Protection des frontières et coopération avec les pays africains : en marge du sommet européen de Salzbourg mercredi soir (19.09), l’hôte des Vingt-Huit, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, se vantait devant la presse d’avoir imposé en Europe ses positions en matière de migration. Des positions «qui étaient encore perçues comme de droite radicale il y a trois ans». Depuis décembre, le jeune chancelier conservateur gouverne la coalition avec le FPÖ et, dans bien des domaines, il a bel et bien laissé ce parti d’extrême droite fondé par des ex-nazis imprimer sa marque à l’Autriche. Petit passage en revue des mesures les plus emblématiques pour Libération, la semaine dernière : www.liberation.fr/planete/2018/09/20/autriche-les-idees-d-extreme-droite-continuent-de-percer-dans-le-gouvernement_1680081
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«L’Autriche ne se contente pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres»
Mon interview de la ministre des Affaires étrangères Karin Kneissl est à lire aujourd’hui dans Libération.
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Vienne, qui prend la présidence de l’Union au 1er juillet, défend une réforme de l’asile avec des centres hors de l’UE, explique sa ministre des Affaires étrangères.
Ancienne diplomate et publiciste, Karin Kneissl a été nommée, en décembre, ministre des Affaires étrangères sur proposition du FPÖ, parti d’extrême droite siégeant au sein de la coalition qui gouverne l’Autriche, sous la houlette du conservateur Sebastian Kurz. Alors que la présidence tournante du Conseil de l’Union revient le 1er juillet à la république alpine, la ministre expose les projets de son gouvernement pour ce semestre. Avec une priorité : la crise migratoire.
Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, a insisté, jeudi à Vienne, sur les chiffres des arrivées sur le continent, dix fois inférieurs à ceux de 2015. Pourtant, l’Autriche fait de la question migratoire une priorité de sa présidence tournante. Les difficultés ne sont-elles pas derrière nous ?
Nous ne sommes pas les premiers à dire que la crise migratoire est la plus grande crise de l’Union européenne. Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, le disait déjà en 2016. Je considère l’angle démographique. Selon le Rapport sur le développement humain arabe 2016 [de l’ONU, ndlr], 60 millions de jeunes dans les pays arabes vont se retrouver, en 2020, sur un marché du travail saturé. D’une manière ou d’une autre, ils vont prendre la route ! On ne peut pas dire que la crise migratoire était éphémère.
Que veut faire la présidence autrichienne ?
Nous voulons faire avancer la réforme de l’asile. Nous ne nous contentons pas d’une répartition des migrants par quotas entre les Etats membres. Il faudrait plutôt délocaliser les administrations adéquates, les amener aux personnes. C’est ce que nous faisons déjà avec l’Organisation internationale pour les migrations. Nous menons des programmes de réinstallation depuis les pays d’origine, plutôt que d’attendre que les personnes traversent la Méditerranée, où le principe de sélection revient à la survie du plus fort.
Kurz s’est prononcé pour des centres en dehors de l’Europe, où pourraient être déportés les déboutés du droit d’asile que leurs pays ne veulent pas reprendre. L’Elysée a qualifié cette idée d’inacceptable, humanitairement et légalement. L’Autriche va-t-elle continuer dans cette direction, dans les Balkans par exemple ?
On peut toujours tester des idées et voir s’il se trouverait des partenaires… Mais nous ne ferons rien de façon unilatérale. Cependant, la problématique des migrants qui n’ont pas le droit d’asile demande davantage de fermeté. Je me souviens qu’en 2016, beaucoup de gouvernements, en Suède, au Danemark, en Allemagne, ont promis à leurs électeurs qu’ils allaient expulser beaucoup plus. C’est resté lettre morte. […]
La suite sur le site de Libération :www.liberation.fr/planete/2018/06/24/l-autriche-ne-se-contente-pas-d-une-repartition-des-migrants-par-quotas-entre-les-etats-membres_1661588
Sebastian Kurz, le candidat du changement ?

C’est le jeune espoir des conservateurs Sebastian Kurz qui a de grandes chances de devenir chancelier d’Autriche, à l’issue des élections législatives du 15 octobre. Le candidat a fait campagne sur la promesse d’un vrai changement, plutôt surprenant pour un parti qui est au gouvernement depuis 30 ans !
J’ai suivi un meeting électoral de Sebastian Kurz. Au passage, j’en ai appris un peu plus sur les attentes de ses fans et sur les plans du parti conservateur ÖVP concernant l’immigration, avec Efgani Dönmez, ancien Vert et maintenant candidat sur la Liste Kurz.
Mon reportage à écouter au début de l’émission « Accents d’Europe » dans l’édition d’hier (9.10) : www.rfi.fr
La conduite en langue maternelle
En cette période électorale, un petit clin d’œil avant les reportages purement politiques.
Puisque l’intégration est au cœur des débats autrichiens, j’ai fait un petit papier pour « Accents d’Europe » hier, sur une auto-école multiculturelle à Vienne.
C’est dans la capitale que se sont installés la plupart des étrangers en Autriche. Ici, un habitant sur deux est né, ou bien a un parent né en dehors de l’Autriche. D’où l’initiative de ce commerçant, Martin Lassl, qui a ouvert une école de conduite en 13 langues… et y voit une solution aux conflits ethniques dans sa ville.
À écouter sur le site de RFI (à partir de 9’00, mais je recommande aussi l’écoute des sujets précédents ) : www.rfi.fr
Si vous êtes à Vienne et que cela vous intéresse, l’auto-école propose aussi des cours en Français : www.fahrschule-wienwest.at
Le succès de Sebastian Kurz avec ses positions très à droite sur l’immigration
Une élection législative se tiendra en Autriche le 15 octobre. Le ministre sortant des Affaires étrangères et de l’Intégration, le jeune conservateur Sebastian Kurz, fait la course en tête dans les enquêtes d’opinion, en particulier grâce à des propositions très fermes à l’égard des réfugiés et migrants.
Sebastian Kurz voudrait exclure les étrangers, même ressortissants de l’Union européenne, du système social autrichien pendant 5 ans. Il se propose également de verser des minimas inférieurs aux réfugiés et des allocations familiales inférieures pour les enfants vivant à l’étranger. Avec ses positions très à droite sur l’immigration, le ministre des affaires étrangères et candidat à la chancellerie ne s’inquiète pas de défier ses partenaires européens.
Cet été, le jeune espoir du parti conservateur s’était déjà mis à dos des associations humanitaires internationales en mettant en cause les sauvetages en mer, qu’il accuse de favoriser l’immigration en Méditerranée, un de ses thèmes de campagne privilégiés. Il n’a pas non plus reculé devant la polémique annoncée lorsqu’il a appelé de ses vœux, en juin, la fermeture des crèches privées d’orientation musulmane, perçues comme l’incubateur d’une « société parallèle » peuplée d’extrémistes.
Et ça marche ! Ces positions trouvent un écho positif, puisque Sebastian Kurz a dérobé, avec 33 % d’opinions favorables, la pôle position dans les sondages au FPÖ. Ce parti d’extrême-droite crie pour l’instant au plagiat pour ces projets qui semblent effectivement tout droits sortis de son propre programme, mais il peut se consoler car, si Sebastian Kurz devenait chancelier, il pourrait bien choisir de le faire à la tête d’une coalition avec le FPÖ.
Ma Carte postale à la fin de « La semaine de l’Europe », à écouter sur le site de la RTBF : www.rtbf.be/auvio/emissions/detail_la-semaine-de-l-europe?id=592&t=1993
