En Autriche, faute de soignantes étrangères, les seniors menacés d’abandon

Les restrictions établies aux frontières des pays d’Europe centrale et orientale font craindre un effondrement du secteur paramédical autrichien, fortement dépendant de travailleuses roumaines, slovaques et bulgares.

Un vent de panique souffle dans les familles autrichiennes. «Quand l’auxiliaire de vie bulgare qui s’occupe de ma mère de 84 ans nous a annoncé qu’elle ne prendrait pas son service comme prévu, j’ai pris en urgence une semaine de congé, je me suis préparée à partir pour Graz, où vit ma mère, et je me suis organisée afin d’effectuer un test pour le coronavirus», témoigne Birgit Dornbusch, éducatrice spécialisée viennoise de 56 ans. Son cas est exemplaire de ce que vivent plus de 33 000 familles autrichiennes dont l’organisation au quotidien dépend entièrement de 60 000 à 70 000 travailleuses étrangères du secteur paramédical : l’incertitude et l’angoisse de ne trouver personne pour s’occuper de leurs aînés. Lire la suite « En Autriche, faute de soignantes étrangères, les seniors menacés d’abandon »

HC Strache et ses envies de come-back

Le leader d’extrême droite, viré du parti nationaliste pour des soupçons de malversations et d’actes de corruption l’an dernier, se dit prêt à revenir en politique.

C’est un retour sur la scène politique sur la pointe des pieds qui témoigne d’un climat délétère au sein de l’extrême droite autrichienne. Leader déchu du FPÖ, une des formations extrémistes les mieux enracinées en Europe, Heinz-Christian Strache a fait état, jeudi soir à Vienne, de ses envies de come-back en politique. Il s’est déclaré prêt à se présenter à la tête d’un nouveau parti, pour les élections municipales qui doivent se tenir dans la capitale autrichienne au plus tard à l’automne. Lire la suite « HC Strache et ses envies de come-back »

HC Strache quitte la vie politique

L’ex-vice-chancelier Heinz-Christian Strache a annoncé mardi son retrait de la vie politique après une série de scandales et la débâcle du parti d’extrême droite aux législatives anticipées de dimanche.

C’est avec un visage d’une grande pâleur qu’Heinz-Christian Strache a annoncé mardi matin son retrait de la vie politique. Il y a quatre mois, l’ancien vice-chancelier autrichien avait déjà démissionné de la tête de son parti d’extrême droite, le FPÖ. Il va plus loin et rend maintenant sa carte, avec l’intention de protéger sa «famille» politique des «calomnies» dont il fait l’objet.

Cette décision intervient alors que le FPÖ a subi une défaite douloureuse aux législatives anticipées de dimanche, avec une perte d’environ 10% des suffrages par rapport à 2017 au profit du parti conservateur de Sebastian Kurz et des Verts. Une semaine avant le scrutin, des journaux avaient dévoilé que Heinz-Christian Strache faisait l’objet d’une enquête concernant des soupçons de malversation. Lire la suite « HC Strache quitte la vie politique »

Dans un train de nuit en Autriche, discussions vertes avant les législatives

Deux articles pour Libération, pour vous parler du vote de dimanche, qui nous tient en haleine.

Le contexte : www.liberation.fr/planete/2019/09/26/elections-en-autriche-les-conservateurs-favoris-la-coalition-en-question_1753839

Et puis ce reportage.

Entre couchettes de première et compartiments de seconde, les Autrichiens parlent de ce mode de transport et de l’écologie qui s’est imposée dans la campagne électorale.

Vienne, gare centrale, 23 heures. Norbert Steinkopf patiente tranquillement. La compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB lui a envoyé un mail pour le prévenir que son Nightjet 246 à destination de Brégence partirait avec neuf minutes de retard. Le jeune informaticien allemand affectionne les trains de nuit. «C’est dommage que chez nous, en Allemagne, il n’y en ait plus». Alors que la plupart des pays européens liquident leurs lignes de nuit, la compagnie OBB investit à tour de bras. Elle en a même racheté à la Deutsche Bahn allemande. Un choix probablement rentable, car les Autrichiens n’hésitent pas à utiliser ce mode de transport. En moyenne, un Autrichien parcourt près de 1 400 kilomètres de rails par an. En Europe, seuls les Suisses font mieux.

«Si tous les pays pouvaient penser comme l’Autriche…» soupire un quinquagénaire en veste vert citron, avant de grimper dans un wagon. Lire la suite « Dans un train de nuit en Autriche, discussions vertes avant les législatives »

L’Autriche a une chancelière… et redécouvre son président

Ce lundi matin, le président de la République autrichienne, Alexander Van der Bellen, a intronisé le gouvernement de transition qui sera mené par Brigitte Bierlein. Une femme prend, pour la première fois, la tête de l’Autriche. Mais est-ce que le président va retourner dans l’ombre ? Ces derniers jours, l’ancien écolo avait pris les choses en main, avec un certain succès. Extrait de mon article pour Libé :

A la faveur de l’Ibizagate, qui a fait tomber le gouvernement de droite et d’extrême droite, l’ancien chef des Verts autrichiens, jadis parcimonieux dans son expression, est sorti de son rôle protocolaire pour se poser en garant de la Constitution.

Il a pris le temps de se rendre aux obsèques du champion de F1 Niki Lauda. Et de se laisser prendre en photo alors qu’il promenait son chien sur les pelouses publiques devant la Hofburg, le palais présidentiel viennois. Tout en gérant depuis deux semaines une crise gouvernementale inédite dans l’histoire moderne de l’Autriche. Alexander Van der Bellen, le président dont on croyait le rôle purement symbolique, est la grande révélation du moment en Autriche. Il a repris en main la gestion de la République depuis la destitution du chancelier Sebastian Kurz, lundi dernier, avec une adresse souveraine et un esprit de consensus largement salués dans le pays. L’ancien chef des Verts autrichiens est le grand gagnant de la crise.

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