Chassée de Hongrie, la Central European University s’installe en Autriche

Une université forcée de quitter la Hongrie. La Central European University (CEU) était dans le viseur du gouvernement hongrois de Viktor Orbán en raison de son financier, le milliardaire libéral américain George Soros, chantre de la « société ouverte ». Après deux ans de bras de fer, l’établissement anglophone a fait ses bagages. Il s’installe maintenant à 250 kilomètres à l’ouest de Budapest – à seulement trois heures de route, mais dans une toute autre ambiance de liberté académique – dans une autre capitale : Vienne. La CEU y a inauguré en octobre son nouveau campus. Pour l’instant, seuls 300 étudiants y ont été relocalisés, l’ensemble de leurs camarades suivra l’année prochaine. J’ai rencontré ces premiers déplacés académiques et mon reportage a été diffusé lundi par Accents d’Europe :

www.rfi.fr/emission/20191028

Une tranche de politique dans les sandwiches des Viennois + la mort, superbe et saugrenue, au cimetière central la nuit

Interdiction de manger dans le métro viennois (Essverbot)
Impossible d’oublier qu’il n’est plus possible de manger dans le métro viennois !

Hier, petit reportage dans le métro viennois. On parle des affres du pâté chaud (Leberkässemmel – franchement affreux) ou du kebab dans les transports en commun : est-ce que cela vaut vraiment une interdiction ? Vienne a décidé que oui. Une histoire un peu saugrenue, mais aussi l’occasion de parler de la « politique des interdits », qui semble avoir le vent en poupe. C’est à écouter sur le site de RFI, à la fin de l’émission Accents d’Europe d’hier. Mon reportage commence à la 14ème minute, mais je recommande aussi les premiers sujets sur la psychiatrie en France et Serbie : www.rfi.fr/emission/20190207

Et si les histoires de pâté ne vont ont pas donné le grand frisson, venez avec moi au cimetière central de Vienne… de nuit ! La visite était un peu fascinante, un peu délirante. C’était dans l’émission du 25 janvier (13:00) : www.rfi.fr/emission/20190125

La musique du reportage, c’est le sympathique groupe viennois Voodoo Jürgens : www.youtube.com/watch?v=PvJ9L9gmJSs

Adieu au plastique et Vienne fait de la résistance

Que s’est-il donc passé en Autriche cette dernière semaine ?

D’abord, la municipalité de Vienne a fait de la résistance en annonçant qu’elle refuserait d’appliquer la réforme de l’aide sociale élaborée par le gouvernement fédéral. Ou bien les sociaux-démocrates viennois sont-ils surtout entrés en campagne pour les élections municipales de l’année prochaine ? Mon papier à retrouver dans Accents d’Europe (11’45) : www.rfi.fr/emission/20190118-europe-resistance.

Ensuite, les Autrichiens se sont réjouis de l’interdiction des sacs plastiques dans le commerce, qui prendra effet en 2020. Les Français ont déjà l’habitude, mais ce n’est pas partout pareil et j’ai expliqué tout ça à l’antenne de la RTBF belge : www.rtbf.be/auvio/detail_la-semaine-de-l-europe. Vous entendrez que l’experte que j’ai interviewée rappelle que, maintenant, il est grand temps de s’attaquer à un plus gros problème : les bouteilles en plastique !

 

Mais pourquoi les loyers à Vienne sont-ils (comparativement) si bas ?

Gottfried Pacik
Gottfried P. devant une des tours d’Alterlaa, un grand ensemble (avec piscine sur le toit !) emblématique de Vienne.

Cela tient à l’histoire de la ville, que le rideau de fer avait reléguée aux confins de l’Europe de l’Ouest, mais surtout à une politique de logement sociaux assez particulière, initiée il y a presque un siècle. Ce n’est donc pas de la magie ! Dans mon reportage, quelques habitants vous disent leurs loyers de rêve et vous apprendrez ce que dit une géographe sur la question. C’est dans Accents d’Europe sur RFI, dans l’émission diffusée hier et que vous pouvez encore écouter ici : rfi.fr/emission/20190102

« Il est vrai qu’on a davantage parlé dernièrement de la coalition conservateurs/populistes au pouvoir dans le pays, mais il faut savoir que Vienne brille pour bien autre chose : pour la faiblesse de ses loyers. En moyenne dix euros le mètre carré, contre 26 à Paris. Et ce, grâce à l’intervention des pouvoirs publics. Reportage sur place de Céline Béal. »

