Législatives autrichiennes : Sebastian Kurz, un «Macron» ultraconservateur ?

Favori de l’élection, le leader du Parti populaire autrichien pourrait accéder à la chancellerie.
Avec Johanna Luyssen,
** Lire la totalité de l’article, ainsi que l’analyse de Johanna Luyssen, sur le site de Libération : www.liberation.fr**

«Le messie noir». Ainsi l’avait surnommé le quotidien Salzburger Nachrichten au moment de sa reprise en main du Parti populaire autrichien (ÖVP, chrétien-démocrate-conservateur), traditionnellement représenté par la couleur du jais. Sebastian Kurz va devoir prouver, ce dimanche, qu’il sait effectivement marcher sur l’eau.

L’ÖVP, dont la popularité était au plus bas il y a moins d’un an, est désormais en tête dans les enquêtes d’opinion. Le parti ne doute plus d’être en position, à l’issue des législatives, d’installer leur chef à la chancellerie. Avec ses 31 ans et ses promesses de renouveau par la droite, le jeune ministre des Affaires étrangères semble effectivement ne rien avoir à craindre, alors que le chancelier social-démocrate, Christian Kern, doit disputer la deuxième place à l’organisation d’extrême droite FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche), après une campagne pavée de ratés.

 Sebastian Kurz se présente à la tête d’une liste paritaire, ouverte à la société civile et qui porte son nom avant celui du parti. Concoctée dans la foulée de la victoire d’En marche en France (très suivie dans la république alpine), cette liste se veut la preuve que les conservateurs autrichiens constituent désormais un mouvement dynamique, et non plus ce lourd appareil de fédérations régionales, qui siège au gouvernement sans interruption depuis trente ans.

Ascension éclair

Pour cela, Sebastian Kurz a opéré quelques changements politiques, mais aussi cosmétiques (notamment en changeant la couleur du parti). Le noir, couleur traditionnelle de l’ÖVP, est devenu turquoise pâle. La campagne du charismatique ministre, à l’image de celle des autres candidats, fut concentrée non pas sur le parti et son programme, mais sur sa personnalité. «Kurz a tenté de surfer sur la vague Macron en l’appliquant à l’Autriche, dit le politologue Oliver Gruber. Il a essayé de faire du neuf avec un vieux parti.» Sur le fond, en revanche, les différences sont notables. «En surface, il semble jouer sur les mêmes éléments que Macron, note la politologue Kathrin Stainer-Hämmerle. Mais pas du tout en matière de contenus ni d’objectifs stratégiques. Macron a gagné grâce au rejet de l’extrême droite, alors que Kurz envisage une coalition avec le FPÖ.» […]

Lire la totalité de l’article, ainsi que l’analyse de Johanna Luyssen sur le site de Libération : www.liberation.fr

 

Législatives autrichiennes : la grande coalition mal en point pourrait laisser sa place à l’extrême droite

La grande coalition autrichienne ne semble pas susceptible de renaître de ses cendres lors des législatives ce dimanche.

**Pour les pressés, une version écourtée de cet article est à lire sur le site de la Tribune de Genève : www.tdg.ch ! **

Un « gouvernement de chevaliers-brigands », c’est ainsi qu’a appelé le président du FPÖ, Heinz-Christian Strache, la coalition des sociaux-démocrates et des conservateurs encore au pouvoir en Autriche lors d’un débat télévisé mardi. Le chef de l’extrême droite est un habitué de ce genre de sorties fleuries contre la « grande coalition ». Cette forme de gouvernement, traditionnelle en Autriche au niveau fédéral depuis 1945, est en effet devenu le symbole de ce fameux « système » contre lequel il prétend lutter.

Il semble bien que, cette fois, ses coups de boutoirs porteront leur fruit. Dimanche, l’Autriche élira un nouveau parlement, dont la composition déterminera la prochaine équipe dirigeante à Vienne. Alors qu’un renouvellement d’alliance entre la gauche et la droite traditionnelles est improbable, le FPÖ semble assuré de faire son entrée au gouvernement.

Fort de son image de rénovateur énergique et pragmatique, le jeune ministre conservateur des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, est le favori des sondages. Il ne cache pas qu’en cas de victoire, il mènera des négociations avec Heinz-Christian Strache, en vue d’une alliance se fonderait sur leurs convergences en matière de politiques migratoire et économique. De leur côté, même s’ils sont divisés sur la question, les sociaux-démocrates du chancelier Christian Kern n’excluent plus non plus une coalition avec l’extrême-droite, qui pourrait bien leur ravir la deuxième place dimanche dans les urnes.

