Avec Sissi au château : le marketing du conte de fée à Merano

D’autres nouvelles de mon voyage au Tyrol du Sud !

Celine et SissiEn Autriche, 120 ans après sa mort, la figure de l’impératrice Elisabeth est toujours omniprésente. Symbole de la grandeur passée de l’empire austro-hongrois, sa beauté et son destin tragique l’ont fait entrer dans la légende, ainsi qu’une trilogie de films, dans les années 50, avec l’actrice Romy Schneider. Et la fascination dépasse les frontières. Au Nord de l’Italie, dans une région qui appartenait autrefois à l’empire des Habsbourg autrichiens, la petite ville thermale de Merano a fondé sa célébrité sur l’impératrice, qui aimait venir s’y reposer. Je m’y suis rendue et j’ai rencontré Sissi… en personne, ou presque.

Mon reportage a été diffusé hier par Accents d’Europe sur RFI et il est à ré-écouter, en cliquant sur la flèche en haut à droite de l’image, ici : www.rfi.fr/emission/20181123

 

Au Tyrol du Sud, des Autrichiens ou des Italiens ?

À la fin de la Première guerre mondiale, l’empire austro-hongrois s’effondre. Les revendications d’indépendances des Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes… sont reconnues en 1919, dans le traité de Saint-Germain. En revanche, le Haut Adige – ou Tyrol du Sud en Allemand –, passe à l’Italie, sans que l’on demande leur avis aux habitants, pourtant Autrichiens depuis plus de cinq siècles. 100 ans plus tard, c’est toujours une enclave germanophone en Italie. Mais, après des décennies de mal-être, parfois violent, de la minorité autrichienne, les conflits de nationalités se sont aujourd’hui effacés et la région est prospère. Mais Vienne, où la droite dirige avec l’extrême droite depuis décembre, veut maintenant y proposer des passeports autrichiens… Une initiative qui irrite Rome, où l’extrême droite participe aussi au pouvoir et où les responsables accusent Vienne de « revanchisme ». Et sur place, au Tyrol du Sud, que dit-on aujourd’hui de cette question de nationalité ? Mon reportage a été diffusé hier dans Accents d’Europe, dans une émission consacrée au centenaire de l’Armistice de 1918, avec l’historien Serge Berstein : www.rfi.fr/emission/20181112 (à partir de 5:30).

Des mamies et des jeunes contre l’extrême droite

Omas gegen rechts
Des « Omas gegen rechts », les mamies contre l’extrême droite avec leurs bonnets roses, sur la place des Héros, à Vienne

Depuis deux mois, une coalition de la droite et de l’extrême droite gouverne l’Autriche. Il y a 18 ans, une première association droite/FPÖ avait provoqué des vagues de protestation massives. Aujourd’hui, les mouvements de contestation n’ameutent plus les foules. Pourtant, il existe encore des résistants à Vienne, comme ces mamies aux bonnets roses et des jeunes chanteurs engagés – deux générations liées par le même souci de responsabilité morale : www.rfi.fr/emission/20180219-autriche-extreme-droite-italie-attaque-raciste-trafic-enfants-haggarty-yezidis

Un lien vers la chanson « Was? » du groupe Wende Punkt, arrivé en quatrième place lors du « Concours de la chanson protestataire » au théâtre Rabenhof : www.wendepunktpunkt.at/wp/videos

Gustav Klimt, peintre de l’âge d’or et des dorures

Mardi, cela faisait 100 ans jour pour jour que Gustav Klimt mourait. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui consacrer un petit papier.

Le sujet est à écouter sur la page d' »Accents d’Europe », en fin d’émission (vers 16’55) : www.rfi.fr/emission/20180206-europe-lobbying-chinois-norvege-automobile-electrique-brexit-irlande-hongrie

En bonus, cette image du Thésée, nu et musclé, qui terrasse le Minotaure de la tradition artistique, dans sa version non censurée.

Klimt thesee
Détail de l’affiche de la première exposition de la Sécession, version non censurée, 1898

Des voix d’émigrés juifs de retour en Autriche

Philipp Rohrbach et Adina Seeger,  Austrian Heritage Archive
Les historiens Philipp Rohrbach et Adina Seeger, à l’Institut Wiesenthal d’études sur la Shoah (le bureau sur la photo a d’ailleurs appartenu au « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal)

Depuis 20 ans, de jeunes Autrichiens ont réalisé aux États-Unis et en Israël de longues interviews avec des émigrés juifs qui ont quitté l’Autriche avant la seconde guerre mondiale pour fuir les persécutions nazies. Ils sont parmi les derniers témoins du génocide. Deux historiens viennois ont maintenant entrepris de rendre ces témoignages accessibles à tous, en anglais et en allemand, sur le site austrianheritagearchive.at.

Ce projet de mémoire n’est pas sans actualité, alors que la question des réfugiés syriens libère des paroles racistes et que le FPÖ, un parti dont les membres se sont fait remarquer par des sorties négationnistes par le passé, est en passe d’entrer au gouvernement.

À écouter sur le site d’Accents d’Europe dans l’émission d’hier (à partir de 11’30) : www.rfi.fr/emission/20171212-insectes-nourriture-lutte-rechauffement-climatique-finlande-magasins-restaurants