Gusen et l’enjeu des camps « annexes » : Mauthausen était partout

Depuis début janvier, l‘Autriche a un nouveau gouvernement. Le programme sur lequel s‘est accordée une coalition des conservateurs et des Verts fait 328 pages. Un point qui y tient en une ligne est passé relativement inaperçu… en Autriche en tout cas. En cette année de commémoration et après des pressions venues de Pologne, Vienne a décidé de racheter certains terrains sur lesquels se trouvait l‘ancien camp de concentration de Gusen, où ont péri 37 000 personnes dont près de 28 000 venues de Pologne. Écoutez mes explications dans l’émission Accents d’Europe de lundi : www.rfi.fr/fr/podcasts/20200127-auschwitz-camp-memoire-devoir-guerre-mondiale-juifs-antisemitisme

Un ascenseur qui fâche à Mauthausen

Mauthausen Gudrun Blohberger
Gudrun Blohberger, directrice pédagogique du mémorial de Mauthausen

« On a longtemps pensé en Autriche que le nazisme n’avait eu lieu qu’à Mauthausen » – Gudrun Blohberger

C’est un ascenseur qui fâche, en Autriche. Sur les lieux de l’ancien camp de concentration de Mauthausen, l’édifice en béton s’est attiré la critique virulente du Comité représentatif des survivants du camp. C’est en fait l’histoire d’un travail de mémoire qui est encore et toujours un combat. Mon reportage à Mauthausen a été diffusé aujourd’hui par Accents d’Europe, sur RFI (à partir de 6:45) : www.rfi.fr/emission/20190218

Mauthausen ascenseur
Le nouvel ascenseur, dans la cour du garage des SS

« Les négationnistes peuvent se saisir de chaque modification faite à l’architecture d’origine. » – Christa Bauer, Comité Mauthausen Autriche

Hans Asperger, les liens troubles du pionner des recherches sur l’autisme avec les nazis

Vous avez sans doute déjà entendu parler du syndrome d’Asperger. C’est une forme d’autisme dans laquelle des difficultés dans les interactions sociales sont souvent associées à de grandes compétences, parfois même exceptionnelles. Plusieurs personnalités ont déclaré avoir reçu ce diagnostique : de la chanteuse écossaise Susan Boyle à l’informaticien Bram Cohen en passant par l’inventeur du jeu vidéo Pokemon, Satoshi Tajiri.

Peut-être moins connue, l’histoire de Hans Asperger, le pédiatre autrichien, pionnier des recherches sur l’autisme, qui lui donne son nom. Était-il un héros ou un soutien des nazis ? Le chercheur Herwig Czech, de l’Université viennoise de médecine, a publié récemment une étude sur le sujet,  sa réponse est plus désolante que prévu. Mes explications dans l’émission « Au bout du jour » de la RTBF : www.rtbf.be/auvio/detail_au-bout-du-jour?id=2353291 (cliquer sur « télécharger », en bas)

Le travail de Herwig Czech (en anglais) : molecularautism.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13229-018-0208-6

Des voix d’émigrés juifs de retour en Autriche

Philipp Rohrbach et Adina Seeger,  Austrian Heritage Archive
Les historiens Philipp Rohrbach et Adina Seeger, à l’Institut Wiesenthal d’études sur la Shoah (le bureau sur la photo a d’ailleurs appartenu au « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal)

Depuis 20 ans, de jeunes Autrichiens ont réalisé aux États-Unis et en Israël de longues interviews avec des émigrés juifs qui ont quitté l’Autriche avant la seconde guerre mondiale pour fuir les persécutions nazies. Ils sont parmi les derniers témoins du génocide. Deux historiens viennois ont maintenant entrepris de rendre ces témoignages accessibles à tous, en anglais et en allemand, sur le site austrianheritagearchive.at.

Ce projet de mémoire n’est pas sans actualité, alors que la question des réfugiés syriens libère des paroles racistes et que le FPÖ, un parti dont les membres se sont fait remarquer par des sorties négationnistes par le passé, est en passe d’entrer au gouvernement.

À écouter sur le site d’Accents d’Europe dans l’émission d’hier (à partir de 11’30) : www.rfi.fr/emission/20171212-insectes-nourriture-lutte-rechauffement-climatique-finlande-magasins-restaurants