Vienne : les Asiatiques ont perdu la guerre des vélos en libre-service

Rien de plus facile aujourd’hui que d’utiliser un des vélos en libre-service dans les grandes villes européennes. Mais une nouvelle génération, venue d’Asie, a débarqué à Vienne : des bicyclettes « sans station », que l’on peut louer et rendre à n’importe quel endroit. Sauf que ce modèle ne fonctionne pas… Surprenant ? Mon papier dans Accents d’Europe, à écouter ici (à partir de 11:30) : www.rfi.fr/emission/20180907

Michael Häupl, un monument de moins à Vienne

Le maire historique de la ville prend sa retraite après vingt-quatre ans et son départ pose au parti social-démocrate autrichien la délicate question de la direction à prendre face au succès de l’extrême droite.

«Qu’on apporte le Spritz au vin blanc !» Après vingt-quatre ans à ce poste, le maire de Vienne, Michael Häupl, part à la retraite. Peut-être prononcera-t-il encore ce qui passe pour être sa phrase préférée, pour les fans. Appétit, humour bon enfant et répliques abrasives, il remballe l’attirail qui l’a élevé au rang d’icône et passe le flambeau, aujourd’hui, à un autre social-démocrate, Michael Ludwig. Vienne, dirigé par la gauche en coalition avec les Verts, reste un bastion de la résistance au gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, en coalition, lui, avec l’extrême droite du Parti de la liberté (FPÖ). Mais la ville perd aujourd’hui un monument.

Le 1er mai, une centaine de milliers de camarades ont fêté la social-démocratie, qui règne sur la ville depuis un siècle (à l’exception des années fascistes). Peut-être par nostalgie, ils étaient plus nombreux que ces dernières années. Certains et certaines arboraient une moustache grise factice, dernier hommage au chef sur le départ. «Pour les Viennois, Michael Häupl est devenu cool», explique Eva Zeglowits. Selon cette politologue spécialiste du comportement électoral, «il est perçu comme proche du peuple, sans être rétrograde», à la différence de beaucoup de ses collègues autrichiens qui écument les kermesses en habit traditionnel. «Avec Häupl, Vienne est devenu plus urbain», récapitule de son côté le conseiller municipal en charge de la culture, Andreas Mailath-Pokorny, qui fait lui aussi ses bagages, après dix-sept ans de service. «Ce n’est plus une ville-musée, mais une capitale de la culture contemporaine, avec une vie étudiante et scientifique», se rengorge-t-il. Couronnement de l’ère Häupl, sa cité a été désignée pour la neuvième fois d’affilée «ville où il fait le mieux vivre au monde» dans le classement Mercer.

«Aile droite»

Électoralement, Michael Häupl a aussi marqué des points en se posant en adversaire principal du Parti de la liberté. En 2005, il obtient même la majorité absolue en renvoyant Jörg Haider dans les cordes avec un féroce : «Aucune place pour l’antisémitisme à Vienne.» En 2015, il en repasse une couche sur le nouveau leader de la formation d’extrême droite, Heinz-Christian Strache, cette fois sur la question du retour des jihadistes autrichiens : «Je ne renvoie aucun enfant de ma ville sous les canons de l’EI.» Pourtant, le XIe arrondissement tombe. Loin du cossu centre-ville, ce quartier ouvrier élit le premier maire d’arrondissement FPÖ.

D’autres circonscriptions sont menacées ; une fronde se forme au sein du personnel social-démocrate. «Les quartiers périphériques, en particulier, ne se sentaient pas assez représentés à la mairie», explique la toute nouvelle secrétaire générale de l’antenne viennoise du parti, Barbara Novak. Son chef était le meneur des «rebelles» : Michael Ludwig, aujourd’hui nouveau maire de Vienne. Après des années de conflit larvé, il s’est imposé lors d’un vote interne, contre la recommandation de Michael Häupl. Sur quelle voie va-t-il mener la centenaire «Vienne la rouge» ? Les médias locaux le présentent comme un tenant d’une «aile droite» de son parti, qui défend une ligne plus dure sur l’immigration. Un autre représentant en est Hans Niessl, qui a fait des vagues en choisissant, il y a trois ans, le Parti de la liberté comme partenaire de coalition pour gouverner une région voisine, le Burgenland.

«Alternative au relent conservateur et nationaliste»

«Personne au sein de la section viennoise ne veut entrer en coalition avec le FPÖ !» assure maintenant Barbara Novak. […]

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