Dysfonctionnelle politique des petits compromis

Dans la campagne, les partis veulent se distancer de l’idée d’une nouvelle grande coalition, devenue en Autriche le symbole d’une dysfonctionnelle politique des petits compromis. C’est d’ailleurs l’incapacité des ministres à coopérer jusqu’à la fin de leur mandat en 2018 qui a provoqué le scrutin anticipé de ce dimanche. « Sociaux-démocrates et conservateurs poursuivent en réalité des buts inconciliables, par exemple en matière de fiscalité et d’éducation », explique Laurenz Ennser-Jedenastik, politologue à l’Université de Vienne, «  et les blocages réciproques lorsqu’ils essayent de travailler ensemble mènent à une grande frustration ».

Promesse pour certains électeurs d’un changement bienvenu, la participation du FPÖ à la prochaine coalition ne serait néanmoins pas une première. En 2000, l’alliance des conservateurs avec ce parti avait provoqué manifestations monstres et réprobation internationale. À titre de comparaison : samedi dernier, la police attendait des milliers de participants à une manifestation contre l’extrême droite dans la capitale, seules quelques centaines sont venues.

FPÖ moins radical ?

Le FPÖ est-il en réalité devenu moins radical ? « Il n’est pas plus modéré, mais plus discipliné qu’auparavant », remarque Laurenz Ennser-Jedenastik. De plus, ces idées font désormais partie du paysage, et plus seulement dans la république alpine : « Le populisme de droite est un phénomène politique normal en Europe ». Si cette nouvelle donne n’apporte pas satisfaction, l’Autriche pourra toujours, un jour, retomber sur son système de grande coalition, comme début 2007, après six ans de gouvernement avec le FPÖ.

 

Sebastian Kurz, le candidat du changement ?

Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle
Sebastian Kurz à la tribune de la Stadthalle

C’est le jeune espoir des conservateurs Sebastian Kurz qui a de grandes chances de devenir chancelier d’Autriche, à l’issue des élections législatives du 15 octobre. Le candidat a fait campagne sur la promesse d’un vrai changement, plutôt surprenant pour un parti qui est au gouvernement depuis 30 ans !

J’ai suivi un meeting électoral de Sebastian Kurz. Au passage, j’en ai appris un peu plus sur les attentes de ses fans et sur les plans du parti conservateur ÖVP concernant l’immigration, avec Efgani Dönmez, ancien Vert et maintenant candidat sur la Liste Kurz.

Mon reportage à écouter au début de l’émission « Accents d’Europe » dans l’édition d’hier (9.10) : www.rfi.fr

Le succès de Sebastian Kurz avec ses positions très à droite sur l’immigration

Une élection législative se tiendra en Autriche le 15 octobre. Le ministre sortant des Affaires étrangères et de l’Intégration, le jeune conservateur Sebastian Kurz, fait la course en tête dans les enquêtes d’opinion, en particulier grâce à des propositions très fermes à l’égard des réfugiés et migrants.

Sebastian Kurz voudrait exclure les étrangers, même ressortissants de l’Union européenne, du système social autrichien pendant 5 ans. Il se propose également de verser des minimas inférieurs aux réfugiés et des allocations familiales inférieures pour les enfants vivant à l’étranger. Avec ses positions très à droite sur l’immigration, le ministre des affaires étrangères et candidat à la chancellerie ne s’inquiète pas de défier ses partenaires européens.

Cet été, le jeune espoir du parti conservateur s’était déjà mis à dos des associations humanitaires internationales en mettant en cause les sauvetages en mer, qu’il accuse de favoriser l’immigration en Méditerranée, un de ses thèmes de campagne privilégiés. Il n’a pas non plus reculé devant la polémique annoncée lorsqu’il a appelé de ses vœux, en juin, la fermeture des crèches privées d’orientation musulmane, perçues comme l’incubateur d’une « société parallèle » peuplée d’extrémistes.

Et ça marche ! Ces positions trouvent un écho positif, puisque Sebastian Kurz a dérobé, avec 33 % d’opinions favorables, la pôle position dans les sondages au FPÖ. Ce parti d’extrême-droite crie pour l’instant au plagiat pour ces projets qui semblent effectivement tout droits sortis de son propre programme, mais il peut se consoler car, si Sebastian Kurz devenait chancelier, il pourrait bien choisir de le faire à la tête d’une coalition avec le FPÖ.

Ma Carte postale à la fin de « La semaine de l’Europe », à écouter sur le site de la RTBF : www.rtbf.be/auvio/emissions/detail_la-semaine-de-l-europe?id=592&t=1993