H-C Strache quitte la vie politique

L’ex-vice-chancelier Heinz-Christian Strache a annoncé mardi son retrait de la vie politique après une série de scandales et la débâcle du parti d’extrême droite aux législatives anticipées de dimanche.

C’est avec un visage d’une grande pâleur qu’Heinz-Christian Strache a annoncé mardi matin son retrait de la vie politique. Il y a quatre mois, l’ancien vice-chancelier autrichien avait déjà démissionné de la tête de son parti d’extrême droite, le FPÖ. Il va plus loin et rend maintenant sa carte, avec l’intention de protéger sa «famille» politique des «calomnies» dont il fait l’objet.

Cette décision intervient alors que le FPÖ a subi une défaite douloureuse aux législatives anticipées de dimanche, avec une perte d’environ 10% des suffrages par rapport à 2017 au profit du parti conservateur de Sebastian Kurz et des Verts. Une semaine avant le scrutin, des journaux avaient dévoilé que Heinz-Christian Strache faisait l’objet d’une enquête concernant des soupçons de malversation. Lire la suite « H-C Strache quitte la vie politique »

Quand le FPÖ voulait restreindre la liberté de la presse

Le bon score de son parti, l’ÖVP conservateur, aux européennes n’aura pas réussi à le sauver. Le jeune chancelier autrichien a été renversé, lundi, par une motion de censure. Sebastian Kurz paie ainsi son alliance dangereuse avec le FPÖ. Le parti d’extrême droite qui lui-même est plongé dans une affaire, déjà baptisé « Ibizagate ». Rappel : le 17 mai dernier, des médias allemands ont publié une vidéo où l’on voit le chef d’alors du FPÖ, Heinz-Christian Strache, proposer des marchés publics à une femme se faisant passer pour la nièce d’un oligarque russe, en échange de financements occultes. Il se dit même prêt à mettre au pas le quotidien le plus influent du pays. Ce qui en dit long sur ce que pense l’extrême droite autrichienne de la liberté de la presse… Mon reportage diffusé jeudi par Accents d’Europe, sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190530-quand-fpo-voulait-restreindre-liberte-presse-autriche

« Sebastian Kurz chancelle »

Hier, le chancelier conservateur, plombé par l’affaire d’Ibiza, est tombé après une motion de censure. Une première dans l’histoire de la Seconde république autrichienne. Je vous racontais hier cette journée historique dans Libération. Extrait :

La cheffe des sociaux-démocrates a exposé les motifs de la motion de censure devant des députés très échauffés. Sebastian Kurz, qui s’est engagé dans une coalition avec l’extrême droite «en dépit de tous les avertissements», serait «responsable de la situation actuelle». Pamela Rendi-Wagner tacle également sa gestion de crise. Cette dernière semaine, il aurait tenté de former un gouvernement sans majorité parlementaire. Nuque raide, Sebastian Kurz, assis sur le banc du gouvernement, détourne la tête avec un sourire narquois.

La suite est à lire dans le journal du jour ou ici : www.liberation.fr/planete/2019/05/27/autriche-sebastian-kurz-chancelle-finalement_1729968

Sebastian Kurz a été renversé par le parlement, le très bon score de son parti aux élections européennes de dimanche n’a en rien changé la détermination des députés sociaux-démocrates, d’extrême droite et du petit parti Jetzt.

Hier, j’analysais aussi les résultats de ces européennes, captivantes en Autriche. Joie des conservateurs, soulagement de l’extrême droite, les Verts qui jouent au phœnix… c’était dans Accents d’Europe (à partir de 8:00) : www.rfi.fr/emission/20190527-europe-elections-parlement-verts-allemagne-grunen-populistes-marche-climat-brexit

 

 

La démission du vice-chancelier et ses suites

Samedi, le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, a démissionné. Il a également renoncé à la direction de sa formation politique, le FPÖ, ou Parti de la liberté, d’extrême droite. En cause : une vidéo, tournée en 2017 mais parue la veille, qui le montre en train de faire miroiter des contrats publics à une supposée oligarque russe, en échange d’un financement pour sa campagne. Dans la soirée, le chancelier conservateur, Sebastian Kurz, annonçait la fin de sa coalition avec le FPÖ et l’organisation d’élections anticipées. Tout au long de la journée de samedi, des milliers d’opposants au gouvernement se sont rassemblés à Vienne pour suivre ensemble les différentes annonces.

Manif devant la chancellerie

Samedi, j’écrivais un reportage : www.liberation.fr/planete/2019/05/18/demission-du-vice-chancelier-autrichien-le-fpo-a-implose_1727992

Dimanche, un point sur la suite des événements : www.liberation.fr/planete/2019/05/19/en-autriche-l-extreme-droite-valse-le-chancelier-vacille_1728147

Quant à l’ambiance qui régnait à Vienne dans cette passionnante journée de samedi, vous pourrez l’entendre cet après-midi dans Accents d’Europe sur RFI : www.rfi.fr/emission/20190520

 

«On essaye de monter les gens les uns contre les autres»

Aujourd’hui paraît dans Libération ma double page sur l’Autriche.

