témoigne Birgit Dornbusch, éducatrice spécialisée viennoise de 56 ans. Son cas est exemplaire de ce que vivent plus de 33 000 familles autrichiennes dont l’organisation au quotidien dépend entièrement de 60 000 à 70 000 travailleuses étrangères du secteur paramédical : l’incertitude et l’angoisse de ne trouver personne pour s’occuper de leurs aînés. Lire la suite « En Autriche, faute de soignantes étrangères, les seniors menacés d’abandon »

La dépendance en Autriche : une affaire de famille… et de migrantes

Anton et Susanne
Anton Prager aide sa femme Susanne Prager-Schugardt au quotidien, depuis onze ans.

84 pourcents des personnes en situation de dépendance en Autriche, seniors en tête, vivent à domicile. Un des taux les plus élevés en Europe. Qui pour s’occuper d’elles ? Dans la majorité des cas, la tache revient aux proches. Ces « aidants familiaux » sont un million – sur un pays qui en compte 8,8 – à s’occuper ainsi d’un aîné, d’un enfant, d’un conjoint… à raison de quelques heures par semaine ou à plein temps. Une charge immense qui n’est pas assez prise en compte par la société, alertent les associations.

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Une websérie sur les fausses informations en Europe et en Autriche

*Von diesem Video über die « Asylindustrie » gibt es eine Version mit deutschen Untertiteln, die auf salto.bz veröffentlicht wurde: Also, schlagen NGOs Profit aus der Migration?

Pour RFI, plusieurs journalistes d’Accents d’Europe se sont mis sur la piste de certaines fausses informations qui circulent en Europe. Pour démêler le vrai du faux avant les élections européennes, nous avons présenté nos recherches sous la forme d’une série de vidéos animées. En Autriche, je me suis penchée sur l’idée que les ONG s’enrichiraient grâce aux arrivées de demandeurs d’asile. Il y aurait une « industrie de l’asile », prétendent ici certains pseudo-médias.

Toutes les vidéos ont été publiées cette semaine, vous les retrouvez ici : www.rfi.fr/europe/20190506

Accents d’Europe a également consacré cette semaine une émission spéciale à l’Autriche, que j’ai préparée avec Eve Minault : www.rfi.fr/emission/20190507

 

Les idées d’extrême droite continuent de percer dans le gouvernement

Protection des frontières et coopération avec les pays africains : en marge du sommet européen de Salzbourg mercredi soir (19.09), l’hôte des Vingt-Huit, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, se vantait devant la presse d’avoir imposé en Europe ses positions en matière de migration. Des positions «qui étaient encore perçues comme de droite radicale il y a trois ans». Depuis décembre, le jeune chancelier conservateur gouverne la coalition avec le FPÖ et, dans bien des domaines, il a bel et bien laissé ce parti d’extrême droite fondé par des ex-nazis imprimer sa marque à l’Autriche. Petit passage en revue des mesures les plus emblématiques pour Libération, la semaine dernière : www.liberation.fr/planete/2018/09/20/autriche-les-idees-d-extreme-droite-continuent-de-percer-dans-le-gouvernement_1680081

«L’Autriche ne se contente pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres»

Mon interview de la ministre des Affaires étrangères Karin Kneissl est à lire aujourd’hui dans Libération.

Vienne, qui prend la présidence de l’Union au 1er juillet, défend une réforme de l’asile avec des centres hors de l’UE, explique sa ministre des Affaires étrangères.

Ancienne diplomate et publiciste, Karin Kneissl a été nommée, en décembre, ministre des Affaires étrangères sur proposition du FPÖ, parti d’extrême droite siégeant au sein de la coalition qui gouverne l’Autriche, sous la houlette du conservateur Sebastian Kurz. Alors que la présidence tournante du Conseil de l’Union revient le 1er juillet à la république alpine, la ministre expose les projets de son gouvernement pour ce semestre. Avec une priorité : la crise migratoire.

Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, a insisté, jeudi à Vienne, sur les chiffres des arrivées sur le continent, dix fois inférieurs à ceux de 2015. Pourtant, l’Autriche fait de la question migratoire une priorité de sa présidence tournante. Les difficultés ne sont-elles pas derrière nous ?

Nous ne sommes pas les premiers à dire que la crise migratoire est la plus grande crise de l’Union européenne. Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, le disait déjà en 2016. Je considère l’angle démographique. Selon le Rapport sur le développement humain arabe 2016 [de l’ONU, ndlr], 60 millions de jeunes dans les pays arabes vont se retrouver, en 2020, sur un marché du travail saturé. D’une manière ou d’une autre, ils vont prendre la route ! On ne peut pas dire que la crise migratoire était éphémère.

Que veut faire la présidence autrichienne ?

Nous voulons faire avancer la réforme de l’asile. Nous ne nous contentons pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres. Il faudrait plutôt délocaliser les administrations adéquates, les amener aux personnes. C’est ce que nous faisons déjà avec l’Organisation internationale pour les migrations. Nous menons des programmes de réinstallation depuis les pays d’origine, plutôt que d’attendre que les personnes traversent la Méditerranée, où le principe de sélection revient à la survie du plus fort.

Kurz s’est prononcé pour des centres en dehors de l’Europe, où pourraient être déportés les déboutés du droit d’asile que leurs pays ne veulent pas reprendre. L’Elysée a qualifié cette idée d’inacceptable, humanitairement et légalement. L’Autriche va-t-elle continuer dans cette direction, dans les Balkans par exemple ?

On peut toujours tester des idées et voir s’il se trouverait des partenaires… Mais nous ne ferons rien de façon unilatérale. Cependant, la problématique des migrants qui n’ont pas le droit d’asile demande davantage de fermeté. Je me souviens qu’en 2016, beaucoup de gouvernements, en Suède, au Danemark, en Allemagne, ont promis à leurs électeurs qu’ils allaient expulser beaucoup plus. C’est resté lettre morte. […]

La suite sur le site de Libération :www.liberation.fr/planete/2018/06/24/l-autriche-ne-se-contente-pas-d-une-repartition-des-migrants-par-quotas-entre-les-etats-membres_1661588

Sebastian Kurz, le candidat du changement ?

Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle
Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle

C’est le jeune espoir des conservateurs Sebastian Kurz qui a de grandes chances de devenir chancelier d’Autriche, à l’issue des élections législatives du 15 octobre. Le candidat a fait campagne sur la promesse d’un vrai changement, plutôt surprenant pour un parti qui est au gouvernement depuis 30 ans !

J’ai suivi un meeting électoral de Sebastian Kurz. Au passage, j’en ai appris un peu plus sur les attentes de ses fans et sur les plans du parti conservateur ÖVP concernant l’immigration, avec Efgani Dönmez, ancien Vert et maintenant candidat sur la Liste Kurz.

Mon reportage à écouter au début de l’émission « Accents d’Europe » dans l’édition d’hier (9.10) : www.rfi.fr

La conduite en langue maternelle

En cette période électorale, un petit clin d’œil avant les reportages purement politiques.

Puisque l’intégration est au cœur des débats autrichiens, j’ai fait un petit papier pour « Accents d’Europe » hier, sur une auto-école multiculturelle à Vienne.

C’est dans la capitale que se sont installés la plupart des étrangers en Autriche. Ici, un habitant sur deux est né, ou bien a un parent né en dehors de l’Autriche. D’où l’initiative de ce commerçant, Martin Lassl, qui a ouvert une école de conduite en 13 langues… et y voit une solution aux conflits ethniques dans sa ville.

À écouter sur le site de RFI (à partir de 9’00, mais je recommande aussi l’écoute des sujets précédents ) : www.rfi.fr

Si vous êtes à Vienne et que cela vous intéresse, l’auto-école propose aussi des cours en Français : www.fahrschule-wienwest.at