Extrait :

Ils sont régulièrement 2 000 ou 3 000 à venir scander leur slogan «résistance !» sous les fenêtres de différents ministères. Tous les jeudis soir depuis octobre, ces Viennois et Viennoises protestent contre la politique de leur gouvernement. Au fil des mois, les «manifestations du jeudi» se sont également étendues à d’autres villes autrichiennes, comme Graz ou Innsbruck. Toutes ces mobilisations peuvent paraître modestes, mais elles restent notables pour la petite et paisible république alpine. Elles sont planifiées par un collectif non-partisan auquel appartiennent quelques figures historiques des grandes manifestations qui avaient marqué le pays au tournant des années 2000. A l’époque, plusieurs centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour dire leur opposition à la première participation de l’extrême droite au gouvernement fédéral.
Depuis un peu plus d’un an, c’est bis repetita : le Parti de la liberté est de retour à la tête de l’Autriche. Et cette fois encore, sa réapparition s’est faite au sein d’une coalition menée par les chrétiens-démocrates du Parti populaire. Même si le Parti de la liberté n’est que «junior partner» puisque sous la houlette du chancelier, le jeune chrétien-démocrate Sebastian Kurz, les organisateurs des manifestations du jeudi considèrent, à l’instar de Michaela Moser, que «tout le gouvernement vire à l’extrême droite. On le reconnaît surtout au racisme de plus en plus éclatant qui en émane». Dans les cortèges, des panneaux comme «Plus jamais ça, c’est maintenant» révèlent la peur de se retrouver confronté à des démons du passé nazi. Régulièrement, les manifestants interpellent le chancelier… qui garde, à ce sujet, un silence assourdissant. Il ignorerait sciemment le vrai et dangereux visage de son partenaire au gouvernement.
«Cerveau»
Au Parlement, la sociale-démocrate en charge des questions de mémoire, Sabine Schatz, a recours à une autre métaphore. Jeudi, elle accusait le gouvernement d’être «aveugle de l’œil droit». Allant jusqu’à considérer en substance que l’extrémisme de droite conduirait à la violence. «Il tue. L’attentat tragique de Christchurch l’a montré», dit-elle. La fusillade islamophobe en Nouvelle-Zélande a trouvé un écho inattendu en Autriche, depuis que le ministère de l’Intérieur a confirmé que le suspect néo-zélandais, Brenton Tarrant, avait séjourné en Autriche dans le cadre d’une tournée en Europe en 2018.
Le Mouvement identitaire autrichien est désormais visé par une enquête. […]

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La justice sous pression

Sabine Matejka
Sabine Matejka, présidente de l’Association des juges d’Autriche

Si ces attaques, ces tentatives de discréditer l’État de droit, se multiplient encore, alors celui-ci sera vraiment en danger, parce que cela modifie la perception qu’a la population de l’État de droit et de ses institutions » – Sabine Matejka

Le ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl, idéologue du parti de la liberté, le parti d’extrême droite a créé la frayeur parmi les juges. Dans une interview récente sur les droits de l’homme et les migrants, il affirmait que « c’est au droit de suivre la politique, et non à la politique de suivre le droit« . Une déclaration inquiétante, alors que la justice autrichienne revendique son indépendance, même si elle manque de moyens. Mon reportage diffusé hier par « Accents d’Europe » sur RFI :  www.rfi.fr/emission/20190313

En Autriche, la journée de travail de 12 heures passe mal

Des centaines de syndicalistes se sont mobilisés ce vendredi, pour fustiger la nouvelle durée maximale du travail et le gouvernement, qui met en cause le consensus social.

Métallos, techniciens, femmes de ménage… pendant douze heures, des centaines de syndicalistes de la centrale ÖGB ont crié leur mécontentement au pied du siège de la Fédération de l’industrie autrichienne, ce vendredi à Vienne. Venus de nombreux secteurs de l’économie autrichienne, ils se sont succédé au micro et aux sifflets pour se manifester au moment où les négociations salariales paritaires, branche par branche, viennent de commencer dans le pays.

Et cette scène est inhabituelle. En Autriche, employeurs et délégués du personnel se rencontrent habituellement plutôt autour d’une table. «Normalement, nous ne descendons pas tout de suite dans la rue», explique Evelyn Regner, eurodéputée social-démocrate et syndicaliste de longue date, «mais ce que le gouvernement fait actuellement, c’est une claque dans la figure. Ils détruisent le système autrichien du partenariat social».

La colère est palpable dans le pays. Depuis septembre, les patrons autrichiens peuvent demander à leur personnel de travailler jusqu’à 12 heures par jour, et 60 heures par semaine – contre 10 et 50 auparavant. Cet allongement de la durée maximale du travail résulte d’une loi de flexibilisation, avec laquelle le gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite du FPÖ depuis décembre, entend permettre aux entreprises de réagir plus rapidement en cas de besoin de main-d’œuvre. Problème : en juin, le gouvernement l’a décidée sans négociation préalable avec les représentants des travailleurs. Lire la suite « En Autriche, la journée de travail de 12 heures passe mal »